SEPTEMBRE 2010


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Musée et Mémorial des Enfants d'Izieu...

Le 6 avril 1944, jeudi de Pâques, sur ordre de Klaus Barbie, la Gestapo de Lyon débarque dans une grande maison située sur la commune d'Izieu, au-dessus de Brégner-Cordon, non loin du Rhône et à l'extrémité sud du département de l'Ain. C'est ici, dans un cadre idyllique, que sont hébergés et vivent en paix les quarante-quatre jeunes membres de la colonie des enfants juifs réfugiés de l'Hérault. Créée par Sabine et Miron Zlatin, deux Français immigrés, nés en Pologne, la colonie est composée d'enfants et adolescents âgés de 4 à 17 ans, dont les parents sont décédés ou internés dans les camps de regroupement du sud de la France (Gurs, Palavas, Les Milles, Rivesaltes). Tous, plus sept adultes (dont Miron Zlatin) faisant partie de l'encadrement, sont arrêtés et emmenés à Lyon, dans la prison du Fort-Montluc. La plupart des enfants sont envoyés, dès le lendemain, vers le camp de transit de Drancy et, de là, sont incorporés aux divers convois en partance pour Auschwitz. Une trentaine d'entre-eux font partie du convoi 71 (parti le 13 avril 1944) et se retrouvent dans le même train que Simone Weil… Aucun des enfants ne reviendra! Tous sont gazés dès leur arrivée à Birkenau, à l'exception de Miron Zlatin et de deux adolescents, envoyés eux à Reval (Estonie) où ils sont fusillés après avoir travaillé dans le fort de la cité.

En avril 1943, la colonie avait été déplacé de l'Hérault et installée dans l'Ain en raison de l'occupation italienne de la région et de la mansuétude de l'occupant vis-à-vis des Juifs. Mais après la capitulation de l'Italie, le 8 septembre 1943, les choses changent et les nazis étendent leur emprise sur tous les départements du sud de la France. Le jour de la rafle, l'âme de la colonie, Sabine Zlatin, est en déplacement à Montpellier, essayant par tous les moyens de trouver une solution d'hébergement pour ses enfants, pensant à juste titre qu'ils n'étaient plus en sécurité à Izieu. C'est là-bas que, effondrée, elle apprend la rafle et c'est ainsi qu'elle-même échappe à l'arrestation… Des convois vers Auschwitz et Reval, une seul personnes reviendra, Lea Feldblum, éducatrice à la colonie…

Avant le procès et la condamnation de Klaus Barbie, en 1987, cet épisode horrible de l'Holocauste reste un peu dans l'oubli, malgré les efforts déployés par Sabine Zlatin pour que l'on se souvienne. Après le retentissement du procès du chef de la Gestapo de Lyon, le gouvernement de François Mitterrand fait ce qu'il faut pour que ceux qui ont témoigné et parlé de cette tragédie soient confortés dans leur travail de mémoire. "Le Musée-mémorial des Enfants d'Izieu", financé en grande partie par des fonds privés, est inauguré le 24 avril 1994, en présence du Président de la République et de ceux qui ont œuvré inlassablement pour que l'on oublie jamais le sort de ces pauvres enfants. Parmi eux, bien sûr, Sabine Zlatin, mais aussi le préfet de l'époque Pierre Marcel Wiltzer (c'est lui qui a trouvé et fourni la maison d'Izieu), Serge et Beate Klarsfeld, mais aussi Ita Halaunbrenner, laquelle a perdu deux de ses enfants dans la tragédie (Mina et Claudine) âgées de 5 et 8 ans, et qui a participé, aux côtés de Beate Klarsfeld, à la traque du bourreau Barbie en Bolivie…

En rentrant du Midi, le 17 septembre dernier, je me suis arrêté au Mémorial. La grange a été rénovée et transformée en musée. On peut y voir, entre autres, deux films en rapport avec la tragédie, dont l'un traite de la partie du procès de Barbie qui concerne la rafle du 6 avril 44. Parmi les intervenants, Mesdames Zlatin et Halaunbrunner (aujourd'hui toutes deux disparues), cette dernière livrant un témoignage absolument bouleversant. Un peu plus haut sur la propriété, la maison d'accueil des enfants demeure. Bien entretenue et dont l'extérieur a été restauré, les pièces ont été maintenues dans l'état où elles se trouvaient au moment de la rafle. C'est ainsi qu'on peut y voir les chambres, la salle de classe ou le réfectoire dans lequel, la Gestapo fit irruption le 6 avril 1944, alors que les enfants étaient train de prendre leur dernier petit déjeuner avant la déportation… Dans plusieurs endroits, des lettres originales des enfants, souvent adressées à leur parents, sont exposées. Les lire a constitué pour moi (et sans doute pour beaucoup) le coup de grâce de cette très émouvante visite…

