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JUIN
2011 |
| AAAAAAAA | AA | Les autruches sortent la tête du trou… Sa face de rat toujours plus déconfite, le campeur de Tripoli vit ses derniers jours de dictateur. Le colon va bientôt devoir mettre les voiles et plus il ira loin, plus je souhaite que les vents lui soient favorables. Sûrs de cette issue, les principaux dirigeants d’un monde prétendument civilisé commencent lentement à sortir la tronche d’un trou si profond que la lumière du soleil risque de les aveugler pour longtemps. La Cour Pénale Internationale, soit disant en raison de la répression qu’il a mené et mène encore sur son peuple depuis qu’une bonne partie de celui-ci lui a fait savoir qu’il pouvait aller se faire voir ailleurs, la CPI donc lui colle une plainte au cul pour crimes contre l’humanité! C’est une drôlerie qui doit amuser pas mal de monde, sauf (entre autres) les familles des victimes du DC-10 d’UTA et du 747 de Pan Am… Ravis de l’aubaine, divers chef d’états profitent d’en rajouter une couche, baissant pudiquement les yeux sur leur velléités commerciales avec cette enflure à babouches, certains d’entre eux ayant encore, il y a moins d’un an, la ferme intention de lui fourguer, qui des avions de combat, qui une centrale nucléaire, pour ne citer que les plus juteux contrats… Et puis, faisant preuve d’une audace folle et d’un courage exemplaire, la Suisse, état neutre donc capable de faire la leçon au monde entier en ce qui concerne la pratique de la politique de l’autruche, en profite aussi pour porter plainte contre le gouvernement de Tripoli. Raison: l’enlèvement et la séquestration des deux otages helvètes suite à l’affaire Hannibal Kadhafi, arrêté pour avoir maltraité les personnes à son service dans un hôtel genevois. Le hic, c’est que cette affaire (otages libérés) est terminée depuis près d’un an. Juste le temps pour un gouvernement, qui fonctionne au ralenti les jours de grand froid et pas du tout quand y fait chaud, d’évaluer les conséquences d’une telle plainte. Il y a un an, l’ersatz de caricature de chef d’état libyen était encore bien en place et le commerce avec cette racaille avait des chances de reprendre, aujourd’hui le trône du gougnafier vacille et, à deux doigts de se retrouver la gueule par terre, il est parfaitement opportun de lui asséner un coup sans risque de représailles. Le courage, dans le palais des bords de l’Aar, c’est ainsi qu’on le conçoit! Et toutes les justifications grotesques de Cruella Ralmy-Kay, Présidente de la Confédération et Ministre des Affaires Etranges, n’y changeront absolument rien… Bienvenue dans le carnaval des politiciens modernes! Dirigeants formatés selon les critères du commerce à tout prix. Programmés pour bouffer à tous les râteliers. Opérés des naseaux en vue de les rendre hermétiques à tout ce qui pue dans les sphères glauques du monde des affaires. Dénués de tout sens des valeurs et vaccinés contre un ridicule qui n’a plus, désormais, la moindre chance un jour de les foudroyer… |
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Jeudi
30 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Ciné: The Debt (L'affaire Rachel Singer)… 1967. Trois agents du Mossad rentrent de mission. Israël les accueille en héros. Dans Berlin-Est, leur tâche consistait à enlever un ancien criminel nazi et de le ramener au pays pour y être jugé. Chirurgien à Auschwitz-Birkenau, l'infâme toubib s'est reconverti en gynéco, loin des expérimentations odieuses qu'il effectuait jadis sur des enfants. Les agents (une jeune femme et deux hommes) font d'abord tout juste, enlèvent le vieux sagouin et tentent de l'embarquer dans un train gagnant l'ouest. C'est là que les choses se gâtent et que la mission capote. La prochaine tentative d'évacuation, organisée par le Mossad, peine à se mettre en place et l'ordure de toubib de mes deux parvient à s'échapper… Pour les trois agents, comment faire passer la pilule? Ils décident de mentir et se servent d'un subterfuge pour faire croire que le fils de pute de sa race SS est ganz kaput. Mais, et c'est bien connu, la vérité finit toujours par rejaillir un jour. Trente ans après, la dette est toujours là. Et si le moment de la payer semble venu, les conséquences ne demeurent pas envisageables pour les faux héros… Si
