JUIN 2010


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La Belle et le Clochard

 

Sous le Pont de la Gare,
Elle avait, dans le noir,
Son manteau laissé choir.

Je me suis approché,
Sans jamais détacher
Mes yeux de son regard.

Fébrile, d'un geste lent,
J'ai pris le manteau blanc
Gisant à ses talons

Et, dans le vent léger,
L'ai mis sur ses épaules;
Elle n'a pas bougé!

Ses yeux, d'un bleu d'airain,
Avaient le poids du train
Me passant sur le corps;

Et je suis tombé, mort,
Vaincu du seul regard
Qu'elle eut à mon égard…

*

Ce récit n'est pas triste,
Vous diront à l'envi
Tous les plus grands artistes;
Car, jeune, mieux vaut mourir

Pour les yeux d'une belle,
Que de passer sa vie,
Sous le Pont des Soupirs,
A faire les poubelles…

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Mercredi 30 juin

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Coupe du Monde de foot (suite) - "Le Petit Rapporteur, la Mouche et le Nain de Jardin"...

Intrigué par l’entrevue annoncée entre Thierry Henry (à son retour d’Afrique du Sud) et le président de la Sarkozye, l’envie d’assister à la réunion m’a démangé dès la première heure. Je suis donc allé puiser une recette dans le "Petit-Albert", fameux grimoire de sorcellerie, afin de pouvoir me transformer en mouche. Recette absorbée (franchement dégueu !) me voilà réduit à la plus simple expression d’un insecte passant communément le temps à évoluer sur les merdes stagnantes de la planète, ce qui ne pourra que me servir dans la mission que je me suis fixée…

Pour aller jusqu’à Paris, faut du temps. Pas sûre d’y arriver entière (ben oui, c'est au féminin puisque je suis UNE mouche, désormais), je décide de m’enfiler dans le TGV de 16 heures 46. Trois heures et demie plus tard, je débarque à la gare de Lyon. Rejoindre le 8ème arrondissement en vol est assez aisé car je commence à bien connaître la capitale. Mais bon, vue par une mouche, elle est un peu différente. Néanmoins j’y arrive. Le palais de l’Elysée est devant moi. Une fenêtre du premier est ouverte et je m’y engouffre. L’entrevue du footballeur et du nain doit avoir lieu demain, ça me laisse le temps d’explorer le domaine et de prendre mes repères. Il est 21 heures 30 et, en passant devant une porte entrouverte, je suis attiré par une voix féminine…

- Miroir, petit miroir, dis-moi que je suis la plus belle… Ledit miroir dans une main et la guitare dans l’autre, des bigoudis plein le cône, en robe de chambre mauve à petites fleurs orange, en pantoufles de vair la meuf du nain semble répéter une nouvelle chanson. A moins qu’elle ne s’entraîne à jouer la comédie pour le prochain film du père Woody… Sur sa table de chevet, une bouteille de gnaule, aux trois-quarts vide, porte encore les traces, sur le goulot, de son rouge à lèvres…

Le lendemain matin…

C’est l’heure de l'entrevue. Henry est introduit dans le bureau du nain. Un gros bouquet d’iris, dans un vase, trône sur un petit guéridon Louis XV. Je me pose sur une des fleurs...

- Bonjour Mon Président.

- Bonjour. Ecoutez, Thierry Henry, avant toute chose, je tiens à vous dire que votre attitude et celle de toute l’équipe de France est proprement scandaleuse. La France est la risée du monde entier et cela est inacceptable, inacceptable, Thierry Henry, vous entendez ?! J’espère que vous avez des révélations intéressantes à me faire…

- Je comprends Mon Président. Je suis désolé Mon Président… Alors, si j’ai demandé à être reçu par vous, Mon Président, c’est justement pour vous expliquer les pourquoi du comment. Vous devez savoir que toute cette histoire, elle a été montée par Anelka et Evra. En fait, il se trouve que Anelka a eu une liaison avec Estelle Denis, avant qu’elle n’épouse le Raymond. Blessé et jaloux, Anelka, après avoir été largué par Estelle, a monté toute cette arnaque dès son retour dans l'équipe de France pour discréditer l'autre enc... euh, pardon Mon Président, pour se venger du coach. Et Nico, il a été aidé en cela par Patrice Evra, avec qui il est copain comme cochon…

- Vous vous foutez de moi là, Thierry Henry ?…

- Non, non, Mon Président, pas du tout, c'est la vérité vraie. La grève des joueurs, moi j’étais contre, Mon Président. Même qu’y m’ont forcé. Y z’ont forcé tout le monde. Y z’ont dit qu’on devait être solidaires après ce que la fédération elle avait fait à Anelka. Mais moi, j’voulais pas, Mon Président…

- Admettons. Vous étiez là lorsque Anelka a insulté l’entraîneur ? Que lui a-t-il dit au juste ?

