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30 décembre 2009
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Un
an de cinéma...
Comme
l'an dernier et en 2007, j'ai vu 37 films cette année.
Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à
13,15 points par film (13,03 en 2008). Voici donc mon palmarès
personnel de l'année écoulée:
Les
dix meilleurs
films:
1. Le ruban blanc, de Michael Haneke - 19 points
2. Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino - 18
2. Le hérisson, de Mona
Achache - 18
The Reader, de Stephen Daldry - 18
5. Whatever works, de Woody Allen - 17
6. L'enfer de Henri-Georges Clouzot, de Serge Bromberg - 16
5. Che - l'Argentin, de Steven
Soderbergh - 16
8. The curious case of Benjamin Button, de David Fincher - 15
8. Revolutionary Road, de Sam Mendes
- 15
8. Slumdog Millionaire, de Danny
Boyle - 15
Meilleur
réalisateur: Quentin Tarantino (Inglorious Basterds)
Meilleur scénario: Michael Haneke (Le ruban blanc)
Meilleur acteur: Christoph Waltz (Inglorious Basterds)
Meilleure actrice: Penélope Cruz (Etreintes brisées)
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24 décembre 2009
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23 décembre 2009
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Copenhague:
sommet du néant!
Une
fois de plus, la planète Terre a été humiliée.
Son bleu vire lentement au gris et tout le monde s'en tape.
Les espoirs d'avant-conférence se sont dissous comme
les centaines de milliers de tonnes de CO2 le font chaque jour
dans l'atmosphère (3'600 tonnes seulement pour l'armada
américaine dans son voyage au Danemark). Obama, en parfait
comédien, fait de belles promesses, sans lendemain, dissimulant
parfaitement la douleur que représente ses couilles tenues
dans l'étau du congrès yankee. Lorsque tous ces
gros cons de sénateurs, cigare au bec, gros 4x4 à
25 litres aux 100 et jet privé, membres du conseil d'administration
des lobbys pétroliers, auront enfin compris, il sera
trop tard… Le Texas, à lui tout seul, pollue plus
que l'Afrique toute entière. Les Ricains consomment le
quart de tout le pétrole produit dans le monde. Et à
quoi, concrètement, ces derniers s'engagent-ils dans
cette affaire? A rien! La prise de conscience, il la délèguent
à leurs enfants ou petits-enfants. Dans ce cas, je vous
le demande, pourquoi la Chine ou l'Inde s'engageraient-ils à
mettre un frein à leur croissance?… Les riches
veulent donner, annuellement, dix milliards de dollars aux pauvres?
Laissez-moi rire! Avec une telle somme, on mettrait un terme
à la famine dans le monde. Et si on ne les a pas donnés
pour sauver des enfants qui crèvent de faim, on veut
nous faire croire qu'on va les offrir pour préserver
la planète du réchauffement?...
Le
pire, c'est que ceux qui sont aux manettes, politiques prétentieux
et aveuglés par le pouvoir, au mépris des scientifiques
qui savent de quoi ils parlent, ont l'outrecuidance de prétendre
que ce sommet n'a pas été un échec. Ahurissant!
Sarkosy s'agite dans tous les sens et constate, impuissant,
que le leadership qu'il entendait mener n'a eu pour seule conséquence
que de bien faire marrer les autres "grands" de ce
monde… Hulot et YAB ont les bras qui touchent le sol,
Al Gore en perd l'usage de la parole, les militants de Greenpeace
fraient en eaux profondes avec un moral au niveau des Fosses
Mariannes, les écolos du monde entier sont verts de rage,
et moi je me demande si un cataclysme, une comète inconnue,
un raz-de-marée impromptu ou, pourquoi pas, une IIIème
guerre mondiale ne seraient pas la bonne solution, pour en finir
une bonne fois pour toutes… Avec trois milliards de morts
à la clé (aux premiers rangs desquels figureraient
bien sûr tous ces mégalos prétentieux qui
dirigent le monde) et une consommation divisée par deux,
peut-être que notre Pauvre Petite Planète retrouverait
le sourire et le bleu d'une atmosphère enfin soulagée
de toute cette pollution conjuguée que constituent le
CO2 et les innombrables trous du cul qui nous gouvernent…
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18 décembre 2009
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Sonia
et Miruna, ou la voix de deux inconnues…
Plus
souvent que chez moi, parfois j'écoute la radio dans
ma voiture. Fuyant les stations FM prétendues dans le
vent, je préfère les émissions qui sortent
de l'ordinaire. Le dimanche après-midi, sur la 1ère
chaîne de la Radio Suisse Romande (RSR), une femme m'attire
par le doux son de sa voix. Et le rendez-vous qu'elle me donne
sans le savoir, est un petit plaisir, le dessert de l'après-dîner.