la fin de l'histoire manque un peu de crédibilité, tout
le reste est absolument remarquable. Suspens très bien dosé,
ambiance glaciale de l'ex-RDA parfaitement reconstituée, intrigue
passionnante de bout en bout, mise en scène inattaquable, pour
deux heures de spectacle total. Mais John Madden, le réalisateur,
a fait bien plus encore. Certaines scènes sont absolument sublimes
et le bougre a réussi à me faire devenir accro d'une actrice
que j'avais découverte il y a peu dans le très bizarre "Tree
of Life" (palme d'or à Cannes ce printemps). Jessica Chastain,
tel est son nom. Cette charmante jeune femme au regard immensément
expressif, âgée d'à peine trente ans, ira loin, très,
très loin. Dans le rôle de Rachel Singer jeune (Helen Mirren
joue celle de 1997), elle donne à son personnage une consistance
assez époustouflante. Magnifique comédienne grâce
à laquelle, et même si tous ceux qui l'entourent ne sont
pas en reste, ce long métrage d'exception figurera sans aucun doute
à mon palmarès des meilleurs films de l'année. Et
peut-être pas qu'au mien, finalement… |
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Jeudi
23 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Anne Vanderlove...
Certains acteurs demeurent, dans le coeur du public, intimement liés
au rôle marquant qu'ils ont un jour interprété. Dans
la chanson, il arrive aussi que ce soit le cas. En 1967, "Ballade
en novembre" est l'un des plus grands succès de l'année
en France. Les yéyés s'essoufflent et cette belle jeune
femme au regard clair chante des chansons sensées de sa voix douce.
Ses textes sont d'une grande beauté et portent ce charme qui n'a
plus cours aujourd'hui chez les paroliers les plus en vue. Hollandaise
par son père et Bretonne par sa mère, Anne Vanderlove, a
perdu le timbre de voix haut perché de ses débuts. En 2010,
invitée chez Sébastien, s'accompagant à la guitare,
elle présentait une version très épurée de
"Ballade en novembre". Quarante-trois ans après, ce petit
bijou n'a rien perdu de son impact. Oeuvre magistrale et interprétation
magnifique, juste pour me rappeler que cette chanson, comme peu d'autres,
ne m'a jamais quitté et qu'elle est la preuve que l'amour, en ce
qui me concerne, et j'en ai tellement douté, peut quelques fois
durer toujours... |
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Vendredi
17 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Reinhard Heydrich et la Conférence de Wannsee... |
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| AAAAAAAA | AA | Regardez-moi ça! Observez cette parfaite face d'aryen, ce front haut et fuyant, ces cheveux blonds, ces yeux bleus que la bichromie de la photo dissimule à peine, au contraire de ce manque flagrant d'humanité. Taille élancée, regard dur et décidé, uniforme bardé de décorations, de broderies d'apparat, de signes typiques du haut gradé, Reinhard Heydrich est colonel à vingt-huit ans, général (SS-Brigadeführer) à vingt-neuf! Nazi fou, fanatique et dévoué, dans la hiérarchie de ceux qui veulent éradiquer la race juive du continent, il est le numéro trois. Les seuls à qui il doit rendre réellement des comptes sont les bâtards Hitler et Himmler. Comparant son physique au leur, il se sent légitimement le plus apte à mener le combat contre ces "Untermenschen" (sous-hommes) responsables de tous les maux dont a trop longtemps souffert la "Grande Allemagne"… Himmler ne doit le rang qu'il occupe qu'à son dévouement pour le Führer et son but unique a toujours été de vouloir le satisfaire. Ainsi, il devance les souhaits d'Adolf et, trouvant en Heydrich l'artisan idéal pour la mise en œuvre de l'extermination systématique des Juifs d'Europe, il lui confie cette tâche essentielle du processus menant à la domination des nazis sur le reste du monde… Fils d'un compositeur de musique classique pas vraiment apte à faire oublier Mozart, invétéré coureur de jupons, hautain et prétentieux, wagnérien exclusif qui ne voit en la "Chevauchée des Walkyries" que le rythme idéal par lequel le Reich s'installera pour mille ans et plus au-dessus de tous les