- Il lui a dit « Sale fils de chienne de putain d’ta race d’enculé d’ta mère, ta meuf, je l’ai sautée bien avant toi, pauv’ naze ! », sauf vot’ respect Mon Président… Bon il a un peu exagéré, je trouve. Même si, en gros, c’est bien ça qu’il est, parce qu'il lui a piqué sa meuf à Nicolas…

A ce moment-là, un gros bourdon fait son entrée dans le bureau du Roi et vient se poser sur une fleur voisine de la mienne. Une grosse angoisse me saisit soudain… Il m’a vu ! Il tente de me sauter dessus, l’enfoiré de fils de pute ! Je me débine et l’évite, mais il me rattrape et m’enserre dans ses grosses pattes velues. Mais… J’en crois pas mon abdomen, il tente de m’enc…. l’enfoiré. C’est quoi c’palais ? Y z’ont tous les mêmes idées… J’arrive à m’arracher et je me barre à toute vitesse. Dans mon vol dans tous les sens, je passe devant la tronche et la bouche du nain. Putain les effluves! Y boit pas que du sirop de framboise, le nain de jardin, même à 9 plombes du mat! ! Le gros a de la peine à suivre derrière. Il est semé et, dégoûté, il ressort par la fenêtre, sans demander son reste, et se lance à la poursuite d'un hanneton…

Le délateur, très en verve, continue son rapport…

- Et pis, Mon Président, je profite de l’occasion que je suis par devant Vous pour vous dire que Madame Carlita…

- Qui ça ???…

- Euh, pardon Mon Président. Je voulais dire Madame votre Epouse, Mon Président. Elle a jamais rien fait avec Benjamin Biolay. Enfin, pas grand-chose quoi, peut-être juste toucher la kékette, rien de grave, et lui les nichons, vous voyez ?... Ben est un grand pote à moi. Et s’il avait fait ce qu’on a dit, je l’aurais su… Mais c’est que des mensonges, Mon Président…

- Bon, ça c’est une autre histoire. Pour en revenir à la mascarade d’Afrique du Sud, je vous remercie pour ces éclaircissements. Je vais voir, avec mes ministres, la Fédération et Laurent Blanc, ce qu’on peut faire…

- Merci Mon Président. En tous cas, si Laurent il a besoin de moi, je serai là, Mon Président, vous pouvez lui dire. Le maillot de l’équipe de France, c’est toujours quelque chose pour moi, Mon Président, ça m'fait rêver...

- On verra ça, on verra ça… Bien, au revoir Thierry Henry…

- Au revoir Mon Président. Je suis désolé pour tout le mal qu’on vous a fait, à vous et Madame Carl… euh, Madame votre Epouse. Nous ont sait que vous méritez pas ça. Et pis la France non plus. On regrette, Mon Président. Au revoir Mon Président…

Fin de l’entrevue. Plié en deux par les courbettes, Henry ressort du bureau en marche arrière. Protégeant l’extrémité de mon abdomen en volant de travers, dos aux murs, je m’extrais de cet endroit plutôt glauque. Mission accomplie, je fonce alors à toute allure vers la gare de Lyon pour choper le prochain train à destination de Genève. Arrivé chez moi, je prends une goutte de la potion inverse, trouvée dans le grimoire, et je redeviens moi-même… Pour ceux qui se demandent pourquoi je me suis transformé avant et après le voyage, et non pas sur place, c’est juste pour pas payer le billet de TGV. Eh, pas folle la mouche !…

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Lundi 28 juin

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Coupe du Monde de foot (suite) - On l'a dans l'os!...

