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MARS
2011 |
| AAAAAAAA | AA | Deux mois déjà... Plus
le temps passe et plus l'incertitude doit se faire pesante. Si tout est
sans doute fini pour elles, qu'en est-il de leur maman? Ne pas savoir...
Comment vivre avec ça? Elle semble pouvoir. Mais pour combien de
temps encore? Je ne pourrais pas. Je serais déjà interné,
devenu fou! Ou peut-être mort... Car à quoi peut servir de
vivre encore quand il convient de se ranger à une évidence
que l'on refusera toujours d'accepter?... |
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Jeudi
31 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Paloma negra... Sur
une chanson magnifique de Chavela Vargas, la plus belle séquence
d'un film exceptionnel ("Frida"), rêvé, voulu,
monté, produit, joué, dans son plus beau rôle, par
Salma Hayek, sublime dans la peau de Frida Kahlo... |
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Mercredi
30 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | "La Marie Joconde"... Au début des années soixante, découvrant la musique et la chanson via le tourne-disques de mes grands-parents, trois petites rengaines avaient ma préférence. Les deux premiers volets de cette trilogie des mes 7-10 ans, retrouvés grâce à ces fabuleux outils que peuvent être parfois YouTube et Dailymotion, j'en ai parlé sur ce site il y a plusieurs mois: "Marin", chanté en 1961 par Petula Clark et "Le petit bandit de Juarez", interprété en 1964 par Danyel Gérard. Ne manquait plus que le troisième, redécouvert par hasard hier. Plus de 45 ans que je n'avais pas entendu cette chanson qui, bizarrement et comme celle de Petula, parle d'une femme blonde et de marin(s)... La voici donc, sous forme d'un petit bijou de Scopitone dans lequel, en 1963, un Alain Barrière débutant, donnait un magnifique aperçu de son immense talent... |
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Vendredi
25 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Mathieu est un jeune écrivain talentueux. En secret, il prépare une biographie non autorisée de Lena, présentatrice vedette d'un journal télévisé. Pour mieux la cerner, il se fait engager par elle, qui ne se méfie pas, en qualité d'homme à tout faire. Un soir il rencontre Maria, danseuse étoile et fille de Lena. Pensant qu'elle pourrait lui être utile dans la rédaction de son livre, il tente une approche. Tout semble fonctionner comme il l'espère, mais des sentiments, qu'il n'avait pas vraiment prévus, commencent à poindre dans son cœur. C'est alors que Maria lui révèle son secret: un fils, Bruno, qu'elle a eu à l'âge de seize ans et qu'elle a abandonné, au seul profit de carrière. Alors qu'elle tente en vain de nouer le contact avec ce dernier, sa mère Lena est licenciée de son poste de présentatrice. Les rebondissements s'enchaînent et Mathieu, coincé entre ce que lui dicte son coeur et son travail de biographe, se trouve pris dans une sorte d'engrenage duquel il ne sait trop comment s'extirper… Thierry Klifa confirme! Il confirme qu'il est un grand du cinéma français. Après "Une vie à t'attendre", "Le héros de la famille", "Les yeux de sa mère", son troisième long métrage, donne un nouvel aperçu de l'immense talent de ce metteur en scène. Scénario magnifique (écrit avec Christopher Thompson) et mise en scène éblouissante, pour un film qui, encore une fois, me fait penser que ce réalisateur est le digne héritier de Sautet. Et si Romy Schneider, muse de ce dernier, n'est plus là, Géraldine Pailhas (Maria) a divinement pris le relais. Comédienne exceptionnelle et d'une phénoménale beauté, elle est ici et une fois encore, un régal pour le regard autant que pour le cœur. Catherine Deneuve (Lena), Nicolas Duvauchelle (Mathieu) et Jean-Baptiste Lafarge (Bruno) sont tous parfaits dans la réplique qu'ils lui donnent… Et puis, surprise qui m'a noué les tripes, la bande sonore donne lieu à des retrouvailles, inattendues mais tellement émouvantes, avec l'immense Serge Reggiani et celle de ses chansons que je préfère. Il n'en fallait pas plus pour m'emporter, comme à chaque fois que j'assiste à la projection d'une merveille du 7ème art, vers ce petit nuage qui m'attend, moelleusement dissimulé dans un sombre recoin de la salle obscure… "Les yeux de sa mère" est la plus belle surprise francophone d'une année 2011 qui s'annonce exceptionnelle en regard des onze films que j'ai vus depuis le début du mois de janvier. Et à voir ce qui est annoncé ces prochaines semaines, il n'y a pas de raison que cela s'arrête subitement… |
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Mercredi
