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28 Novembre 2009
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Une religion de honte…

L'église* irlandaise vient d'exprimer ses excuses, son chagrin et sa honte, suite à la publication d'un rapport dévoilant les atrocités sexuelles commises par 46 curés du pays, entre 1975 et 2004. Cette affaire a été rendue publique il y a plusieurs mois déjà et, enfin, l'archevêque de Dublin fait amende honorable… Ouf! Le peuple est soulagé. Et après? Les excuses suffisent-elles? Pour beaucoup de cathos, oui! "Avoue tes péchés et ils te seront pardonnés", ai-je appris au catéchisme… Un peu facile, tout de même. Il faut maintenant que l'église donne des noms et que la justice entre en action. Car les pourritures qui ont traumatisé ainsi des centaines d'enfants doivent payer! Le pardon de leur dieu n'a aucune valeur! Ils se sont réfugiés derrière leur statut, ont profité du port de leurs robes noires pour éloigner les soupçons, ont souillés tant de pauvres enfants qui, tous, ont droit à une justice que l'on dit être la même pour tout le monde...

Les violeurs en soutane doivent, dès aujourd'hui, ne plus passer une seule nuit tranquille. La traque doit les faire sortir de leur tanière. Cette racaille doit être mise à l'ombre à tout prix. Et au diable la réputation d'une église qui, par sa complicité abjecte dans cette affaire, n'avait pas besoin de cela pour souiller davantage encore son blason! Le catholicisme est la pire de toutes les religions! Elle me dégoûte et ceux qui la dirigent ne m'inspirent que le mépris! A l'heure où mon pays va devoir voter pour ou contre les minarets islamiques, je demande à ce qu'un scrutin fasse de même pour ce qui concerne les clochers catholiques. Cette religion prône l'intolérance et l'hypocrisie. Elle est hautaine et méprisante et, nom de dieu, il n'est plus pensable que ces milliers de cloches résonnant dans les campagnes, le dimanche matin, soient le point sonore de ralliement vers de sombres sacristies dans lesquelles sévissent beaucoup trop d'ensoutanés dissimulant, sous leurs habits de honte, autant de bites avides de juvénile chair fraîche…

* Je lui refuse le E majuscule!

 
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26 Novembre 2009
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Les angoisses d'un père...

Combien de pères se lamentent-ils de voir leur fille enlevée par un jeune blanc-bec programmé pour lui faire du mal? Lorsque le temps des premières amours arrive, ces pères-là, j'imagine, doivent être nombreux. Avant-hier, j'ai fait la connaissance de celui qui monopolise les pensées de ma fille. Un jeune qui vient de fêter ses vingt ans et qui semble très amoureux d'elle. Pas blanc-bec pour deux sous, il m'est apparu même très sympathique. En les amenant tous deux chez moi pour un premier repas ensemble, sans les surveiller le moins du monde, je distinguais leurs effusions à l'arrière de la voiture. Et j'en étais tout ému… Je n'ai rien en moi d'un père castrateur et je ne souhaite que le bonheur de mes filles. Et si celui de Céline est entre les mains de Michaël, qu'il en soit ainsi! A lui, je ne demande rien d'autre qu'être gentil et prévenant envers elle. Idem pour elle qui m'attendrit tellement lorsque je vois l'éclat magnifique jaillir de ses yeux lorsqu'elle me parle de lui. Mais elle est si jeune… Les peines de cœur sont des drames dont elle ignore tout et, secrètement, et même s'il m'a fait excellente impression, je prie le ciel pour que cette passion dure et soit réciproque. Car, la voyant ainsi, je crains un peu que si, par malheur, il venait à vouloir se séparer d'elle, elle ne le prenne mal et, par désespoir et inexpérience, cela la mène dans des travers que beaucoup de jeunes connaissent suite à un échec amoureux. Que puis-je faire pour la conseiller? Rien, sans doute. Mes mises en garde risquent de passer totalement à côté des certitudes de son âge et de sa jeunesse, tant celle-ci prennent de la place dans sa tête et son cœur…

Hier encore, je la voyais prendre ma main lorsque nous marchions ensemble. Elle était si petite, si fragile. Aujourd'hui, elle tient la main d'un garçon de son âge. Elle est grande, quasiment adulte mais, en père l'aimant encore comme au premier de ses jours, je ne suis pas sûr que sa fragilité ait évolué au point de la préserver d'un coup du sort qui se produit, n'importe où dans le monde, à chaque seconde que la grande pendule aligne, jour après jour, dans l'inlassable course du temps…

 
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24 Novembre 2009
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La mort du plaqueminier...