Après la bastonnade libyenne, là où notre Rantanplan fédéral Hansruedi Merz (pour trouver plus con que lui, faut faire les fonds d'étables) et sa sinistre ministre des affaires étranges Cruella Ralmy-Key (coiffée depuis 30 ans par le même as de la tonte des moutons) se sont faits ridiculiser par le campeur ravagé de Tripoli "Mou-Amar Fadakhi-fait-chier-tout-l'monde" (de dieu si ça fouette sous sa tente à ses zigues), voilà que notre beau pays d'armaillis se colle le bottacul à l'envers (ouuuuh, ça ça fait mal!) et s'en prend ainsi une autre bien profonde! La NATI (NAtional Team of Idiots) s'est faite éjecter de la Coupe du Monde de foot! De dieu, de dieu, mais ça va l'chalet ou bien?... Pataugeant dans la fondue et emmêlés dans les fils du gruyère, ces taguenets à croix blanche (qui feraient pitié à la Croix-Rouge), rois de la retirette et vaillants défenseurs de l'attentisme, ont joué comme des lavettes, délaissant la grandeur au profit de la candeur et la fleur au fusil à celui de la plume dans l'cul...

N'ayant toujours pas compris comment y z'avaient battus les bouffeurs de zarzuela, voilà t'y pas qu'ils se révèlent incapables de foutre la raclée à une équipe de vulgaires cultivateurs de bananes naines. Ah, elle est belle l'Helvétie des "Y'en a point comme nous"! Eternel problème d'une nation parmi les plus restreintes du globe, qui passe son temps à attendre, à être neutre, à ne pas oser... La grandeur de la Suisse, sur le plan mondial, se mesure aux milliards dont, à longueur de carrière, les banquiers se remplissent les fouilles. Sur le plan sportif, à part une météorite nommée Federer, égarée entre trois cors des alpes, une vache mauve marquée Milka et douze joueurs de hornuss, les athlètes de cette contrée sont de frêles amateurs. Et c'est à ce juste niveau-là que vont se retrouver, dès demain, ces vingt-trois trouillards pourpres et penauds, couards trop habitués à baisser la tête et plier le genou dès que la difficulté surgit…

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Samedi 26 juin

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Dix raisons d'aimer la Normandie…

Je l'ai découverte en 2005. En une semaine, je l'ai parcourue du Pays de Caux jusqu'au Mont-Saint-Michel. Seine-Maritime, Calvados et Manche, pour un périple mémorable et émouvant, surtout du côté des plages du Débarquement. Région magnifique où l'omniprésence de la pluie est une légende qui a la dent (trop) dure, la Normandie est un des joyaux incontestables de ce beau pays qu'est la France. En cinq ans donc, j'y suis allé quatre fois. Les trois dernières vers le coin de Haute-Normandie qui, à mes yeux, est le plus charmant de tous: le rectangle Dieppe-Rouen-Honfleur-Etretat, principalement constitué du Pays de Caux et de la côte d'Albâtre...