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En l'espace d'une année, j'ai visité les six camps d'extermination nazis de Pologne, le camp de Buchenwald, le Mémorial de la Shoah et celui de la Rafle du Vel d'Hiv (tous deux à Paris), le Monument aux déportés juifs et la gare de Beaune-la-Rolande, le Musée-mémorial des enfants d'Izieu. Depuis la révélation, en septembre 2008, de "Si c'est un homme" (Primo Levi), le plus beau livre du monde, j'ai ajouté à mes lectures une trentaine de livres traitant de l'extermination des Juifs et de la traque, à travers le monde, des criminels nazis. Et puis, sur les chaînes de télévision (spécialement sur Arte), je n'ai pas manqué une seule émission traitant ce sujet. Dans cette quête de savoir, je n'ai été motivé que par le constat de cette propension que peut avoir l'homme à vouloir anéantir ses semblables. Je voulais essayer de comprendre l'incompréhensible. Je n'y suis pas parvenu. Mais y a-t-il, sur cette planète, une seule personne normalement constituée et pour qui l'amour et le respect de ses semblables sont des choses naturelles, qui ait réussi à comprendre cela? Je ne le crois pas. Alors mes lectures et mes visites ne vont pas s'arrêter. Je vais continuer de lire, d'apprendre et d'aller voir. Et je vais continuer d'écrire et d'en parler. Parce que cette ignominie ne doit jamais être oubliée et que le meilleur moyen d'éviter qu'elle le soit, c'est de ressasser, de ressasser encore et toujours...

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Jeudi 30 septembre 2010

La Maison dans laquelle étaient hébergés les enfants....

La salle de classe....

La liste des élèves (pas forcément au moment de la rafle)....

Le réfectoire....

Lettre d'un enfant à sa maman....

Quelques-uns des enfants et des éducateurs. L'adulte au centre est Miron Zlatin, époux de Sabine et directeur de la colonie... (Photo Musée-Mémorial d'Izieu)

La liste des 44 enfants et 6 adultes assassinés au nom de l'idéologie nazie....

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Ciné : "Io sono l’Amore"…

Dans la famille Recchi, au cœur des hautes sphères de la société milanaise, on est tisserands de père en fils. Ce soir-là, on fête l’anniversaire d’Edoardo senior, le patriarche. A cette occasion, le vieil homme passe le flambeau à son fils Tancredi et à son petit fils Edoardo junior. Emma, la femme du premier et mère du second, fait partie de la dynastie. Mais ce qui la lie à la vieille famille bourgeoise est purement matériel. Les liens du sang, en ce qui la concerne, se résument à une vie à l’écart, dans l’ennui et le silence dévolus à son rang d’immigrée russe. Le soir de l’anniversaire de son beau-père donc, elle fait la connaissance d’Antonio, un ami cuisinier de son fils, dont il a le même âge. Dans le cœur de cette femme résignée, (re)naît alors un sentiment presque oublié, l’amour. Consciente que jouer avec le feu, au sein de cet aréopage de bourgeois rigides, risque de la priver des biens matériels auxquels elle a droit, elle se lance cependant corps et âme dans la conquête de ce jeune homme pas insensible au charme évident d’une femme de cinquante ans. Mais, ce qui la guettait se produit: la découverte, au sein de la famille, de sa liaison avec le jeune cuisinier de San Remo. La révélation de cette "infamie" donne alors lieu au pire drame qu’Emma ait pu imaginer…