Parviendrai-je un jour à oublier cette date. A l'effacer d'une mémoire qui parfois, pourtant, me fait des infidélités? Inlassablement, elle revient, chaque année, chaque automne, et le plaqueminier du verger de la villa d'en face, comme moi, s'en souvient aussi, je le sais. Mais ce dernier va bientôt mourir. Déjà ses fruits sont à terre, faisant le délice des moineaux et autres étourneaux. Ses feuilles aussi sont mortes, depuis plusieurs jours. Le tronc suivra lorsque le bûcheron, d'un long coup de tronçonneuse, lui déchirera l'écorce jusqu'au plus profond de ses entrailles. Plus de kakis pour lui et, pour moi, plus de souvenir concret d'un soir où elle était passée de l'autre côté de la clôture pour aller cueillir deux de ces fruits, plus répandus dans son pays de soleil... Le verger va perdre tous ses arbres! Le gazon sera remplacé par du béton ou de l'asphalte. Place à l'urbanisation, ici aussi... Ce coin de terre qu'on aménage, c'est une prairie que l'on assassine. Et je suis triste pour elle, je suis triste pour l'arbre aux plaquemines. Et je suis triste que, si elle revenait un jour, elle s'aperçoive que le temps écoulé a bien changé les choses tout alentour. Mais dans ce cas, puisse-t-elle se rendre compte que, moi aussi, j'ai beaucoup changé...

Bon Anniversaire Celia.

 
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23 Novembre 2009
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La petite Sirène...

Au coeur de la vallée, entre les monts escarpés, échouée dans le fond bleuté d'une eau cristalline, elle demeure immobile. A genoux sur le sable, le visage et les yeux tendus vers la lumière, poings serrés le long du corps, elle semble chercher de l'air. Tout autour de la pierre, dans laquelle fut sculpté son corps, les truites vont et viennent, dans un décor où se fondent les bleus les plus purs, rehaussés des touches diaprées d'une forêt d'automne aux reflets flamboyants. Vision surnaturelle et insoupçonnée, incroyable pureté de ses eaux, le Blausee (Lac Bleu) est une oasis de beauté, vivifiante et apaisante à la fois, dans la vallée de Kandersteg, au centre des Alpes bernoises...
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22 Novembre 2009
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Sens de valeurs, ou les états d'âme de Dechavanne...

Voilà une analyse tout à fait pertinente. Le problème, c'est qu'elle émane de lui. Que doit-il dire à ses enfants? Que ce sens des valeurs qui, remarque-t-il justement, se fait la malle, il en est un petit peu responsable. Ceci en servant une chaîne de télé qui bafoue la décence tout en lui sculptant des couilles en or. En travaillant le téléspectateur à l'esprit jusqu'à le rendre idiot, en présentant des émissions de merde dans lesquelles la culture a perdu ses quatre dernières lettres, en diffusant des séries où le crime, le viol, le meurtre constituent la nourriture quasi quotidienne de l'accro à ses programmes, TF1, cette immense entreprise française cotée en bourse, porte une responsabilité non négligeable dans la perte de ce sens des valeurs. Et que Dechavanne s'en offusque me fait doucement rigoler. Avant de donner des leçons et faire la morale à tout le monde, y ferait mieux de sonder sa conscience, le paltoquet de la Une!