23 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Ciné: Un film pour devenir meilleur?… J'étais parti pour rédiger un commentaire acerbe d'un film que j'ai vu vendredi et que je n'ai pas trop aimé. Mais, dans l'intervalle, j'ai revu, hier soir sur France 2, "Paris", du même réalisateur. Cédric Klapisch est pour moi l'un des cinq meilleurs metteurs en scène français. Auteur de chefs-d'œuvre tels que "Un air de famille" (1996), "L'auberge espagnole" (2001), "Les poupées russes" (2005) et, justement, "Paris" (2008), son palmarès est suffisamment éloquent pour que je m'abstienne de dire du mal de son dernier-né. Peut-être était-ce suite à la déception de jeudi soir, à Zürich, et au triste retour du lendemain, le fait que je ne n'aie pas aimé "Ma part du gâteau" ne me donne pas le droit de démolir ici le film et son auteur. Positive attitude? C'est nouveau ça, pour moi… Ca
me rappelle la scène mémorable d'un film qui ne l'est pas
moins. Dans "Pour le pire et pour le meilleur", Jack Nicholson
donnait la réplique à Helen Hunt. Lui, écrivain méchant,
égoïste mais fasciné par elle, devait lors d'un repas
en tête à tête, lui faire un compliment (sans lequel
elle aurait quitté la table), en réparation d'une vacherie
qu'il lui avait balancée trente secondes plus tôt (il avait
comparé sa robe à un tablier). Mal à l'aise, il avait
mis du temps à préparer le compliment et lui avait finalement
dit, pourtant parfaitement conscient de son caractère souvent ignoble:
"Vous m'avez donné envie de devenir meilleur"!…
Y a-t-il plus belle chose à dire à une femme? Et si je ramène,
bien modestement, ce magnifique compliment à mon cas personnel,
c'est peut-être parce que, en ce moment, quelqu'un me donne la même
envie… |
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Lundi
21 mars 2011 |
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Dimanche
20 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Rendez-vous
manqué... |
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Vendredi
18 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | HEUREUX ANNIVERSAIRE, CELINE ! |
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Jeudi
17 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | En
attendant Vicky... |
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Mercredi
16 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Nat King Cole... Beaucoup prétendent que Sinatra fut le plus fameux de tous les crooners de l'histoire de la chanson américaine. Je ne partage pas cette opinion. Le plus grand, c'était lui! Noir, vrai musicien et homme intègre, il était tout le contraire du premier... Et puis cette voix extraordinaire, plus douce et mieux posée pour chanter la romance, a fait de lui l'interprète exceptionnel, immensément crédible, des plus belles chansons d'amour. En décembre 1964, atteint d'un cancer de la gorge, Nat King Cole enregistrait un dernier album, son testament musical. Son titre: L.O.V.E. Le 15 février de l'année suivante, à un mois de son 46ème anniversaire, sa voix s'éteignait pour toujours. De cet ultime 33 tours, le titre phare demeure pour moi, dans sa trop brève carrière, le plus beau d'un immense répertoire... |
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Mardi
15 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Après la journée de la femme... Il fut un temps où sur ce site et son précurseur "La Couleur Des Jours", je n'aurais laissé en aucun cas passer cette journée du 8 mars sans parler de l'une de celles qui font que le monde est monde et qui nous mettent dedans... Aujourd'hui, date passée, non sans que j'y aie pensé, je m'en suis dispensé. Parce que, peut-être, aurais-je eu trop à dire sur l'une d'entre-elles... Mais, prend-on la peine de décrire le soleil? Alors, je ne vous décrirai pas celui-là. A la place, voici une petite chanson toute simple, que j'adore et qui parle de soleil, justement... |
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Jeudi
10 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Au nom de la race… Tel est le titre d'un livre de Marc Hillel (écrit avec la collaboration de Clarissa Henry), publié en 1975. Ce bouquin-là, ça fait un bout de temps que je cherchais à l'acquérir. Epuisé en librairie, je l'ai déniché récemment, via le net, chez un marchand de livres d'occasion. "Au nom de la race" met en lumière des faits que peu de gens connaissent ou ont oublié. Des horreurs commises par les nazis et dans certains cas tout aussi insoutenables que leur haine envers les peuples jugés inférieurs et exterminés par eux. Dans les deux cas, le maître d'œuvre est le même: Heinrich Himmler. Reichsführer SS depuis 1929, nazi fanatique et raciste fou, son admiration pour la race nordique va le pousser d'abord à créer, dès le milieu des année 30, la "Lebensborn Eingetragener Verein" (Association