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Novembre 2009 |
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Une
religion de honte…
L'église*
irlandaise vient d'exprimer ses excuses, son chagrin et sa honte,
suite à la publication d'un rapport dévoilant les
atrocités sexuelles commises par 46 curés du pays,
entre 1975 et 2004. Cette affaire a été rendue publique
il y a plusieurs mois déjà et, enfin, l'archevêque
de Dublin fait amende honorable… Ouf! Le peuple est soulagé.
Et après? Les excuses suffisent-elles? Pour beaucoup de
cathos, oui! "Avoue tes péchés et ils te seront
pardonnés", ai-je appris au catéchisme…
Un peu facile, tout de même. Il faut maintenant que l'église
donne des noms et que la justice entre en action. Car les pourritures
qui ont traumatisé ainsi des centaines d'enfants doivent
payer! Le pardon de leur dieu n'a aucune valeur! Ils se sont réfugiés
derrière leur statut, ont profité du port de leurs
robes noires pour éloigner les soupçons, ont souillés
tant de pauvres enfants qui, tous, ont droit à une justice
que l'on dit être la même pour tout le monde...
Les
violeurs en soutane doivent, dès aujourd'hui, ne plus passer
une seule nuit tranquille. La traque doit les faire sortir de
leur tanière. Cette racaille doit être mise à
l'ombre à tout prix. Et au diable la réputation
d'une église qui, par sa complicité abjecte dans
cette affaire, n'avait pas besoin de cela pour souiller davantage
encore son blason! Le catholicisme est la pire de toutes les religions!
Elle me dégoûte et ceux qui la dirigent ne m'inspirent
que le mépris! A l'heure où mon pays va devoir voter
pour ou contre les minarets islamiques, je demande à ce
qu'un scrutin fasse de même pour ce qui concerne les clochers
catholiques. Cette religion prône l'intolérance et
l'hypocrisie. Elle est hautaine et méprisante et, nom de
dieu, il n'est plus pensable que ces milliers de cloches résonnant
dans les campagnes, le dimanche matin, soient le point sonore
de ralliement vers de sombres sacristies dans lesquelles sévissent
beaucoup trop d'ensoutanés dissimulant, sous leurs habits
de honte, autant de bites avides de juvénile chair fraîche…
* Je lui refuse le E majuscule!
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26
Novembre 2009 |
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Les
angoisses d'un père...
Combien de pères se lamentent-ils de voir leur
fille enlevée par un jeune blanc-bec programmé pour
lui faire du mal? Lorsque le temps des premières amours
arrive, ces pères-là, j'imagine, doivent être
nombreux. Avant-hier, j'ai fait la connaissance de celui qui monopolise
les pensées de ma fille. Un jeune qui vient de fêter
ses vingt ans et qui semble très amoureux d'elle. Pas blanc-bec
pour deux sous, il m'est apparu même très sympathique.
En les amenant tous deux chez moi pour un premier repas ensemble,
sans les surveiller le moins du monde, je distinguais leurs effusions
à l'arrière de la voiture. Et j'en étais
tout ému… Je n'ai rien en moi d'un père castrateur
et je ne souhaite que le bonheur de mes filles. Et si celui de
Céline est entre les mains de Michaël, qu'il en soit
ainsi! A lui, je ne demande rien d'autre qu'être gentil
et prévenant envers elle. Idem pour elle qui m'attendrit
tellement lorsque je vois l'éclat magnifique jaillir de
ses yeux lorsqu'elle me parle de lui. Mais elle est si jeune…
Les peines de cœur sont des drames dont elle ignore tout
et, secrètement, et même s'il m'a fait excellente
impression, je prie le ciel pour que cette passion dure et soit
réciproque. Car, la voyant ainsi, je crains un peu que
si, par malheur, il venait à vouloir se séparer
d'elle, elle ne le prenne mal et, par désespoir et inexpérience,
cela la mène dans des travers que beaucoup de jeunes connaissent
suite à un échec amoureux. Que puis-je faire pour
la conseiller? Rien, sans doute. Mes mises en garde risquent de
passer totalement à côté des certitudes de
son âge et de sa jeunesse, tant celle-ci prennent de la
place dans sa tête et son cœur…
Hier encore, je la voyais prendre ma main lorsque nous marchions
ensemble. Elle était si petite, si fragile. Aujourd'hui,
elle tient la main d'un garçon de son âge. Elle est
grande, quasiment adulte mais, en père l'aimant encore
comme au premier de ses jours, je ne suis pas sûr que sa
fragilité ait évolué au point de la préserver
d'un coup du sort qui se produit, n'importe où dans le
monde, à chaque seconde que la grande pendule aligne, jour
après jour, dans l'inlassable course du temps…
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24
Novembre 2009 |
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La
mort du plaqueminier...