Il se demande dans quel pays il habite? Mais en France et nulle par ailleurs! Dans ce pays qui a perdu, en l'espace de 25 ans, six points (alors que l'Allemagne en a gagné sept) dans le relevé de son Q.I. moyen. Mais tout cela est normal! Comment peut-il en être autrement lorsque la soirée télévisée d'un téléspectateur lambda de l'une (ou l'autre) chaîne privée, se résume à un tel ramassis de conneries? Il rentre du boulot, se coltine la roue de la fortune, là où sévit la grosse tache dont il est question ici et où une blonde, nunuche et suédoise de préférence, l'appâte avec ses nichons synthétiques. Ensuite et après avoir bouffé sa soupe en se faisant chier devant un journal télévisé auquel il ne comprend rien, il zape et passe à la concurrence, histoire de baver devant quelques grosses connes de ménagères, amerloques et désespérées. Et, pour finir en beauté, il revient sur Téèfun, où de parfaits spécimens de demeuré(e)s se défoncent, sur une île déserte, dans des aventures consternantes de bêtise...

Et après cela on s'étonne que les valeurs traditionnelles soient bafouées. Et on s'offusque de ce que le pays soit tombé si bas. Franchement, si ces wagons et ces trains entiers de coups de pied au cul ne se perdaient pas, j'en connais qui ne pourraient plus s'asseoir avant longtemps...

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17 Novembre 2009
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2012, ou quand les Chinois sauvèrent le monde...

Et si les Mayas avaient vu juste? Le réchauffement de la planète s'accentue, les éruptions solaires également, le noyau terrestre atteint de telles températures que c'est la croûte tout entière qui chauffe à en devenir instable. 2012. Le Parc de Yellowstone devient un immense volcan. La terre se fend, des vallées sans fond se forment, les tremblements de terre détruisent la Californie. L'Amérique est aux abois. Mais où est et que fait donc Bruce Willis? Rassurez-vous, pas besoin de lui! Les dirigeants des pays "civilisées" ont tout prévu. Ici et ailleurs dans le monde, ils embarquent dans leur Air Force One, en compagnie de leur élite intellectuelle et friquée. Le reste, le bas peuple reste en bas! Un écrivain raté est par hasard mis au parfum avant la cata. Il met au point son évasion, en compagnie de ses enfants, de son ex-femme et du nouveau copain de celle-ci. Ce dernier sait piloter. Enfin, il a pris trois cours sur un petit monomoteur. Mais aux States, cet état supérieur, trois cours, cela suffit pour mener parfaitement un bimoteur. Et c'est parti. La dextérité du pilote est époustouflante. Il se joue de toutes les failles d'une piste de décollage en train de s'effondrer, évite avec la maestria d'un James Bond toutes les tours, tout autour de son Cessna 340, qui s'écroulent et il parvient à rejoindre des cieux plus cléments. Bravo, bien joué!…

En bas, au moment de monter dans son 747, le président US renonce. Il veut rester dans sa blanche maison. Il veut prévenir le peuple. Il le fait. Il sort, aide et réconforte les victimes du séisme. Mais la côte est du pays s'enfonce dans l'océan et le tsunami consécutif à cette horreur atteint la capitale amerloque. Symbole ultime et ahurissant, l'USS John Kennedy, vidé de ses avions, s'écrase soudain sur la Maison Blanche. Aïe. Ca fait mal. Le président est mort. C'était un héros… Pendant ce temps, nos autres héros, dans leur petit coucou, sont à cours de jus. Ils posent à Las Vegas et, grâce à un Russe milliardaire, se font embarquer dans un Antonov 225 (rien que ça!) traînant par là. Mais le monstre aux six réacteurs ne peut se contenter d'un seul pilote. Alors, le copain de l'ex du héros, avec ses trois leçons sur monomoteur, devient copilote du plus gros avion du monde. Y sont forts ces Ricains! Destination Hawaï. Hélas pour eux, les îles étant en feu, pas de ravitaillement possible. Ils doivent renoncer et continuer. Mais la panne sèche les guette et déjà le monstre ne vole plus que sur deux moteurs. Atteindront-ils le Japon? Suspens… On pense que non. C'était sans compter sur la situation d'en bas. La dérive des continents a commencé et la Chine, en quelques heures (y sont forts ces Chinois!), s'est rapprochée de plusieurs milliers de kilomètres des Etats-Unis. Inespéré! Voilà donc notre Antonov qui se retrouve au-dessus de l'Himalaya et qui pose sur un glacier. Quels as ces pilotes! James Bond à côté? Un minet de salon!