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Jeudi 24 juin

1. Pont de Normandie. Le plus beau pont de France, qui enjambe l'estuaire de la Seine. Construit entre les communes de la Rivière-Saint-Sauveur et du Havre, il sépare le Calvados de la Seine-Maritime. Chaque fois que je l'aperçois, en arrivant, descendant de l'A13 vers Honfleur, j'éprouve un petit pincement au coeur, tant la majesté de cet ouvrage est saisissante...
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2. Le Port du Havre. L'un des trois plus grands ports d'Europe. A chaque voyage, je ne peux m'empêcher d'aller traîner, parfois durant plusieurs heures, dans les méandres de ce gigantesque complexe portuaire. Les cargos en partance, comme celui-ci, me font rêver tout éveillé. Je m'imagine à leur bord, partant à la découverte de l'Océan et des pays lointains. Un rêve de jeunesse jamais (ou pas encore) assouvi...
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3. Honfleur. Magnifique petite ville dans laquelle il fait si bon se promener. Les petits restaurants, tout autour du port de plaisance, servent toujours à assouvir ma passion pour les fruits de mer, et plus spécialement pour les moules, dont je fais une cure à chaque voyage dans cette région...
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4. Château de Cany-Barville. Les châteaux normands de ce style (Louis XIII - XVIIème siècle) sont assez nombreux en Normandie. Et celui-ci est un des plus beaux, cerné d'un petit plan d'eau sur lequel des dizaines de cygnes passent doucement le temps...
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5. Le Marais-Vernier. Réserve naturelle des Mannevilles, située entre Pont-Audemer et le Pont de Tancarville, ce coin de verdure est un petit paradis. Maisons traditionnelles normandes, aux toits de chaume, pelouses impeccables et rosiers en fleurs, donnent à cet endroit un charme inégalable. Immense coup de coeur de ce voyage-ci...
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6. Roseraie du Château du Mesnil Geoffroy. Situé sur la commune d'Ermenouville (tout près de Bourville, pays de qui vous savez...), le parc du château est agrémenté de deux roseraies exposant 2'500 rosiers de 2'000 espèces différentes. Se balader dans les méandres de cette splendeur est un ravissement plus encore pour l'odorat que pour la vue...
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7. Vallée de la Durdent. Au coeur du Pays de Caux, il est un petit fleuve calme et pittoresque, rejoignant la mer plus au nord, qui serpente dans la campagne. De nombreux moulins jalonnent son cours et les endroits paradisiaques, tels que celui-ci, sont légion. Ces quelques kilomètres de verdure, spécialement entre Héricourt-en-Caux et Cany-Barville, ont constitué le second coup de coeur de ce voyage...
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8. Plage et Falaise d'Amont - Etretat. Cliché classique de la station balnéaire normande mais plaisir toujours recommencé. Même si, comme ce jour-là, les rafales de vent frôlent les 100 km/h. Etretat est, dans cette Haute-Normandie, la ville côtière la plus belle et la plus romantique...
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9. Falaise d'Amont - Etretat. Si j'aime à ce point Etretat, c'est aussi en raison des oiseaux volant le long de ses falaises. Le Fulmar-boréal est l'un d'entre eux. Oiseau magnifique et peu courant (par rapport au Goéland argenté), il possède un bec complexe lui permettant de boire l'eau de mer et d'en extraire le sel (petit conduit au-dessus du bec). Je passe toujours des heures à l'observer en vol, lui qui se joue sans problème des fortes rafales de vent sévissant ce jour-là...
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10. Port de Saint-Valéry-en-Caux. A marée haute et balayé d'un vent violent, le spectacle est total et décoiffant! Ce petit port de pêche normand est un endroit que j'aime beaucoup. Là aussi, les restaurants sont nombreux et affichent tous une carte faisant la part belle à ces délicieux fruits de mer...
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Coupe du monde de foot (et politique)…

Premier objectif atteint! Mes nuits devraient être calmes jusqu'au 12 juillet… Pour en finir avec cette équipe de schtroumpfs et tout le ramdam qu'elle a occasionné, il faut bien dire que les joueurs et l'entraîneur ne sont pas les seuls à s'être couverts de ridicule. En voulant politiser l'affaire, le nain de jardin en chef et ses deux envoyées spéciales (Boselyne Rachelot et Maya Rade), en grosses pimbêches de service, n'ont pas fait grand chose pour laver l'honneur. Bien au contraire! Par leur attitude prétentieuse (pour la plus jeune, pas encore sèche derrière les oreilles) et leur lourdeur (pour l'autre, fine comme du gros sel), elles ont été les parfaites lèche-bottes d'un Gargamel sans envergure, lequel, en voulant se mêler de tout, risque d'éprouver un retour de manivelle des plus douloureux lorsque, en avril 2012, les Français lui jetteront son bilan à la figure…

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Mercredi 23 juin

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Coupe du monde de foot (suite)…

Si l'on considère que les joueurs de la Corée du Nord, après la seille ramassée hier contre le Portugal (0 à 7), sont désormais de potentiels traîtres à la Nation et tous passibles de dix ans de taule à leur retour chez Kim Il Machin-Truc, on peut raisonnablement penser que s'ils avaient eu le comportement d'une équipe bleue (une équipe ça? Une bande de petits peigne-culs, oui!) à l'esprit plus étroit que celui qui habite le coq qu'ils portent sur leurs poitrines vides, c'est bien le peloton d'exécution qui les aurait attendus à la rentrée sur le sol national. Comme quoi, le totalitarisme a encore de bons côtés...

