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OCTOBRE
2010 |
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AA | 1967 - Torre del Lago… De 1967, ce qui est resté (et restera à jamais) gravé dans ma mémoire, ce sont mes vacances d'été. Mes premières vacances à l'étranger. Mes premières vraies vacances! Début août, rompant avec la tradition voulant que mes parents partent pour une dizaine de jours, chaque année, avec les parents de mon père, papa et maman ont décidé d'emmener, en plus, l'un de leurs enfants. L'année dernière, ce fut ma sœur Chantal, cette année, c'est mon tour... Deux heures du matin. La voiture arrive en trombe. J'embarque et le voyage commence. Je pars pour l'Italie. Premier grand voyage après treize années à rester cantonné dans mes frontières. La Toscane est notre destination. Dans l'Opel Kadett Rallye de mon oncle Gérard, je suis assis à l'arrière, aux côtés de Michèle, sa fille, ma jolie cousine. Mes parents, quant à eux, emportent grand-mère et grand-père. La route est longue et les autoroutes sont rares. Douze heures de voiture en épuiseraient plus d'un. Pas moi! Ce voyage, ça fait un an que je l'attends et j'entends bien profiter au maximum de ces dix jours, l'ennui n'est pas inscrit à mon programme. Dans l'après-midi, en descendant de Parme sur La Spezia, la découverte au loin de la mer, est quelque chose d'extraordinaire pour moi. Rien moins que la réalisation du plus grand rêve de mon enfance... Torre del Lago-Puccini est une petite station balnéaire au sud de Viareggio. Lieu de naissance du grand musicien italien, je dois avouer que ce détail revétait une importance secondaire à ce moment-là. A treize ans, en principe, c'est la naissance de certains sentiments et sensations auxquels on n'est pas trop habitué. Et Michèle est pour beaucoup dans cette révélation... Oui, mais c'est ma cousine. M'en fiche! Elle est très jolie et la plage en sa compagnie est des plus agréables. Je ne la quitte plus. Mes parents, ses parents, mes grands-parents, tous du voyage, ont bien peu d'importance à ce moment-là. Le matin, nous flânons dans les rues et achetons de quoi pique-niquer à midi, sous les pins parasols proches de la plage. L'après-midi, c'est la mer, le soleil et la baignade. Le soir, le restaurant, où je m'empiffre de pâtes, raviolis et autres délices du genre comme jamais avant ni depuis. Tout cela en compagnie de Michèle, avec ses beaux yeux pers et ses longs cheveux blonds. Des vacances de rêve, encore embellies par des excursions journalières à Pise et à l'île d'Elbe... Mais dix jours, c'est court. Beaucoup trop court! Alors, il faut songer au retour. Et les retours, surtout après un séjour tel que celui que je viens de vivre, je déteste ça! Si l'aller ne m'a pas paru spécialement long, le chemin inverse est un calvaire. Je vois le bercail, cet endroit que j'ai quitté avec tant de plaisir, se rapprocher irrémébiablement. Le retrouver, c'est me rendre compte que les vacances sont cette fois bien finies et c'est un sentiment d'horreur absolue. Vidé de mes illusions, l'impuissance et la tristesse qui m'habitent en voyant l'Opel grise s'éloigner, Michèle à l'intérieur et son père la ramenant à la maison après m'avoir déposé devant la mienne, me donnent comme une envie de mourir. Je ne sais plus qui a dit "Partir, c'est mourir un peu..." Moi je prétends que revenir, c'est parfois mourir bien plus encore... **************************** * * * **************************** Il y a une semaine, je m'en retourne, pour la première fois depuis 43 ans donc, sur les lieux de ces premières vraies vacances. Quelle émotion! L'immense plage est toujours là, s'étendant à perte de vue. Mais ses abords ont été aménagés et agrémentés de restaurants et autres petites boutiques. La forêt de pins, aux pieds desquels ont pique-niquait alors, est toujours là aussi, mais son côté sauvage a disparu. Elle est désormais parcourue de sentiers balisés et clôturés. Je ne me souvenais pas de l'église mais je pense qu'elle n'a pas dû beaucoup changer. Et puis, à l'autre extrémité de ce petit village tout en longueur, il y a le lac de Massaciuccoli. C'est au bord de celui-ci que l'on venait manger le soir, dans l'un de ses restaurants. La maison de naissance de Puccini a survécu et la mémoire de ce dernier est préservée... Des images et de la nostalgie plein le crâne, je reste un long moment en ces lieux, principalement sur la plage. A l'époque, préoccupé par bien d'autres choses, je n'avais pas remarqué que, depuis là, on peut apercevoir les carrières blanches de marbre situées à Carrare, un peu plus au nord. Si les souvenirs ne m'ont jamais quitté, ils reviennent avec une incroyable intensité. Je revois Joseph, mon grand-père que j'adorais et dont je me souviens parfaitement durant ces vacances de 1967. On allait déjeuner ensemble, le matin, me rassasiant personnellement d'un chocolat chaud avec croissants et lui (déjà) d'une bonne bière bien fraîche. Il n'avait pas 60 ans et nous quittait moins de six ans plus tard. Moi, aujourd'hui, je ne suis plus très éloigné de son âge de l'époque et, marchant sur le sable de la Marina di Torre del Lago, je mesure avec effarement l'immensité du temps qui s'est écoulé depuis... |
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| La plage, en direction de Viareggio et Carrare... |
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| Le petit bois de pins, à proximité des plages... |