Les Chinois, malgré leur prétendu retard, sont toujours en avance d'une idée sur tout le monde. En trois ans (depuis les premiers signes de l'apocalypse), ils ont construit des arches. Malins les Chintoques! D'immenses arches en acier, insubmersibles, arrimées aux contreforts de l'Everest dans l'attente du tsunami ultime. Il y en a là plusieurs, réservées pour et dans lesquelles vont monter les passagers de tous les Air Force One affrétés pour la circonstance. On trouve donc, en plus de la Chine, pays hôte et salvateur, les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, L'Italie, le Japon, la Russie. Bref, un parfait G8 ou presque! Le reste du monde n'a pas été invité et, de toutes façons, on peut pas sauver tout le monde, hein… Nos héros, descendus de leur Antonov qui, par miracle s'est posé à proximité des arches, parviennent, après quelques péripéties sans intérêt, à embarquer dans celle des Yankees. Ouf! On respire pour eux. Le Grand Tsunami arrive et les arches résistent malgré quelques tracas de dernière minute. Un mois plus tard, alors que les éléments se sont calmés et ont dû (mais c'est un détail) faire plus de six milliards et demi de morts et détruire tout ce qui faisait que l'homme trouve à se nourrir sur la Terre, on retrouve les vaisseaux voguant paisiblement sur un océan calme. Tout le monde est heureux à bord et sourit à la vie. Le copain de l'ex-femme du héros ayant été, par un fâcheux concours de circonstances, perdu en route, ces deux derniers se réconcilient, sous l'œil ému de leurs enfants (snif, c'est trop beau). La vie est belle et on navigue sur un océan de bonheur… Fin, générique!

Scénario puéril pour ne pas dire grotesque, réalisation banale, acteurs à l'avenant, Roland Emmerich, le metteur en scène allemand, malgré des effets spéciaux plutôt réussis, n'atteint pas la moyenne. On quitte la salle avec l'impression que les films catastrophes, décidément, ne sont faits que pour plaire à un public d'ados boutonneux en mal de la toute dernière Play Station…

 
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13 Novembre 2009
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Lorsque Anne Parillaud boutait le feu à Delon...

Pour une fois que je m'étais collé à la boîte à inepties, je n'ai pas été déçu… La TSR rediffusait, ce soir-là, "Pour la peau d'un flic". De et avec Alain Delon. Bientôt trente ans ce polar, et son réalisateur vient d'en fêter 74. Ca ne rajeunit personne. Surtout pas moi qui, en 1981, constatait que la petite adolescente du mythique "Hôtel de la Plage" était devenue, quatre ans plus tard, une belle jeune femme de 21 ans, allumant Delon comme Romy dans ses plus beaux jours. Film ringard que ce flic à la peau burinée? Sans doute pour notre belle jeunesse! Mais pour qui le verbe vibrer se conjugue aux temps passés, ces deux heures de bobines, issues du début du règne de Mitterrand, ont constitué une délicieuse cure de jouvence. Comme scénario, on fait bien pire aujourd'hui. Comme actrices, j'ai l'impression que certaines jeunes pimbêches n'ont jamais autant couché qu'à ce jour pour se payer une ébauche de carrière qui se terminera forcément dans la drogue ou chez le psy, voire dans des séries Z tournées pour TF1… Dans ce film de Delon (le seul qu'il ait réalisé lui-même?) il y avait aussi la musique! Une B.O. magnifique avec un Oscar Benton, sorti d'on sait où, pleurant son Bensonhurst Blues à vous nouer les tripes et serrer la gorge; et avec un Neil Diamond au sommet se sa gloire et de son art (tiens, qu'est-il devenu, lui?)… Delon était bon. Enfin pas trop mauvais, fidèle à lui même… Et Michel Auclair se révélait parfait, comme il l'a toujours été dans chacun de ses films. Quant à la petite Anne Parillaud, son talent n'avait pas encore vraiment éclaté, mais dans une scène où l'autre, on pouvait déjà entrevoir ce qu'elle allait donner (et ce qui fit pleurer son homme comme un gosse lors de l'attribution du César de la meilleure actrice), quelques années plus tard dans "Nikita". Voilà une comédienne qui se fait bien rare sur les écrans. Et je le déplore car ce petit bout de femme, frêle comme une feuille au vent d'automne, possède le talent des grandes interprètes, des grands rôles que certaines s'approprient à sa place alors qu'elles n'ont en elle, pas la moindre parcelle de talent. Pour vous convaincre de cette dernière constatation, allez voir la vedette d'un film qui vient de sortir et dans lequel, en parfaite poufe de service, elle se pavane avec son petit "trésor" de toutou...
 