enregistrée Lebensborn)… En gros, les Lebensborn (Fontaines de vie), sont des maternités du Reich destinées à favoriser la procréation selon les critères dits aryens. Cet organisme, placé sous l'égide de la SS et, plus spécialement, du RuSHA (Rasse-und Siedlungshauptamt - Bureau pour la race et le peuplement), est chargé d'accueillir les futures filles mères (volontaires) enceintes des œuvres d'un aryen pure souche. Tous les soldats ou officiers SS ayant dû, pour intégrer ce corps dit d'élite, prouver la pureté de leurs racines (arbre généalogique) au moins depuis 1750, ces fanatiques étaient naturellement poussés par le régime à procréer. Cela faisait partie de leur devoir ("Chaque SS se doit d'offrir un enfant aryen à son Führer!"), bien entendu en fécondant des femmes répondant aux mêmes critères raciaux. Le mariage n'était pas spécialement favorisé, seul comptait le fait de "produire" des enfants de type nordique… Les femmes étaient donc, avant l'accouchement, prises en charge par les foyers Lebensborn; elles y mettaient au monde leur bébé et elles pouvaient, si elles le désiraient, le garder. Dans le cas contraire, ces derniers étaient élevés par l'institution et, plus tard, destinés à l'adoption par des couples sans enfants, voire stériles. En Allemagne, dix maternités Lebensborn ont été créées. Il y en eut neuf en Norvège (un pays jadis assez ouvert aux idées nazies sur le sujet), trois en Autriche et en Pologne, deux au Danemark, une en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France. Cette dernière se trouvait dans la commune de Lamorlaye, près de Chantilly, au nord-est de Paris. Il est difficile d'estimer avec précision le nombre de naissances issues de cette pratique assez spéciale. Cependant, le chiffre de 16'000 semble conforme pour les seules Lebensborn d'Allemagne et de Norvège… Ce nombre semble assez dérisoire, surtout aux yeux de Himmler, dont le cerveau jamais à court d'ignobles idées, fut bientôt prêt à en présenter une autre, beaucoup plus horrible encore. Dans les régions occupées de l'est, notamment dans le sud-est de la Pologne, il était connu de l'occupant qu'un grand nombre d'habitants correspondait aux critères raciaux de l'idéologie nazie. Himmler ordonna donc que les enfants aux cheveux et yeux clairs soient, purement et simplement, arrachés à leur parents et emmenés sans le Reich pour y être germanisés. L'effort principal porta sur les plus jeunes (2 à 6 ans), ceci pour des raisons évidentes de mémoire, plus facile à modeler et à convertir aux idées racistes des nazis. Mais des enfants plus âgés (jusqu'à 16 ans) furent aussi enlevés… Ainsi donc, principalement en Russie, Ukraine, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Biélorussie et sourtout Pologne, on estime à près d'un million le nombre d'enfants arrachés à leurs familles. Les parents, menacés de mort, soit se taisaient, soit étaient déportés dans les camps de travail ou, dans les cas d'extrême insoumission, abattus sur place. Dans ce million d'enfants kidnappés, tous ne furent pas germanisés. Sélectionnés dans leur village natal et/ou de résidence selon des critères purement visuels, ils étaient d'abord emmenés dans des centres de tri où, après des examens approfondis, on s'apercevait alors que leur aryanisme était loin d'être systématique. Et tous ceux qui n'étaient pas déclarés comme tels étaient envoyés dans des camps de travail pour enfants, avec la fonction d'esclaves du Reich. Mais, pour la seule Pologne, environ 200'000 enfants ont été jugés aptes à l'adoption et envoyés, via les foyers Lebensborn, en Allemagne. Après la fin de la guerre, dix à quinze pour cent seulement de ces malheureux ont pu regagner leur Pologne natale, dans laquelle, des dizaines de milliers de parents ont attendu, en vain, le retour de leur propre enfant… En 1947, en marge du procès de Nuremberg, les principaux responsable du RuSHA furent jugés par les Américains. Les deux plus importants d'entre-eux (Otto Hoffman et Richard Hildebrandt) furent condamnés à 25 ans de prison chacun. Le premier fut libéré en 1954 et le second décéda en prison en 1952. Le directeur de l'Association Lebensborn, Max Sollman et le médecin chef Gregor Ebner, furent déclarés coupables, mais emprisonnés alors depuis deux ans déjà, ils n'eurent aucune peine supplémentaire à accomplir. Pour ce qui est du rapt des enfants des territoires occupés de l'est, les principaux responsables pour la seule Pologne (en plus des millions de Juifs qu'ils ont envoyés eux-mêmes dans les camps d'extermination), l'Obergruppenführer Odilo Globocznik, chef de la SS et de la Police du district de Lublin et Hans Frank, Gouverneur général de la Pologne (hors zone annexée), la mort fut la seule justice