Elle se nomme Sonia Zoran et son émission s'appelle "Comme
un soleil"… A 13 heures donc, il est temps de
partir sur les traces du personnage qu'elle va me faire découvrir.
Je ne me souviens pas de quand date notre premier rendez-vous.
Mais au fil des semaines de plusieurs mois, m'accrocher à
son sillage est presque devenu une nécessité.
Car tous ceux qu'elle suit et fait parler sont d'une richesse
incroyable, qu'il soit d'ici et horloger, qu'elle soit d'ailleurs
et vigneronne. Jamais encore je ne me suis ennuyé une
seule seconde en suivant ses pas. De sa voix à la fois
chaude et métallique (or), au débit d'un ruisseau
se prélassant au soleil, ni trop lent, ni trop rapide,
des ses questions pertinentes et de ses éclats de rires
qui, parfois, claquent sur l'onde invisible, elle comble le
temps qui passe et me régale à chaque instant.
J'ignore tout de son visage, de sa silhouette, de son âge.
J'ignore qui elle est, d'où elle vient et où elle
va. Seul compte le timbre de sa voix. Suivre Sonia Zoran, c'est
découvrir des femmes et des hommes à l'âme
admirable et au cœur grand comme ça! Mais c'est
aussi, tel un prisonnier consentant, se sentir lié, par
des cordes vocales, à un soleil, à une voix de
laquelle on ne parvient plus à se détacher…
Sur
le même registre, il y a aussi cette jeune femme venue
de sa natale Roumanie. Miruna Coca-Cozma est journaliste et
elle arrive en Suisse en 1999. En dix ans, elle perd presque
entièrement son accent roumain. Presque, heureusement.
Car ce qui lui en reste est absolument délicieux. Je
ne sais pas quelle(s) émission(s) elle anime car le site
web de la RSR est peux disert à ce sujet. Il m'arrive
parfois d'en capter une dans laquelle elle parle. Souvent, ce
sont des histoires extraordinaires, des contes modernes qu'elle
nous fait découvrir. D'une élocution parfaite,
avec cette voix d'une infinie féminité et aux
intonations venues d'ailleurs, elle me captive au point, parfois,
d'occulter un peu ce qu'elle raconte. Miruna Coca-Cozma rend
aux ondes radiophoniques, cette poésie perdue dans ces
stations FM diffusant, à longueur de journée,
des dialogues d'animateurs consternant de banalité et
les tubes souvent insupportables du moment…
Qu'elle
soit de Sonia ou de Miruna, j'aime profondément cette
radio intuitive, vivante et émouvante. Pas besoin d'image,
le lien entre l'animatrice et l'auditeur se fait par la seule
voix. Et lorsque cette voix émane de deux femmes aussi
douées dans la transmission de leur sensibilité
par les ondes, elle suffit à rendre la vie plus belle,
tout simplement…
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10 décembre 2009
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Le
Ruban Blanc...