peuples de la planète, Heydrich a soif de revanche. Faussement soupçonné d'avoir des racines juives du côté de sa mère, viré de la Marine en 1931 pour avoir épousé une femme (Lina) alors qu'il s'était promis à une autre, il adhère au NSDAP (parti national-socialiste), s'engage dans la SS et gravit rapidement tous les échelons qui le mènent à la tête des divers services de police et de répression du Reich. Chef du SD (Sicherheitdienst), service de sécurité de la SS, il chapeaute ainsi les services secrets et la Gestapo. Impliqué dans tous les événements majeurs (incendie du Reichstag, Nuit des longs couteaux, Nuit de cristal, faux incident de Gleiwitz)(1) ayant contribué à déposer les pleins pouvoirs dans les mains de Hitler, Heydrich prend ainsi la consistance qui fera de lui l'homme le plus craint et le plus cruel du régime nazi… Le
20 janvier 1942, dans une villa des bords du Wannsee, lac situé
dans la banlieue de Berlin, Reinhard Heydrich convoque une conférence
destinée à mettre au point cette célèbre et
odieuse "solution finale de la question juive" (Endlösung
der Judenfrage). Sont convoqués là, tous les principaux
acteurs ayant un rôle à tenir dans l'extermination pure et
simple du peuple juif résidant en Europe. Au cours de cette réunion,
une liste des Juifs continentaux est établie. Le décompte,
par pays, atteint le total de 11'000'000 de personnes à exterminer
(dont 8'000'000 pour les seules Union soviétique et Pologne). La
décision formelle de les faire tous disparaître n'a pas été
prise à Wannsee, mais quelques mois plus tôt, dans le courant
de l'été 1941. Si bien que les camps d'extermination destinés
à cette seule fin (Belzec, Sobibor et Treblinka), tous situés
sur le territoire polonais, sont déjà en cours de construction.
A Wannsee, c'est l'intendance, la façon méthodique de procéder
qui a été mise au point. Adolf Eichmann, présent
à la conférence, en deviendra l'un des principaux ordonnateurs,
avec les résultats effarants que l'on connaît… |
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| AAAAAAAA | AA | Wannsee, dans la banlieue sud-ouest de Berlin, très proche de Potsdam. |
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| AAAAAAAA | AA | La villa dans laquelle s'est tenue la Conférence, le 20 janvier 1942. |
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| AAAAAAAA | AA | Le protocole de la Conférence. |
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| AAAAAAAA | AA | Liste récapitulative de la répartition des Juifs d'Europe. |
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| AAAAAAAA | AA | La villa, environnement et panorama idylliques ayant servi de cadre à la mise au point de l'une des plus grandes ignominies de l'histoire de l'humanité... |
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| AAAAAAAA | AA | En récompense de son dévouement et de son efficacité, en septembre 1941 Hitler nomme Heydrich "Protecteur de Bohême et Moravie". Dès lors, le général SS se trouve souvent à Prague, où il a pris résidence au château de Hradcany. C'est dans cette ville que, le 27 mai 1942, l'aryen modèle est victime de l'attentat qui lui sera fatal. Commanditée par les Anglais, l'action est menée par des partisans tchèques, lesquels mitraillent sa voiture. C'est une grenade qui aura raison de lui. Grièvement blessé, ses jours ne semblent cependant pas en danger, mais l'infection causée par les crins de cheval du siège de sa voiture, entrés en contact avec ses blessures, lui sont fatals. Il meurt le 4 juin 1942, victime d'une foudroyante septicémie. Ainsi disparaît l'un des pires criminels de guerre que le monde et l'histoire aient jamais connus. Un fou sans la moindre parcelle d'humanité, au faîte de sa gloire dans les hautes sphères du Reich, alors que l'Aktion Reinhard est en cours (nom donné en son honneur à l'extermination de plus de 1'500'000 Juifs dans les trois camps cités plus haut) et qu'au bilan final des seuls camps d'extermination nazis de Pologne (Chelmno, Majdanek et Auschwitz en plus) ce sont deux fois plus d'êtres humains qui auront été les victimes directes de son dévouement. Hitler était le fou furieux qui prennait les décisions. Mais qu'aurait-il bien pu faire sans la dévotion aveugle de fanatiques tels que Reinhard Heydrich?... |