Parviendrai-je un jour à oublier cette date. A
l'effacer d'une mémoire qui parfois, pourtant, me fait
des infidélités? Inlassablement, elle revient, chaque
année, chaque automne, et le plaqueminier du verger de
la villa d'en face, comme moi, s'en souvient aussi, je le sais.
Mais ce dernier va bientôt mourir. Déjà ses
fruits sont à terre, faisant le délice des moineaux
et autres étourneaux. Ses feuilles aussi sont mortes, depuis
plusieurs jours. Le tronc suivra lorsque le bûcheron, d'un
long coup de tronçonneuse, lui déchirera l'écorce
jusqu'au plus profond de ses entrailles. Plus de kakis pour lui
et, pour moi, plus de souvenir concret d'un soir où elle
était passée de l'autre côté de la
clôture pour aller cueillir deux de ces fruits, plus répandus
dans son pays de soleil... Le verger va perdre tous ses arbres!
Le gazon sera remplacé par du béton ou de l'asphalte.
Place à l'urbanisation, ici aussi... Ce coin de terre qu'on
aménage, c'est une prairie que l'on assassine. Et je suis
triste pour elle, je suis triste pour l'arbre aux plaquemines.
Et je suis triste que, si elle revenait un jour, elle s'aperçoive
que le temps écoulé a bien changé les choses
tout alentour. Mais dans ce cas, puisse-t-elle se rendre compte
que, moi aussi, j'ai beaucoup changé...
Bon
Anniversaire Celia.
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23
Novembre 2009 |
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La
petite Sirène...
Au
coeur de la vallée, entre les monts escarpés, échouée
dans le fond bleuté d'une eau cristalline, elle demeure
immobile. A genoux sur le sable, le visage et les yeux tendus
vers la lumière, poings serrés le long du corps,
elle semble chercher de l'air. Tout autour de la pierre, dans
laquelle fut sculpté son corps, les truites vont et viennent,
dans un décor où se fondent les bleus les plus purs,
rehaussés des touches diaprées d'une forêt
d'automne aux reflets flamboyants. Vision surnaturelle et insoupçonnée,
incroyable pureté de ses eaux, le Blausee (Lac Bleu) est
une oasis de beauté, vivifiante et apaisante à la
fois, dans la vallée de Kandersteg, au centre des Alpes
bernoises...
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22
Novembre 2009 |
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Sens
de valeurs, ou les états d'âme de Dechavanne...
Voilà
une analyse tout à fait pertinente. Le problème,
c'est qu'elle émane de lui. Que doit-il dire à ses
enfants? Que ce sens des valeurs qui, remarque-t-il justement,
se fait la malle, il en est un petit peu responsable. Ceci en
servant une chaîne de télé qui bafoue la décence
tout en lui sculptant des couilles en or. En travaillant le téléspectateur
à l'esprit jusqu'à le rendre idiot, en présentant
des émissions de merde dans lesquelles la culture a perdu
ses quatre dernières lettres, en diffusant des séries
où le crime, le viol, le meurtre constituent la nourriture
quasi quotidienne de l'accro à ses programmes, TF1, cette
immense entreprise française cotée en bourse, porte
une responsabilité non négligeable dans la perte
de ce sens des valeurs. Et que Dechavanne s'en offusque me fait
doucement rigoler. Avant de donner des leçons et faire
la morale à tout le monde, y ferait mieux de sonder sa
conscience, le paltoquet de la Une!