Dans
le nord de l'Allemagne, il y a près d'un siècle,
une petite bourgade protestante, sans doute pareille à
mille autres, vit paisiblement, jusqu'au jour où des
événements très graves perturbent le cours
fluide de la vie. Le médecin du village, montant son
cheval, est victime d'une chute. Il est assez gravement blessé,
alors que son cheval doit être abattu. Constatation évidente,
les deux ne sont pas tombés sans raison. Ils ont été
victimes d'un attentat. Dans le bourg austère, on commence
à découvrir les personnages. Le baron donne du
travail à tout le monde. Le pasteur élève
sa progéniture dans une stricte rigueur, sans doute la
même dont faisait preuve son propre père... Le
docteur, après un séjour à l'hôpital,
rentre chez lui et montre son vrai visage. Quant aux enfants,
omniprésents et comme beaucoup, ils ne sont que des enfants
subissant le comportement des adultes. Quoique…
Michael
Haneke construit son film comme un thriller. Mais un thriller
qui n'ira pas jusqu'au dénouement. Chaque spectateur
devra construire le sien dans son esprit. Déroutant.
Déroutant mais juste et immensément interpellateur…
Le scénario est parfaitement ficelé, telle la
meilleure des intrigues. En noir et blanc, le cinéaste
fait une intrusion admirablement réussie dans le cercle
des familles et au coeur de leurs conflits. Dans cette Allemagne
de 1913, le rigorisme des adultes est ahurissant. Surtout celui
des hommes! Car celui des femmes, si elles en sont atteintes,
demeure étouffé par le poids de l'oppression maritale.
Peu de sourires dans cette œuvre majeure du cinéaste
autrichien, si ce n'est celui de l'instituteur craquant pour
une gentille et timide jeune fille que son père tient
en laisse. Les pasteur, intransigeant et rigide comme la colonne
Vendôme, exige que ses enfants l'appellent "Herr
Vater" et lui baisent la main, ceci sous le regard attendri
de la Muter… L'aîné dort avec les mains liées
au sommier de son lit, ceci pour réfréner les
aspirations naturelles, manuelles et légitimes d'un garçon
de quatorze ans. Le toubib est un pervers qui, veuf, soulage
ses pulsions sexuelles sur une gouvernante parfaitement soumise.
Pire et abject, sa propre fille, adorable adolescente s'occupant
avec amour de son petit frère, est contrainte également
d'en subir les conséquences…
Dans le village, les saisons avancent
et les incidents se multiplient. Deux autres enfants sont victimes
de traitements odieux. La police débarque et tente de
mener l'enquête. Une jeune fille est emmenée. Elle
sait visiblement quelque chose. Mais quoi? Le spectateur construit
sa propre théorie, cependant que l'instituteur arrive
à ses propres conclusions. Il en parle au pasteur qui,
outré, lui promet les pires déboires dans sa profession.
Mais 1914 arrive. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand
à Sarajevo, déclenche la Première Guerre
Mondiale. Et le film s'arrête là… Déroutant?
Pas tant que cela. Car ce qui s'annonce pour les années
à venir est tellement plus grave que ces "péripéties"
sans doute présentes dans bon nombre d'autres villages
du pays. La guerre deviendra le leitmotiv servant à faire
oublier toute ces saletés, ces comportement abjects,
tout ce manque flagrant d'humanité. Les enfants, victimes
ou bourreaux? Allez savoir… Ce qui est sûr, c'est
que leurs parents ne les ont pas préservés d'un
comportement qui, un quart de siècle plus tard, allait
peut-être inciter certains d'entre eux à s'engager
activement dans la Seconde Guerre Mondiale…
Le ruban blanc, que doivent porter les
enfants du pasteur, est là pour leur rappeler la distance
qui les sépare de la pureté qu'exige la religion
chrétienne. Ceux qui ne le portent plus sont donc conformes
à l'esprit chrétien et les adultes méprisables
du film en font partie. Belle leçon, belle morale, belle
preuve que la foi est purificatrice. Ca se passait en 1913,
il y a près d'un siècle. Mais aujourd'hui, qu'est-ce
qui, sur ce plan-là, a radicalement changé?…
Voyage
exemplaire et, ô combien, instructif dans ce labyrinthe
qu'est le nid de l'âme humaine, film magnifique, scénario
hors du commun, actrices et acteurs (pour la plupart inconnus)
éblouissants, image parfaitement traitée pour
marquer le poids des ans nous séparant de cette intrigue,
réalisation exemplaire, "Le Ruban Blanc" mérite
mille fois la Palme d'or qui lui a été décernée
à Cannes cette année. Une œuvre bouleversante
dans laquelle Michael Haneke ne vous sert pas tout sur un plateau.