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Mercredi
15 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Le (dernier) grand voyage… … c’est celui de Jorge Semprun. Disparu mardi dernier, l’écrivain espagnol, homme engagé, auteur de récits magnifiques, souvent inspirés par le traumatisme vécu, alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’année, dans le camp de Buchenwald. "Le grand voyage", "Quel beau dimanche", "L’écriture ou la vie", trois romans qui m’ont bouleversé. Le premier, surtout. Jeune espagnol catholique ayant fui la guerre civile et les horreurs menées par Franco, il vient en France et, dès la défaite tricolore de juin 40, il entre dans la résistance. En 1944, il est arrêté par la Gestapo, dans la région d’Auxerre, torturé, puis, avec plusieurs de ses camarades, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, tout près de Weimar. "Le grand voyage" est un livre extraordinaire qui relate sa déportation, les cinq jours dantesques, au sein d’un groupe de 120 personnes, dans un wagon à bétail, puis l’arrivée et les mois passés dans l’horreur du camp. Petit extrait: "Il y a cet entassement de corps dans les wagons, cette lancinante douleur dans le genou droit. Les jours, les nuits. Je fais un effort et j’essaie de compter les jours, de compter les nuits. Ca m’aidera peut-être à y voir clair. Quatre jours, cinq nuits. Mais j’ai du mal à compter ou alors il y a des jours qui se sont changés en nuits. J’ai des nuits en trop; des nuits à revendre. Un matin, c’est sûr, c’est un matin que ce voyage a commencé…" "Le grand voyage", Jorge Semprun ne l’écrira qu’en 1957. Impossible pour lui de témoigner avant. Car comme il le disait lui-même, raconter pareille horreur, c’était mourir une seconde fois. Ecrire ou vivre (d’où le titre de cet autre livre)… Tout ce que lui a inspiré l’ignominie du camp, devenu l’essence même de son témoignage, a constitué une parenthèse de mort dans cette vie à laquelle il a voulu, malgré tout, continuer de s’accrocher… Le jour de sa disparition, la radio suisse romande lui a rendu un très bel hommage, en rediffusant une longue interview qu’il lui avait accordée, il y a quelques années, et que je n’avais jamais entendue. En la découvrant, je me suis senti littéralement scotché à mon poste, tant les propos de cet homme de plus de 80 ans, ne parlant pas que de son expérience de Buchenwald, se sont révélés intéressants. Jorge Semprun parlait comme il écrivait. En passionnant son auditoire et son lectorat. C’est une chose très rare et cela prouve la grandeur de cet homme qui va laisser un vide immense, non seulement dans la littérature, mais aussi dans le cinéma, ayant été l’auteur de scénarios de films absolument remarquables, tels que "La guerre est finie", "Z", "L’aveu", "Section spéciale" ou encore "Une femme à sa fenêtre"… Homme admirable, humaniste, respecté de tous ceux qui l'ont connu, fidèle à ses convictions, Jorge Semprun est mort à 87 ans et demi. Avec lui, disparaît l’une des dernières victimes rescapées, l’un des derniers grands témoins de la barbarie nazie du siècle dernier. Y survivre, pour lui, même en bonne santé, fut sans doute une épreuve supplémentaire dans un destin hors du commun. Alors, avec tant d'horreur et de souffrances peuplant sa mémoire, comment expliquer qu’il ait tenu si longtemps… |
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Lundi
13 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Journée de deuil et leçon du jour… Dans la petite chapelle du Centre Œcuménique, beaucoup de monde. Des amis, des collègues, des proches, sa famille, unie dans le recueillement. Une cérémonie sobre. Célébrée dans la sobriété. Des fleurs, un cierge allumé, représentant le défunt, à la flamme duquel sa veuve, ses enfants, ont allumé le leur et l'on déposé à ses côtés. Quelques notes de musique, prodiguées par un superbe petit ensemble harpe et flûte de pan. Emotion palpable, même du fond de la chapelle, là où, la gorge serrée, je ne quittais pas des yeux Roger. Quelques mots touchants du pasteur et puis, ce fut à son tour de parler. Roger, son frère plus