"Io sono l’Amore" (Je suis l’Amour) est un film réalisé par Luca Guadagnino. Metteur en scène inconnu à mes yeux, il réalise ici une œuvre très réussie. L’histoire, au début, est assez longue à se mettre en place. Le film en est presque ennuyeux (sans doute voulu par le réalisateur), tout comme l’est la vie d’Emma dans cette famille avec laquelle (hormis sa descendance) elle se sent si peu d’affinités. Mais dès que l’Amour entre dans le bal, l’intérêt grandit et l’œuvre prend consistance. Le dénouement, totalement inattendu, gomme l’ennui initial et toute l’intrigue en est ainsi magnifiée. Très beau long métrage donc et très belle découverte d’un cinéaste italien chez lequel on pourrait déceler quelques traits hérités, qui sait, d’un Visconti qui l’aurait inspiré (?)… L’actrice principale et héroïne de ce drame exemplaire, Tilda Swinton, est parfaite dans son rôle et porte le film à elle seule, même si celles et ceux qui la soutiennent à l’écran, en rien ne desservent la cause du metteur en scène. "Io sono l’Amore", est un film superbe, à voir en italien, bien sûr, cette langue qui chante si joliment au cœur, plus encore qu’à l’ouïe, et dont on croirait volontiers qu’elle a été inventée pour rendre encore plus belle les femmes qui s'expriment à travers elle…

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Dimanche 26 septembre

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Bourvil, quarante ans déjà!...

De ce jour-là, de ce maudit mercredi 23 septembre 1970 je me souviens comme si c'était hier. J'étais au travail, et la radio installée dans mon bon vieux Mercedes avait annoncé la triste nouvelle. Pour moi c'est un monde qui s'effondrait. Un monde de rires mais aussi de tendresse et d'émotion. Car s'il savait faire rire André, il parvenait aussi à nous tirer des larmes… J'avais seize ans et mes distractions, c'est le samedi que j'en profitais. Dans les cinémas de la ville, là où étaient en principe joués les grands films populaires. De Funès et Bourvil avaient mes faveurs en ce temps-là. Bourvil, surtout… J'adorais ses films et les situations cocasses dans lesquelles il excellait. Mais je ressentais aussi l'émotion que diffusaient d'autres séquences où là, l'immense acteur donnait une véritable dimension à toute l'étendue de son talent… Dans ce registre, l'une des plus magnifiques scènes du grand André Raimbourg se situe dans "le Corniaud". Lorsque, dans le restaurant romain où il a invité la jeune manucure de son hôtel, il se rend soudain compte que celle-ci s'est jouée de lui et n'a accepté son invitation que pour rendre jaloux son fiancé. Ce moment-là, cet instant précis où Bourvil, debout devant sa table, assiette et fourchette en main et désirant terminer son repas, prend conscience qu'on s'est joué de lui, c'est un monument dont on devrait se servir comme exemple dans tout cours de comédie digne de ce nom… Quarante ans déjà! Quatre décennies que l'eau coule sous le pont, sans que le sang ne coule plus dans tes veines... Ta disparition n'a pas empêché le monde de tourner, mais elle me l'a fait voir d'une autre façon. En relisant dernièrement l'une de tes biographies, j'ai été très ému par une déclaration dans laquelle tu disais combien tu aimerais devenir vieux, avoir quatre-vingts ans et profiter de ta retraite, entouré de ta famille, de tes enfants et de tes petits enfants… De ces quatre-vingts ans, tu n'auras vécu que les deux tiers. Il s'en est fallu de vingt-sept ans pour que tu les atteignes. Une paille! Une broutille! Une injustice! Une de plus d'un destin aveugle, inique et parfaitement insensible.