La violence est souvent suggérée, les preuves
sujettes à caution, la conclusion aléatoire. Le
manque de certitudes concernant cette dernière, s'il
est quelque peu déroutant sur le moment, force la réflexion.
Et c'est bien connu, de celle-ci jaillit souvent la lumière…
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9 décembre 2009
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Minarers
et clochets: même combat!
Dix
jours après le vote qui fait jaser toute l'Europe et
fâche les pays musulmans, certains se demandent encore
comment cela a pu se produire dans un pays dit "d'accueil
et de tolérance"… Certains abrutis parlent
de faire recours à la cour européenne des droits
de l'homme, sous prétexte que ce vote viole les droits
fondamentaux. Merci d'y avoir pensé après…
Les derniers sondages avant la votation indiquaient 53% de non,
32% de oui et 15% d'indécis. Résultat, le oui
l'emporte avec 25% de voix supplémentaires par rapport
à la prévision. Cherchez l'erreur… Le manque
de franchise des sondés est très représentatif
de l'acceptation de l'initiative, finalement. "Je prétends
voter non, parce qu'il est bon de passer pour tolérant
et, derrière le rideau de l'isoloir je dis oui parce
que ces Musulmans n'ont rien à foutre chez nous. Et hop,
le bulletin dans l'urne! Ouf, l'honneur est sauf"…
Dimanche
dernier, la TSR diffuse un reportage consacré à
ce vote. La cible: le village de La Roche, dans le canton de Fribourg.
Cette commune (catholique) se targue, en Suisse romande, de la
plus nette acceptation de l'initiative anti-minarets. 73% des
citoyens ont voté oui! Les témoignages se succèdent.
La bêtise et l'ignorance sont bien plus flagrants que cette
peur de l'extrémisme musulman qui a, soi-disant, motivé
le peuple. Dans le bistrot du bled, devant un coup de blanc, cigare
au bec et jouant aux cartes (sport national des rupestres de ce
pays), la langue de l'autochtone se délie un peu et l'esprit
obtus devient plus apparent:
-
Si le bon dieu a mis les jaunes en Asie, les noirs en Afrique
et les blancs en Europe, y'a quand même bien une raison,
non? (silence…) Non, non, c'est pas du racisme…
- Y'en a d'autres de ces religions où y gueulent comme
ça depuis leurs tours (minarets)?…
- Les minarets, y z'ont rien à faire en Suisse, un point
c'est tout!...
- On a voté et ceux qui sont pas contents, y z'ont qu'à
s'en aller!…
- Non, non, j'ai rien contre les étrangers. Regardez ma
femme! (Philippine, donc catholique)...
Belle
ouverture d'esprit, belles démonstrations d'ignorance et
belle fidélité à sa propre religion. En fait,
tout le problème vient de là. Les régions
catholiques sont celles qui ont accepté le plus massivement
l'initiative. La peur de l'extrémisme musulman? Mon cul!