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Mardi 22 juin

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En famille …

Nous étions 37, hier, pour un pique-nique en famille. Grands-parents, parents, frères et soeurs, belles-soeurs et beaux-frères, oncles, tantes, nièces, neveux, cousins et cousines, petits neveux et petites nièces, petites cousines et petits cousins, etc... Toutes et tous réunis pour la première fois et provenant d'un cercle de 250 kilomètres de diamètre situé entre la Suisse et la France. Une journée maussade sur le plan météo mais belle et enrichissante par les rencontres (il y avait bien des personnes que je voyais pour la première fois) et le partage d'un repas convivial et chaleureux. C'était sympa. J'ai beaucoup aimé. Même si, finalement, mes filles n'y étaient pas et que, très triste pour cette raison, j'ai hésité jusqu'à la dernière seconde avant de m'y rendre...

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Lundi 21 juin

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Coupe du monde de foot (suite)…

Entendu sur une radio périphérique:

La France demande pardon à l'Afrique! Car après avoir exhibé 16 ratés dans la ferme des célébrités, voilà qu'elle aligne 23 guignols sur un terrain de football...

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Dimanche 20 juin

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Les mains en l'air…

Dans la deuxième moitié du 21ème siècle, une dame âgée se souvient. Elle se rappelle de cette France d'il y a 58 ans, alors que, réfugiée tchétchène, ses parents l'avait confiée à une famille française pour éviter qu'elle ne connaisse le triste destin des sans papiers, condamnés à retourner chez eux. En 2009 donc, Milana est âgée de onze ans. Scolarisée dès son plus jeune âge, elle s'exprime parfaitement en français, langue d'un pays qu'elle a rejoint, en compagnie de sa mère et de ses cousins, il y a plusieurs années déjà. Mais, sous le règne d'un président (dont elle dit plus tard avoir oublié le nom), les renvois sont de plus en plus courants. Dans sa nouvelle famille, Cendrine, la maman, traite cette enfant, camarade de classe de son fils Blaise, comme sa propre fille. Et Blaise, pas insensible au charme de Milana, est ravi de l'accueillir sous son toit…

Dès lors, les bêtes considérations adultes (mises à part celles de Cendrine), vont faire place à la débrouillardise et au bon sens spontané des enfants. Milana est emmenée en vacances, en Bretagne, avec sa famille d'accueil. En compagnie de Blaise et d'Alice, l'adorable sœur cadette de ce dernier, la petite réfugiée va, pour quelques temps, oublier le triste quotidien de son sursis. Elle est heureuse. Et ce bonheur, si simple à nos yeux, la bouleverse et la rend bouleversante. Mais les vacances passent trop vite et il faut rentrer à la maison. Là, les rafles se poursuivent et les renvois s'intensifient. Pour y échapper, une voisine se jette du troisième étage de son immeuble. Les enfants sont atterrés et prennent peur. Ils décident alors de faire corps autour de Milana et, avec l'inconscience qui sied à leur âge, ils "disparaissent" en se retranchant, avec vivres et bagages, dans une cave connue d'eux seuls… Ils tiennent pendant quatre ou cinq jours, puis sont débusqués par la police. "Les mains en l'air", ils s'extraient alors de leur cachette…

Dans ce film engagé, Romain Goupil, le metteur en scène, prend parti pour les enfants réfugiés. Sa réalisation est truffée de moments émouvants, dans lesquels le naturel des enfants fait plaisir à voir. Tous ces gosses acteurs sont excellents et la petite Milana (Linda Doudaeva), autour de qui l'histoire a été construite, effectue là une prestation étonnante. Tantôt gaie, tantôt réservée, toujours juste et souvent émouvante, elle se révèle une icône parfaite de l'innocence enfantine face à la rigueur, la raideur imbécile et procédurière des adultes. Valéria Bruni-Tedeschi compose une Cendrine décidée et rebelle, parfaitement acquise à la cause de ces enfants et en parfait désaccord avec une politique qui la révolte. A la voir ainsi, on oublierait presque que, hors caméra, elle est bien la belle sœur de celui qui prône, aujourd'hui en France, cette politique inhumaine à bien des égards...

"Les mains en l'air" est un film superbe. Un long métrage qui, si besoin est, nous rappelle que les enfants, quoi qu'ils fassent, sont hors de portée de ce ridicule qui, s'il ne tue pas, foudroie tant d'hommes et de femmes se proclamant un jour si fiers d'avoir atteint l'âge adulte…

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Mardi 15 juin

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Quelques jours de congé...