En mai 2006, pour la première fois de ma vie, je suis parti visiter la Normandie. Pour voir Honfleur, Le Havre et l'estuaire de la Seine, les plages du débarquement, pour visiter Etretat et les ports de la Seine-Maritime, pour admirer la mer et m'imprégner du cri des goélands. Mais aussi et surtout, André, pour rendre visite à ton beau Pays de Caux. Alors j'ai vu Prétôt-Vicquemare, Fontaine-le-Dun et Bourville. J'ai vu la petite école sur les bancs de laquelle tu as usé tes fonds de culotte. En face d'elle, j'ai osé entrer dans l'impressionnante église aux splendides vitraux, devant laquelle, dans le petit cimetière, reposent les Raimbourg et les Ménard, ceux qui furent ta famille et que tu aimais. Dans cette très verte campagne normande parsemée d'immenses champs cultivés, là où tes racines demeurent ancrées pour toujours, là où l'on prétend qu'il ne cesse de pleuvoir, le soleil m'a fait l'honneur de sa présence et le séjour s'est déroulé comme dans un rêve. J'ai vu Tonneville, le petit hameau voisin de Bourville. C'est là que tu as passé ton enfance. Et j'ai vu ta maison. Une bâtisse très sobre faite de briques rouges et entourée de verdure, d'arbres et de prés sur lesquels il m'a semblé te voir jouer, courir et t'entendre crier. Je suis resté là longtemps, ne pouvant plus me détacher de cet endroit. Sur le fil de la clôture, une bergeronnette est venue se poser. Tout près de moi et chantant de toute la puissance de sa voix mélodieuse, parée de son soyeux plumage jaune, tranquille sur son fil, confiante malgré ma présence toute proche. Et je me suis dit que cet endroit avait quelque chose de magique, que cet oiseau, d'habitude si farouche, était peut-être une réincarnation de toi, André. Toi qui étais venu me dire que ma visite te touchais. Toi qui avais peut-être senti à quel point tu as compté dans mon existence, à quel point un homme comme toi a pu me faire rêver dans l'accomplissement d'une vie. Je crois bien que jamais je ne suis resté si longtemps immobile en ayant les yeux ouverts. Dans mon esprit, défilaient des images; un film, le film de ton enfance, des jeux qui furent les tiens et qui, même si ce fut trente-sept ans plus tôt, ne devaient pas être très différents des miens. Je suis venu ici pour toi, André. Et j'ai senti ta présence. Et je me suis senti bien...

Rentrant de ce voyage, par un premier jour de juin radieux, j'ai fait un petit détour et je me suis arrêté dans ton dernier village, au nom sonnant comme dans ce beau Pays de Caux que je venais de visiter. Montainville, comme Bourville, on pourrait croire que c'est en Normandie. Et bien non! Ce n'est pas bien loin de Paris et c'est là que tu reposes, aux côtés de Jeanne, le seul, l'unique amour de ta vie. Celle que tu as aimée, celle que tu as su rendre pleinement heureuse, malgré les vicissitudes de la vie d'artiste que tu menais. Avant de pénétrer dans ton petit cimetière (dans lequel je suis persuadé qu'il y aura bien du monde aujourd'hui), je suis allé, dans le champ voisin, cueillir un petit bouquet de coquelicots et je te l'ai apporté, fébrile et tremblant quelque peu. J'ai mis un peu de temps à trouver ta sépulture, mais lorsqu'elle s'est offerte à mon regard, j'ai senti comme une onde de chaleur, mêlée d'émotion et de soulagement: il y a tellement longtemps que j'attendais ce moment-là!... Sur le bord de ta dernière demeure et avec précaution, j'ai déposé ces quelques pavots rouges, emblèmes colorés de la campagne, de ta campagne et bordant souvent les champs de blé. J'ai pensé que tu apprécierais ces quelques fleurs car elles sont fidèles à ton image, du moins à celle que je garde de toi: belles, fragiles, attachantes, aux couleurs intenses mais à la durée de vie tellement dérisoire une fois cueillies… Et je suis resté là. Pendant de longues minutes. Immobile. Regard accroché à cette pierre tombale toute simple et pensées oscillant entre injustice de mourir si jeune et fragments de films, entre ton image souriante, réconfortante et ce qu'il doit rester de toi sous cet amas de terre. Et j'ai eu très mal… Au loin, par delà le mur du cimetière, entre les branches des arbres, penchée à sa fenêtre, une très vieille dame n'a cessé de m'observer. Qu'a-t-elle bien pu penser de moi lorsqu'elle m'a vu tenter d'essuyer furtivement mes yeux devenus humides? T'a-t-elle connu jadis? A-t-elle été la voisine que tu saluais le matin en allant chercher ton pain? J'aurais aimé que oui. J'aurais aimé qu'elle vienne me parler de toi. Me conter le bonheur qui fut le sien de t'avoir connu et celui de ce petit village dont tu partageais simplement la vie à la fin des années soixante...