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| Torre del Lago-Puccini... |
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| Aux abords du lac de Massaciuccoli, musée et maison ayant vu naître Giacomo Puccini... |
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| Lago di Massaciuccoli... |
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Samedi
30 octobre 2010 |
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AA | "Elle s'appelait Sarah"… Ses parents déportés, son petit frère emmuré, son enfance assassinée. Tout ce qui fait qu'une petite fille n'a plus envie de grandir... Privée des jeux naturels des enfants de son âge, l'horreur devient son quotidien. Sarah vit. Sarah survit. Mais son âme est morte. Emportée par cette ignominie que représente, parfois, pour quelques-unes, pour quelques-uns, ce qu'on appelle le destin. Elle devient cette belle adolescente à laquelle tout aurait pu, aurait dû, être promis. Elle devient femme, quitte cette terre qui l'a vu naître, puis mourir. Elle tente de prendre racine dans les vastes plaines d'un nouveau monde. Mais, c'est bien connu, les souvenirs les plus cruels sont toujours les plus tenaces. On oublie rien de son enfance. On vit avec. On vit dedans, avec un corps d'adulte. Alors, malgré le fruit né - par quel miracle? - de cet arbre mort, la force vous abandonne. Le fardeau devient trop lourd, courbe le dos. On ne peut sortir indemne d'une si grande douleur, d'un ignoble passé passé à se morfondre, d'un destin qui vous a laissé choir. Et le camion que l'on croise un beau matin, au volant de sa voiture, devient le dernier témoin d'une vie qui aurait mieux fait de ne jamais éclore. C'est une triste fin? Moins triste que sa vie! Moins triste que ses nuits. Ces milliers de nuits tragiques, dans lesquelles Michel, son petit frère, venait lui dire qu'elle n'aurait pas dû le cacher, même pour son bien, dans ce placard qui s'est refermé à tout jamais sur lui. Et sur elle aussi… Le film, comme le livre, m'a bouleversé... |
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| Mardi
19 octobre 2010 |
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AA | Télé: "Le dîner à la Ferme"… La téléréalité culinaire, sur la chaîne suisse-romande, est bien loin de celle de nos voisins aux six coins. La leur, au travers de la chaîne qu'ils préfèrent, prône la compétition, l'humiliation, voire le complot. Reflet d'un monde moderne dont la devise est "gagne ou crève", et malgré parfois les plats très appétissants, l'émission phare du jeudi soir, sur Téèfun, donne souvent la nausée et effare par la bienveillante complicité de chefs étoilés et autre critique gastro… Sur la TSR, rien de tout cela. Sept personnes, agricultrices, éleveurs, vigneronnes, pêcheurs, bergers venus des sept cantons romands, se déplacent chez les uns et les autres pour déguster les spécialités de chacun. Hier soir, c'était la dernière étape et ce fut sans doute la plus émouvante. Tout ce petit monde se retrouvait chez Michel Joseph, berger d'alpage dans le canton de Fribourg. Dans le logis attenant à l'étable hébergeant ses chèvres, Michel Joseph et sa compagne vivent quasiment sans confort: cuisine au feu de bois, pas d'eau courante et d'électricité (à part celle produite parfois par une génératrice). Le berger élève sept chèvres et quatre cabris. Il produit du fromage, qu'il vend sur le marché de Bulle. Pour cet homme à la personnalité très attachante, recevoir ses six "collègues" et cuisiner pour eux est un véritable défi. Qu'il relève de façon parfaite, avec une cuisine naturelle et simple, mais avec un amour évident pour ce qu'il façonne et une volonté touchante à vouloir gâter ses hôtes. Ce qu'il réussit parfaitement et qui épate et émeut tout son monde… Dans "Le dîner à la Ferme", ce sont les hôtes qui jugent. Formant une équipe soudée de quatre femmes et trois hommes, tous sympathiques et riant beaucoup, ils ont eu sept semaines pour apprendre à se connaître et à ne pas se prendre au sérieux. Leurs votes sont constellés de 9 et de 10 pour chacun et la compétition n'existe pas (le gagnant se verra offrir un court séjour dans une ville d'eaux). Ils sont là avant tout pour faire et se faire plaisir. Leur personnalité à tous est très affirmée et leur sensibilité est immensément réconfortante. J'ignore comment ils ont été choisis mais cela a été fait de façon parfaite. Hier soir donc, pour la dernière étape des dîners à la ferme, l'émotion était palpable. La perspective que cette belle aventure s'arrête, le fait de se retrouver chez cet homme admirable qu'est Michel Joseph, ont contribué à générer des trémolos dans la voix, ont fait se nouer les gorges et s'humecter les yeux. C'était très émouvant et ce fut une heure de bonheur intense. A cette télévision-là, pleine de justesse, faite d'images fortes et de propos intenses, je dis oui. Oui et encore! Rarement humanité, tolérance, sympathie et amour ont été si parfaitement mis en valeur et c'est réjouissant pour l'évolution d'une télévision qui s'égare, trop souvent, sur les chemins escarpés de l'indécence… |
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| Samedi
9 octobre 2010 |
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AA | Whispering
Hope... |
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Vendredi
1er octobre 2010 |
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