La simple peur que l'islam ait la moindre chance de gagner du
terrain, oui! Protégeons nos clochers! Protégeons
nos curés! Non aux minarets! Non aux imams! Le racisme,
partout dans le monde, est avant tout une question de religion,
bien plus qu'affaire de couleur de peau! Et cela demeure la chose
la plus ahurissante dans un 21ème siècle qui prouve
qu'une si longue histoire de l'humanité n'a servi à
rien, si ce n'est à asservir l'homme dans son adoration
imbécile de ceux qui le mènent au culte d'un dieu,
quel qu'il soit, qui ne fait vraiment pas grand chose pour le
rendre un peu plus intelligent…
Le
29 novembre dernier, je n'ai pas voté. Domicilié
en France, j'ai pourtant le droit de le faire. Mais pour avoir
oublié de renouveler mon inscription à la liste
des électeurs domiciliés à l'étranger,
comme je dois le faire tous les quatre ans, j'ai été
privé de ce droit auquel je tiens vraiment. Si j'avais
pu voter, j'aurais accepté l'initiative. Comme je l'aurais
fait si elle avait concerné les clochers... Parce que la
société laïque qui devrait être la nôtre
doit se débarrasser, non pas des croyants, mais de toute
forme ostentatoire relative à une secte d'adoration, qu'elle
soit musulmane, catholique ou autre! Aimez et priez votre dieu,
parlez avec lui si cela vous fait du bien, mais cessez de le considérer
comme seul et unique et, surtout, cessez de vouloir lui ériger
des autels aux pieds desquels ne règne que l'intolérance…
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4 décembre 2009
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L'Enfer
d'Henri-Georges Clouzot...
Cantal,
été 1964. Romy Schneider émerge d'une grosse
peine de coeur. Quelques semaines plus tôt, Delon la quitte
pour se jeter dans les bras de Nathalie et pour lui faire un enfant.
Romy fait front et mise tout sur sa carrière. Elle a 26
ans et le grand Clouzot lui fait signe. "L'Enfer" est
l'histoire de Marcel, un homme banal, marié à Odette,
une très belle femme, beaucoup plus jeune que lui. D'une
jalousie maladive, Marcel va, dans un lent processus, sombrer
dans la folie. Serge Reggiani et Romy Schneider se croisent ainsi
pour la première fois sur un plateau de cinéma.
L'action se déroule au pied du superbe viaduc de Garabit,
au sud de Saint-Flour, dans le Cantal. Après plusieurs
mois d'essais divers tournés dans les studios de Billancourt,
l'équipe prend possession du Garabit Hôtel, rebaptisé
pour la circonstance, Hôtel du Lac. Même si le titre
du film est évocateur, personne ne se doute encore que
le tournage se résumera à cela… Le très
exigeant Clouzot, metteur en scène génial, veut
entreprendre le chef d'œuvre de sa vie. Mais son perfectionnisme
se retourne contre lui. Il décourage toute l'équipe
et, après quinze jours de tournage, Reggiani claque la
porte et s'en va. Clouzot accuse le coup et engage Trintignant,
qui se déplace mais repart presque aussitôt. Après
une semaine de galère et d'errements, le réalisateur
est victime d'un infarctus. Il survit mais le film est mort-né…
Plus de 40 ans après, Serge Bromberg parvient à
décider Inès Clouzot, la seconde femme et veuve
du metteur en scène, de lui céder les droits des
185 bobines ayant été tournées par son défunt
époux, décédé en 1977. Dans ce lot,
la grande majorité ne se résume qu'à des
essais. Plus de son, que des images. Mais quelles images…
Romy
Schneider y est magnifique. Totalement sous l'emprise de son metteur
en scène (comme toujours), elle va jusqu'au bout de son
(court) délire. Certaines scènes sont osées
(pour l'époque) mais Clouzot filme sa muse à la
perfection. En noir-blanc ou en couleur, la délicieuse
actrice révèle une beauté époustouflante
et fait ainsi un pied de nez gigantesque (si, si!) à l'image
façonnée par les mièvreries cul-cul la praline
d'une impératrice austro-hongroise. Romy est sublime et
nous incite presque à comprendre la jalousie de son mari.