Depuis que tu es parti, André, depuis ce triste jour d'automne, je n'entre plus dans une salle obscure sans avoir une petite pensée pour toi. Une pensée qui me ramène toujours vers Neuchâtel et ce "Palace" qui, malheureusement, vient d'être fermé. Une salle obscure qui n'existe plus mais dans laquelle tu donnais à mes années d'alors quelques tons chauds, drôles et émouvants, quelques parcelles d'un bonheur rare que je retrouve à chaque fois que les lumières s'éteignent et que l'écran se pare de lumière. Merci André! Aussi loin que puisse me porter la vie, je me souviendrai toujours de toi…A

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La maison de Tonneville...
Jeudi 23 septembre

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Ciné: Ces amours-là …

... sont celles d'Ilva, une jeune femme d'origine italienne vivant à Paris, peu consciente que certains choix de partenaires risquent de perturber sa vie. La guerre est là, les Allemands aussi. S'offrir à l'un des leurs pour sauver son père, otage de ces derniers, n'est pas sans conséquences. Mais Ilva ne calcule pas, elle vit. Et ses passions sont à son image: spontanées. A la fin des hostilités, le vaincu rentre chez lui, seul. Ilva souffre mais s'en remet. Elle choisit deux soldats libérateurs avec qui fêter la victoire... Tous deux veulent l'épouser. Elle les joue à pile ou face. Le perdant, jaloux, tue son camarade de combat et épouse Ilva. Mais, très vite, le doute s'installe dans l'esprit de la jeune femme. Un doute qui l'amènera à tuer à son tour et à se retrouver devant une cour d'assises. Là, son avocat, brillant musicien à ses heures, la sauve. Il n'en faut pas plus pour qu'Ilva succombe à nouveau...

Lelouch dans ses oeuvres. Son 43ème film n'est pas pour moi le meilleur. La faute à ce trop simple survol de ses personnages. Hormis Ilva (Audrey Dana), les autres héros sont peu attractifs. Si bien que j'ai eu de la peine à saisir la motivation profonde de l'héroïne. Et puis, le film retrace une période trop longue (1930-1950) pour que l'intrigue soit passionnante de bout en bout. Ce que le metteur en scène avait admirablement réussi avec son "Itinéraire d'un enfant gâté", ici échoue en grande partie. Le film se révèle frustrant car naviguant sans cesse à quelques centimètres du sommet d'une vague qui aurait fait de lui une grande réussite. Néanmoins, "Ces amours-là" ne peuvent renier leur auteur. Elles sont admirablement bien filmées, par un homme dont on sent, pendant les deux heures de projection, qu'il aime le cinéma au-delà de tout...

Audrey Dana confirme ce qu'elle n'avait pas besoin de faire à mes yeux: qu'elle est sans doute, avec Mélanie Laurent, la valeur la plus sûre du box-office français. Remarquable confirmation d'une comédienne saisissante de justesse (regardez-là pleurer, elle en est bouleversante), que j'ai découverte dans "Roman de gare", pour moi le meilleur film de Lelouch. Autour d'elle, il y a surtout Dominique Pinon (dans un rôle trop court), son partenaire dans "Roman de gare", acteur exceptionnel et trop peu employé. Et puis, découvertes intéressantes, le chanteur Raphaël, très bon dans son premier rôle au cinéma, et Laurent Couson, qui joue l'avocat musicien et qui signe également la partition musicale du film....

Et puis, dans "Ces amours-là", l'avant-dernière séquence est un petit bijou à elle seule. Elle ne dure qu'une minute, ou moins, je n'ai pas calculé, c'était trop beau. Enchaînant sur le baiser du plan précédent (entre Ilva et son avocat) et Lelouch faisant dire au narrateur que c'est en saisissant ce baiser-là que tous ses films se sont enchaînés, on redécouvre alors quelques secondes de tous les grandes oeuvres, grands acteurs (Trintignant, Ventura, Brel, Denner, Villeret, Dutronc, Belmondo, Reggiani, Montand, Gérard, Chesnais, etc...), et grandes actrices (Anouk Aimée, Marlène Jobert, Evelyne Bouix, Michèle Morgan, Marie-Sophie L, Catherine Deneuve, Annie Girardot, etc...) ayant contribué à faire de Lelouch ce qu'il est réellement: l'un des plus grands cinéastes du monde...