Il
se demande dans quel pays il habite? Mais en France et nulle par
ailleurs! Dans ce pays qui a perdu, en l'espace de 25 ans, six
points (alors que l'Allemagne en a gagné sept) dans le
relevé de son Q.I. moyen. Mais tout cela est normal! Comment
peut-il en être autrement lorsque la soirée télévisée
d'un téléspectateur lambda de l'une (ou l'autre)
chaîne privée, se résume à un tel ramassis
de conneries? Il rentre du boulot, se coltine la roue de la fortune,
là où sévit la grosse tache dont il est question
ici et où une blonde, nunuche et suédoise de préférence,
l'appâte avec ses nichons synthétiques. Ensuite et
après avoir bouffé sa soupe en se faisant chier
devant un journal télévisé auquel il ne comprend
rien, il zape et passe à la concurrence, histoire de baver
devant quelques grosses connes de ménagères, amerloques
et désespérées. Et, pour finir en beauté,
il revient sur Téèfun, où de parfaits spécimens
de demeuré(e)s se défoncent, sur une île déserte,
dans des aventures consternantes de bêtise...
Et
après cela on s'étonne que les valeurs traditionnelles
soient bafouées. Et on s'offusque de ce que le pays soit
tombé si bas. Franchement, si ces wagons et ces trains
entiers de coups de pied au cul ne se perdaient pas, j'en connais
qui ne pourraient plus s'asseoir avant longtemps... |
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17
Novembre 2009 |
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2012, ou quand les Chinois sauvèrent le monde...
Et
si les Mayas avaient vu juste? Le réchauffement de la planète
s'accentue, les éruptions solaires également, le
noyau terrestre atteint de telles températures que c'est
la croûte tout entière qui chauffe à en devenir
instable. 2012. Le Parc de Yellowstone devient un immense volcan.
La terre se fend, des vallées sans fond se forment, les
tremblements de terre détruisent la Californie. L'Amérique
est aux abois. Mais où est et que fait donc Bruce Willis?
Rassurez-vous, pas besoin de lui! Les dirigeants des pays "civilisées"
ont tout prévu. Ici et ailleurs dans le monde, ils embarquent
dans leur Air Force One, en compagnie de leur élite intellectuelle
et friquée. Le reste, le bas peuple reste en bas! Un écrivain
raté est par hasard mis au parfum avant la cata. Il met
au point son évasion, en compagnie de ses enfants, de son
ex-femme et du nouveau copain de celle-ci. Ce dernier sait piloter.
Enfin, il a pris trois cours sur un petit monomoteur. Mais aux
States, cet état supérieur, trois cours, cela suffit
pour mener parfaitement un bimoteur. Et c'est parti. La dextérité
du pilote est époustouflante. Il se joue de toutes les
failles d'une piste de décollage en train de s'effondrer,
évite avec la maestria d'un James Bond toutes les tours,
tout autour de son Cessna 340, qui s'écroulent et il parvient
à rejoindre des cieux plus cléments. Bravo, bien
joué!…
En
bas, au moment de monter dans son 747, le président US
renonce. Il veut rester dans sa blanche maison. Il veut prévenir
le peuple. Il le fait. Il sort, aide et réconforte les
victimes du séisme. Mais la côte est du pays s'enfonce
dans l'océan et le tsunami consécutif à cette
horreur atteint la capitale amerloque. Symbole ultime et ahurissant,
l'USS John Kennedy, vidé de ses avions, s'écrase
soudain sur la Maison Blanche. Aïe. Ca fait mal. Le président
est mort. C'était un héros… Pendant ce temps,
nos autres héros, dans leur petit coucou, sont à
cours de jus. Ils posent à Las Vegas et, grâce à
un Russe milliardaire, se font embarquer dans un Antonov 225 (rien
que ça!) traînant par là. Mais le monstre
aux six réacteurs ne peut se contenter d'un seul pilote.