jeune d'un an, mon très estimé collègue et ami. Des mots dignement choisis, destinés à retracer la vie d'un homme qui, durant toute sa vie, lui a servi d'exemple. Des paroles fortes, très imagées, poignantes parfois. Prononcées par ce frère très ému mais qui, après quelques trémolos dans la voix, est allé jusqu'au bout de son hommage, solide comme je pensais bien qu'il ne manquerait pas de l'être… Claude, le défunt, était Aviateur. Comme Roger. Comme Arsène, son cher collègue qui avait tenu, lui aussi, à dire quelques mots sur la passion et le dévouement du disparu. Des pilotes, il en est des dizaines de milliers à travers le monde. Des Aviateurs, beaucoup moins. Les premiers tentent de mener leur machine à bon port, les seconds mettent leur passion au service d'une cause qui leur tient à cœur. L'humanitaire doit beaucoup à Claude et à Roger. Et eux deux en ont retiré, au service des plus démunis, en Asie ou en Afrique, une expérience qui les a rendus simplement plus humains. Dans la chapelle bondée, au cours d'une cérémonie d'adieux qu'ont offrait à un homme parti trop tôt (il avait exactement quatre semaines de plus que moi), l'humanité était bien présente. Sautant aux yeux et bondissant dans le cœur de l'athée que je suis. Et, en observant cette humble famille, ces êtres très croyants, unis et dignes dans leur peine et leur chagrin, je me suis senti soudain très proche d'eux, infiniment respectueux de leur foi et très admiratif de la façon dont ils la vivent… Belle leçon pour un type qui, dégoûté du catholicisme dans lequel il a été bercé, avait un peu trop tendance à rejeter tout ce qui est lié, de près ou de loin, à l'adoration du dieu des chrétiens… |
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Vendredi
10 juin 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Chez ces gens-là, monsieur… Quoi qu'il se soit passé dans la suite new-yorkaise de l’ex-président du FMI, il y a trois semaines, le procès va déboucher sur une mascarade. Une procédure qu’on nous promet longue, à l’américaine, donc tordue et dans laquelle tous les coups seront permis, et qui n’apportera, à mon avis, aucune certitude. La femme de chambre sera acculée jusqu’à la frontière du suicide et tout sera déballé la concernant. La défense, menée par des ténors du barreau, fera tout ce qui est en son pouvoir pour traîner la présumée victime dans l’opprobre et discréditer ses allégations. Se mesurer à ce bulldozer défensif, aux commandes duquel DSK s’est installé, risque pour elle de ressembler à un long chemin de croix… Du côté de l’accusé, pas question de perdre la face. Comme si de sa crédibilité, déjà largement entamée lors du précédent coup de ciseaux dans son contrat matrimonial, dépendait sa survie au sein de ce monde huppé qui me fait gerber. Anne Sinclair, riche à millions, se fend de plusieurs de ceux-ci pour soutenir la défense d’un homme qu’elle prétend aimer au-delà de tout. Amour de façade! Hypocrisie caractéristique de la caste dont elle et lui font partie. Trompée, humiliée, elle défend un mec pitoyable pour la simple raison qu’elle en a les moyens. Tout couple normal aurait éclaté suite à de tels égarements de l’un de ses membres. Pas le leur, surtout pas maintenant, pas chez ces gens-là, monsieur. Pas dans leur monde où tout tourne autour du "faire semblant"… Quelle
que soit l’issue du procès, DSK est politiquement au bout
du rouleau! Ainsi, sa meuf ne sera jamais première dame de France,
comme elle en a tant rêvé. Et lorsque l’affaire sera
jugée et presque oubliée, lorsque ses rêves de grandeur
ne serviront plus qu’à nourrir ses regrets, elle demandera
alors le divorce. L’ayant obtenu, elle finira sa vie à contempler
ses tableaux de maître, cependant que DSK, démon de midi
retourné à la niche (il ne dure jamais bien longtemps chez
les gens de son âge), il finira la sienne à cauchemarder,
entre insomnies et camomilles, sur la relativité d’une vigueur
sexuelle automnale responsable de l’une des plus magistrales balles
de fusil qu’un homme politique se soit jamais tiré dans le
panard… |
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Mercredi
8 juin 2011 |
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