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Dimanche 19 septembre

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Samedi 11 septembre

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Même le cinéma traditionnel est en train de crever...

Le programme du jour dans le plus grand complexe cinématographique de Genève. 13 salles dans lesquelles sont diffusés 23 films. 22 sont amerloques, 1 seul est français. 9 sont en version 3D (40%). 7 sont constitués d'images de synthèse ou ont un animal pour héros (31%). 7 sont des films fantastiques ou d'horreur (31%). La plupart des films sont interprétés par des inconnus ou sont des débilités attirant le public par simple racolage. Misant, par exemple, sur la belle gueule d'un Tom Cruise ou le beau cul d'une Cameron Diaz qui, tous deux, ne doivent leur carrière qu'à cet unique atout. Un film réussit même à réunir tout ce qui se fait (ou s'est fait) de pire dans le parcours d'un héros au Q.I de 26, pauvre hère abruti par le seul désir de tuer, se branlant en cachette à la seule vue d'un fusil mitrailleur ou d'un bazooka, et utilisant cet outil contre ses semblables dans une jouissance peuplés de cris de bêtes à l'agonie... Stallone, Schwarzie et Willis dans un seul film. Une brochette de débiles, tous héritiers de cette part génétique infecte, prétentieuse et dominatrice, qui ne disparaîtra, hélas, jamais du sang des hommes d'une nation américaine qui ne se rend pas compte à quel point elle est ridicule...

Le cinéma de bons acteurs et de bonnes actrices est en voie de disparition. Attirer le public dans une salle grâce à la seule réputation d'une star fait partie d'un temps révolu. Le 3D et l'image de synthèse tuent à petit feu le métier de comédien. Le fantastique, l'horreur et l'animation prennent, lentement mais sûrement, possession d'un terrain jadis dévolu aux policiers, aux comédies ou aux drames dans lesquels le spectateur pouvait se retrouver. Et les acteurs, complètement démunis, voient s'amenuiser de jour en jour la possibilité d'obtenir un grand rôle, le rôle de leur vie. Cette année, à ce jour, j'ai vu 17 films. 10 de moins que l'an dernier. Et je ne pense pas, au vu de ce qui va sortir ces prochaines semaines, que ma moyenne risque de remonter d'ici fin décembre... En évoquant ma retraite et l'envie de partir loin de ce monde de fous, souvent je me suis dit que le cinéma allait être une grande perte dans ma vie. Aujourd'hui, l'évidence de cette évolution cinématographique et l'affiche ci-dessous, auraient plutôt tendance à me dire que je partirai, bientôt, avec encore un regret en moins...

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Vendredi 10 septembre

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En vol, le massif du Mont-Rose, avec la Pointe Dufour, point culminant de la Suisse (4'634 m.)
Mardi 7 septembre

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En vol, le Cervin.
Lundi 6 septembre

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En vol, dans la région du Cervin.
Dimanche 5 septembre

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En vol, dans la région du Grand-Combin.
Samedi 4 septembre

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En vol, Mont-Blanc (à droite) et Aiguille du Géant (au centre).
Vendredi 3 septembre

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En vol, les Dents du Midi.
Jeudi 2 septembre

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Michèle...

Il y a cinq jours encore, j'évoquais cette année 1971, si importante dans ma vie. Importante, elle l'a été en raison de cette jeune fille qui, lors d'un pique-nique sur les verts pâturages des Franches-Montagnes, avait su, comme nulle autre, me confirmer que l'on est bien nulle part ailleurs que dans les bras d'une femme… Elle se prénommait Michèle, elle avait dix-neuf ans, j'en avais dix-sept, elle était brune et d'une beauté que j'ai toujours recherchée, que je cherche encore quarante ans plus tard. Je l'avais revue quelques fois, juste après la fin traumatisante de notre courte idylle. J'ai su qu'elle s'était mariée, peu de temps après, et que cette union n'avait pas duré. Et j'ai appris hier qu'elle s'en était allée pour toujours, il y a un mois, victime de cette saloperie de crabe...

Aujourd'hui, et même si son souvenir reste bien vivant dans ma mémoire et dans mon coeur, je suis bien triste. Parce qu'avec elle, partie si jeune encore, c'est un des plus beaux moments de ma vie toute entière qui s'en est allé…

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Mercredi 1er septembre

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