de leur mandat. Le premier s'est suicidé en mai 1945 et le second, jugé coupable de crimes contre l'humanité lors du procès de Nuremberg, a été pendu en octobre 1946… Lors de mon voyage dans la région de Zamosc, en mai 2010, j'avais été frappé par le nombre élevé de femmes et d'enfants aux cheveux et aux yeux clairs. Cela n'est pas étonnant car la région qui entoure cette superbe petite ville du sud-est de la Pologne, fait partie de celles qui ont payé le plus lourd tribut aux idées racistes insoutenables d'une idéologie à forte déviance, responsable de l'une des pires tragédies (pourtant si mal connue) de l'histoire du 20ème siècle. Le livre de Marc Hillel et Clarissa Henry est sans doute celui qui traite le plus en profondeur de ce sujet. Ouvrage remarquable, émouvant et qui se termine sur une image terrible: celle d'une dame polonaise, Madame Ewertowska, âgée d'une soixantaine d'années mais qui en fait quinze de plus, photographiée en 1972 et visiblement encore anéantie par l'enlèvement de sa fille Eugénia, le 27 septembre 1943. Celle-ci a été adoptée en 1947 par une famille allemande vivant dans la région de Hambourg. Grâce à la Croix–Rouge polonaise, la mère, bien plus tard, a retrouvé la trace de sa fille. Mais Eugénia, la mémoire lavée par les méthodes d'un Lebensborn de l'époque, a définitivement tiré un trait sur ses origines et il est hors de question pour elle d'entendre parler de sa mère biologique… "Au nom de la race", de Marc Hillel et avec la collaboration de Clarissa Henry - Editions Fayard, 1975 |
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Mardi
8 mars 2011 |
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| AAAAAAAA | AA | Ciné: Annie Girardot... Elle était une actrice, une femme que j'aimais beaucoup. Dans les années 60 et 70, en marge des comédies de Bourvil/de Funès que j'adorais, il est un film grave qui m'avait profondément marqué. L'histoire vécue d'une prof marseillaise de français tombant amoureuse de l'un de ses élèves, qui est poursuivie par la justice pour détournement de mineur et qui met, par désespoir, fin à ses jours. L'institutrice avait 32 ans, elle s'appelait Gabrielle, son élève en avait 16 et se prénommait Christian. C'était en 1969 et, un an plus tard, André Cayatte portait la triste romance à l'écran. Annie Girardot et Bruno Pradal entraient de façon très émouvante dans le rôle des deux personnages. Ce magnifique long métrage m'a fasciné parce que j'avais l'âge du héros et que comme lui, j'imaginais parfaitement pouvoir succomber au charme d'une actrice qui s'approchait alors de l'âge auquel j'ai toujours pensé que les femmes sont les plus belles… Et, à l'approche de la quarantaine, Annie Girardot était belle, même si son langage et sa façon de s'exprimer manquaient parfois de féminité. Bon, il est vrai que tourner de l'Audiard (films très en vogue à l'époque et dans lesquels elle a excellé), ne requiert pas forcément le raffinement nécessaire à boire sa tasse de thé en levant le petit doigt... Depuis la sortie de "Mourir d'aimer" sur les écrans, en 1971, je n'ai jamais revu ce film. Pourtant, je me souviens encore parfaitement de l'instant où, pour la première fois, par delà les barricades de la contestation estudiantine, les mains de l'élève et de la prof s'unissaient, à la fois avec vigueur et tendresse, prélude d'un amour interdit destiné à une fin des plus tragiques (les faits réels se déroulaient en mai 68 et l'émancipation des réacs, qui menaient alors la France, n'avait pas encore eu lieu). C'était tout simplement sublime et l'actrice a su parfaitement exprimer la beauté de ce geste… Je me souviens aussi, un peu plus tard, des galets de la plage de Cassis, ville que je connais bien. Annie Girardot et Philippe Noiret se donnaient la réplique, elle dans un rôle ("La vieille fille") aux antipodes de celui qu'elle tenait dans "Mourir d'aimer". Et puis, en 1996, je revois toujours l'émotion et les larmes de cette femme admirable, recevant un César pour son rôle dans "Les Misérables" (de Lelouch) et confiant, la gorge nouée, après une longue période où plus personne ne lui proposait de rôle: "Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais sachez que le cinéma français m'a terriblement manqué"… Annie Girardot est décédée deux jours après la cérémonie des César 2011. Vidée de sa mémoire par une maladie inexplicable, mais toujours bien vivante par l'héritage cinématographique qu'elle nous laisse. Une immense actrice, unanimement aimée par son public, s'en est allée. Et ce qui me fait peur, c'est que des comme elle, il en reste si peu… |
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Vendredi
4 mars 2011 |
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