Pas en reste quant à son image, à 42 ans et au faîte
de sa gloire cinématographique (juste avant de basculer
dans la chanson avec le succès que l'on sait), Reggiani
impose le respect et donne un aperçu (hélas muet)
de son phénoménal talent d'acteur. Ces deux-là,
j'en suis certain, auraient eu tout à gagner d'inscrire
leurs noms au générique d'un film constellé
de belles promesses. Les quelques bobines du tournage proprement
dit sont peu nombreuses mais le peu qu'on en voit ne peut que
nous faire regretter que ce film ne soit pas allé à
son terme… Pour la petite histoire (non contenue dans le
film), Serge et Romy noueront une courte idylle lors de cet été
de 1964. Mais cela ne durera pas et Serge retournera auprès
de sa femme Annie Noël, alors que Romy rencontrera et épousera
Harry Meyen.
En
quittant la salle, j'éprouve un sentiment bizarre. Ce viaduc
de Garabit, construit par les ateliers Eiffel, je le connais.
L'hôtel dans lequel l'action a été tournée,
j'y ai séjourné (sans le savoir) en 2006, lorsque
j'étais parti sur les traces de "La Grande Vadrouille".
Ce lac artificiel, sur lequel Romy fait du ski nautique, se prolonge
jusqu'au château d'Alleuze et jusqu'au barrage de Grandval,
hauts lieux du tournage de ce classique de Gérard Oury,
deux ans après "L'Enfer". Reggiani, Romy Schneider,
Clouzot, Bourvil, Oury, tous ont quitté ce monde et tous
font partie de mon panthéon personnel du 7ème Art.
Alors que des images les réunissent tous dans mon esprit,
par une séance de cinéma des plus émouvantes,
ne fait que raviver en moi la constatation que le temps où
tout ce petit monde vivait encore, s'éloigne de plus en
plus. Raison de plus pour inscrire ce film parmi les plus beaux
de l'année… |
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3
décembre 2009 |
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Paddy
Reilly, grand interprète du folklore irlandais,
dans une excellente version de "Deportee", chanson du
mythique Woody Guthrie...
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2
décembre 2009
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Le
(juste) procès d'un bourreau...
Le
procès d'Ivan (John) Demjanjuk crée la polémique.
Doit-on juger un homme de 89 ans pour des crimes commis il y plus
de deux tiers de siècle? Dans sa chaise roulante ou affalé
sur une civière, le vieillard semble vouloir attirer sur
lui la compassion ou la mansuétude. C'est trop vite oublier
les atrocités qu'ils a commises et pour lesquelles la prescription
ne peut, ne doit pas être appliquée. Ils étaient
nombreux les gardiens ukrainiens des camps d'extermination. Détestant
et étant détestés par les Russes, beaucoup
ont profité de la guerre pour se rallier à l'Allemagne
nazie. Peu enclins à combattre aux côtés de
leurs "ennemis" russes lors de l'attaque allemande de
juin 1941, ils ont été des prisonniers très
coopératifs de la Wermacht lors de la campagne de Russie.
Et ils furent tout désignés pour devenir les complices
des SS dans les camps polonais de Sobibor, Belzec, Majdanek, Chelmno,
Treblinka et Auschwitz. Il est assez ahurissant de constater à
quel point les nazis furent en nombre restreint dans tous ces
camps de l'horreur. Ils étaient aux postes clés
certes, procédaient aux sélections pour les chambres
à gaz, mais le "travail" d'extermination lui-même
ne leur incombait pas. Ce sont des prisonniers tels que Demjanjuk
qui se trouvaient aux commandes. Certains se demanderont alors:
avaient-ils le choix? S'ils n'obéissaient pas, c'est la
mort qui leur était réservée. C'est un fait.
Mais il est prouvé que Demjanjuk n'était pas un
collaborateur réticent. Le zèle dont il fit preuve
pour mener à bien sa triste tâche demeure aujourd'hui
la seule raison pour laquelle ce type doit être jugé
et, j'espère, condamné à finir ses jours
en prison. Lui pardonner, vu son âge avancé, serait
une insulte envers les ultimes survivants des camps présents
au procès de Munich, lesquels espèrent que l'un
des derniers criminels de guerre nazis n'échappe pas à
une condamnation synonyme de ce très juste devoir de mémoire
auquel ils ont tous droit…
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