Une petite semaine, pas plus. Après mon périple de 4'800 kilomètres en Pologne, la sagesse voudrait que je reste chez moi. Si ce n'est pour me reposer, au moins pour laisser souffler ma voiture… Mais l'air du large m'appelle. Un an que je n'ai pas vu la mer. Pour moi c'est énorme, c'est beaucoup trop. Alors je vais partir. Parce que l'Océan m'attire, oui, irrésistiblement, mais aussi parce que je ne supporte plus de demeurer trois jours chez moi, à ne rien faire. Dans les jours qui viennent, le sud devrait être sous la pluie. Le nord s'annonce ensoleillé. Alors, bagages et en route pour la Normandie. Depuis que je l'ai découverte, il y a cinq ans, j'ai de la peine à me passer d'elle, au point que j'y suis retourné trois fois. La région du Havre, Honfleur, le Pont-de-Normandie, le Pays de Caux et de Bourvil m'attirent. Et puis, ces couchers de soleil, magnifiques en cette saison, sur l'estuaire de la Seine, ces orangés flamboyants dans lesquels s'enfoncent avec langueur, les cargos pénétrant dans la Manche, ultime étape avant le grand large et les pays lointains… Etretat me fait rêver. Ses hautes falaises et les goélands marins, les fulmars boréaux et leurs vols saccadés, sont autant de merveilles auxquelles je ne puis résister très longtemps. C'est ici que, le 7 mai 1927 à 6 heures 48 du matin, Nungesser et Coli ont été aperçus pour la dernière fois à bord de leur Oiseau Blanc, en route vers une Amérique que, apparemment, ils n'ont jamais atteinte. Leur dernière vision de la France a eu pour cadre Etretat et la Normandie…

En ce qui me concerne, départ vers elle demain, pour quatre ou cinq jours. Je suis impatient de m'y trouver…

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Lundi 14 juin

Falaise d'Amont à Etretat. La chapelle, le point de passage de l'Oiseau Blanc et le monument qui lui est dédié.

Nungesser et Coli.

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Coupe du monde de foot…

Le grand carnaval va commencer. Le sport le plus pourri de la planète entre dès aujourd'hui en représentation. Les fans vont s'abreuver de foot et de bière pendant combien de temps déjà? Un mois?... Sauve qui peut! Les femmes et les enfants d'abord! Les premières parce que leurs hommes vont monopoliser la zapette, les seconds pour les préserver d'un spectacle qui ne leur servira en rien dans l'apprentissage de la vie...

A l'heure où les guignols entrent en scène, je n'ai qu'un seul souhait (divisé en deux parties):

- Que la Suisse et la France soient éliminées le plus tôt possible. Pour boucler le clapet de certains prétentieux et pour pourvoir dormir tard le soir et la nuit...

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Vendredi 11 juin

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Le rouge et le noir…

Sensible à la moindre brise, dans sa robe pourpre, douce et fripée, corolle de soie fragile frappée de lumière et de plein fouet par les derniers rayons d'un soleil à l'agonie, étamine et pistil d'un velours d'ébène, le coquelicot lentement se balance aux bords diffus de la forêt. Effaré qu'une rafale puisse, d'un coup, d'un seul, emporter ses pétales, je fais rempart de mon corps aux assauts du vent. Cette fleur est trop belle, trop féminine, malgré le genre de son nom et sa tige velue. Elle tangue doucement, entre les ocres du soir et le pastel des bleuets. Elle flanche et paraît s'affaisser, mais se relève aussitôt. Solide comme elle semble si peu l'être, forte comme une femme et bien plus qu'un homme, elle plie mais ne rompt pas. Diaprée des teintes de la passion, comment ne pas l'aimer? Dansant au gré des vents dans sa robe plissée, comment ne point l'adorer? Elle est plus belle encore qu'une rose aux aurores. Je l'aime passionnément et je me languis d'elle dès que juillet s'installe dans le cours des saisons. Sa vie est trop éphémère et je voudrais parcourir la terre pour, suivant sa progression saisonnière, ne vivre qu'aux mois qui sont les siens, ne vivre qu'en mai, ne vivre qu'en juin...

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Mercredi 9 juin




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Marie-Paule Belle...

On ne la voit ni ne l'entend plus guère. Pourtant elle a écrit et chanté de si belles choses. Comme cette chanson-ci, pour moi la plus réussie de toutes celles de son répertoire...
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Samedi 5 juin

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Philippe et Colette...