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8 Novembre 2009
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Joseph et sa petite fille...


Ce devait être en 1964... Sans doute après un pique-nique en famille, mon grand-père était allé faire la sieste dans notre voiture, une Ford Zephyr bleu ciel. Dans ses bras, ma petite soeur Nanou, âgée d'un an environ
. Photo saisie sur le vif par je ne sais qui... Ce magnifique cliché, même s'il peut paraître banal, me parle pourtant beaucoup. Car Joseph, mon grand-père paternel, avait la réputation d'avoir été très dur dans l'éducation de ses enfants. Comme notre père avec les siens... Alors, de voir cet instantané de tendresse familiale représente pour moi quelque chose de très étonnant, voire même d'insolite, de réconfortant...
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2 Novembre 2009
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Mon oncle...

Il était, paraît-il, plutôt dur avec ses enfants. Etant du même âge qu'eux, je ne m'en suis jamais rendu compte. Moi, j'avais l'impression qu'il m'aimait bien. Tout gosse, j'étais parti en camion avec lui. Pour livrer de la paille, ou du foin, dans une ferme isolée. Cherchant le bon chemin, il avait abandonné son bahut, avec moi dedans, juste le temps d'aller demander au fermier si c'était bien là que nous étions attendus. La voie d'accès était étroite et les roues d'un côté du camion empiétaient fortement sur le talus. En revenant vers moi, il m'avait trouvé en pleurs car, fortement incliné, je pensais que le camion allait se renverser. Je devais avoir cinq ou six ans... En 1967, c'est dans sa voiture que j'avais fait tout le voyage vers l'Italie. Avec sa fille, ma cousine Michèle. Dix jours de vacances que je n'ai jamais oubliées. Six ans plus tard, nous travaillions ensemble. Comme lui, j'étais devenu chauffeur de poids lourd. Et je ne saurais faire le compte des soirées qu'on a passées ensemble, le vendredi, après que la semaine de travail soit arrivée à son terme. Dans le bistro de Thielle, tout près du chantier de l'autoroute, il m'a appris à jouer aux cartes. Il y avait là une sacrée équipe de "noceurs" et j'étais émerveillé qu'ils m'acceptent parmi eux. Pour le jeune homme timide que j'étais, ce fut une période riche dans l'apprentissage de la vie... Et puis, je suis parti à Genève. Et l'on s'est un peu perdu de vue... Victime d'un problème de santé il y a une dizaine d'années, il avait cessé toute absorption d'alcool et de fumée. Les séquelles l'avaient rendu doux comme un agneau et gai comme un pinson. Il vivait dés lors dans son petit monde à lui, en contraste absolu et étonnant avec sa vie d'antan. Oncle Gérard est parti avant-hier matin vers d'autres contrées, sur d'autres chemins que je le vois déjà arpenter de sa démarche caractéristique, petite mais solide silhouette d'un homme de ma famille que j'aimais beaucoup...
 
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