Après un mois de mai tout entier consacré à des choses graves, j'ai envie, pour bien débuter juin, de vous conter une très belle histoire d'amour. Elle unit mon ami Philippe (on se connaît depuis 15 ans) à Colette. Lorsqu'ils étaient adolescents, Philippe et Colette habitaient Grigny, dans la banlieue sud de Paris. Elle était amoureuse de lui, mais Philippe, de cinq ans son aîné, ne faisait pas trop attention à elle. Une liaison naquit néanmoins mais elle ne dura pas. C'était la fin des années soixante-dix et, après avoir accompli son service militaire, Philippe rencontre une Suissesse qu'il épouse. Mais sa femme s'ennuie de son pays natal et c'est ainsi que Philippe consent à la suivre et à prendre domicile en Helvétie. Malheureusement, la passion ne dure pas et peu d'années après, ils se séparent...

Philippe reste en Suisse et, quelques années plus tard, il rencontre celle qui deviendra sa deuxième femme. Comme lui elle est cavalière et leur passion commune les amène tout naturellement au mariage. En 1995, lors d'un voyage en avion privé, je fais la connaissance de Philippe. Tous deux passionnés d'aviation, nous nous rendons à un meeting d'avions historiques qui se tient à Duxford, non loin de Cambridge. C'est ainsi que naît notre amitié. Mais quelques années plus tard, l'entreprise dans laquelle il travaille (en Suisse toujours) doit fermer et il démissionne avant d'être licencié. Très habile de ses mains, il débute alors une formation de sellier et s'installe, à son compte, dans le Bugey tout proche. Mais les affaires ne marchent pas très fort et, ce qui n'arrange rien, sa vie amoureuse bat à nouveau de l'aile...

Colette, de son côté, a aussi construit sa vie. Elle s'est mariée, a mis deux filles au monde, mais la lassitude a eu également raison de son mariage et le divorce est survenu. Décidément, ces deux-là ne peuvent être heureux l'un sans l'autre. D'autant plus qu'elle n'a jamais pu oublier son premier amour. Internet ayant fait son apparition, avec son lot d'âneries mais aussi quelques petites choses fort utiles, Colette a un jour l'idée de taper le nom de Philippe sur un moteur de recherche. Philippe, en plus d'être très habile de ses mains, se sert aussi de sa tête, qu'il a bien remplie. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont deux d'entre eux font référence dans leur domaine respectif: "Les Messerschmitt 109 dans les Troupes d'Aviation suisses" et "Les chevaux de Napoléon". Comme il est le webmaster de sites web consacrés à ces deux sujets, Colette retrouve ainsi la trace de son amour de jeunesse, de l'homme auquel elle n'a jamais cessé de penser...

De son côté, désabusé par tant d'échecs, Philippe se remet gravement en question. La déprime s'installe et la dépression le guette. C'est alors qu'il reçoit un mail de Colette... Ils conviennent de se revoir, le font, éprouvent un coup de foudre, cette fois-ci parfaitement mutuel et des plus violents. Philippe saisit sa (dernière) chance. Il quitte sa femme (qui ne s'y oppose pas), son atelier de sellerie et le Bugey. Le reste de sa vie ne porte désormais plus qu'un prénom: celui de Colette!

Aujourd'hui, Colette et Philippe sont mariés. Lui a rejoint sa banlieue parisienne, qu'il avait quittée il y a si longtemps, pour vivre avec celle qui sera son dernier amour. Elle est sur un petit nuage, rayonnante et peut-être encore étonnée (comme lui, d'ailleurs) que le seul amour de sa vie lui ait été rendu. Leur histoire, si belle, a même ému Jean-Luc Delarue, qui les a invités à participer à l'une de ses émissions de télévision. Tous deux sont en train de se faire construire une maison. Un petit foyer dans lequel leur amour et leur passion pourront enfin s'épanouir. Cupidon les a rattrapés, leur a donné une nouvelle chance, trente ans après. Une chance qu'ils ont su saisir et qu'ils méritent. Je les ai vus tous les deux, il y a dix jours, non loin de leurs terres. Leur bonheur est des plus émouvants et ils font vraiment plaisir à voir...

Comme quoi, il ne faut JAMAIS désespérer...

Leur histoire en détail

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Mardi 1er juin

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