Alors, le copain de l'ex du héros, avec ses trois leçons
sur monomoteur, devient copilote du plus gros avion du monde.
Y sont forts ces Ricains! Destination Hawaï. Hélas
pour eux, les îles étant en feu, pas de ravitaillement
possible. Ils doivent renoncer et continuer. Mais la panne sèche
les guette et déjà le monstre ne vole plus que sur
deux moteurs. Atteindront-ils le Japon? Suspens… On pense
que non. C'était sans compter sur la situation d'en bas.
La dérive des continents a commencé et la Chine,
en quelques heures (y sont forts ces Chinois!), s'est rapprochée
de plusieurs milliers de kilomètres des Etats-Unis. Inespéré!
Voilà donc notre Antonov qui se retrouve au-dessus de l'Himalaya
et qui pose sur un glacier. Quels as ces pilotes! James Bond à
côté? Un minet de salon!
Les
Chinois, malgré leur prétendu retard, sont toujours
en avance d'une idée sur tout le monde. En trois ans (depuis
les premiers signes de l'apocalypse), ils ont construit des arches.
Malins les Chintoques! D'immenses arches en acier, insubmersibles,
arrimées aux contreforts de l'Everest dans l'attente du
tsunami ultime. Il y en a là plusieurs, réservées
pour et dans lesquelles vont monter les passagers de tous les
Air Force One affrétés pour la circonstance. On
trouve donc, en plus de la Chine, pays hôte et salvateur,
les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne,
L'Italie, le Japon, la Russie. Bref, un parfait G8 ou presque!
Le reste du monde n'a pas été invité et,
de toutes façons, on peut pas sauver tout le monde, hein…
Nos héros, descendus de leur Antonov qui, par miracle s'est
posé à proximité des arches, parviennent,
après quelques péripéties sans intérêt,
à embarquer dans celle des Yankees. Ouf! On respire pour
eux. Le Grand Tsunami arrive et les arches résistent malgré
quelques tracas de dernière minute. Un mois plus tard,
alors que les éléments se sont calmés et
ont dû (mais c'est un détail) faire plus de six milliards
et demi de morts et détruire tout ce qui faisait que l'homme
trouve à se nourrir sur la Terre, on retrouve les vaisseaux
voguant paisiblement sur un océan calme. Tout le monde
est heureux à bord et sourit à la vie. Le copain
de l'ex-femme du héros ayant été, par un
fâcheux concours de circonstances, perdu en route, ces deux
derniers se réconcilient, sous l'œil ému de
leurs enfants (snif, c'est trop beau). La vie est belle et on
navigue sur un océan de bonheur… Fin, générique!
Scénario
puéril pour ne pas dire grotesque, réalisation banale,
acteurs à l'avenant, Roland Emmerich, le metteur en scène
allemand, malgré des effets spéciaux plutôt
réussis, n'atteint pas la moyenne. On quitte la salle avec
l'impression que les films catastrophes, décidément,
ne sont faits que pour plaire à un public d'ados boutonneux
en mal de la toute dernière Play Station…
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13
Novembre 2009 |
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Lorsque
Anne Parillaud boutait le feu à Delon...
Pour
une fois que je m'étais collé à la boîte
à inepties, je n'ai pas été déçu…
La TSR rediffusait, ce soir-là, "Pour la peau d'un
flic". De et avec Alain Delon. Bientôt trente ans ce
polar, et son réalisateur vient d'en fêter 74. Ca
ne rajeunit personne. Surtout pas moi qui, en 1981, constatait
que la petite adolescente du mythique "Hôtel de la
Plage" était devenue, quatre ans plus tard, une belle
jeune femme de 21 ans, allumant Delon comme Romy dans ses plus
beaux jours. Film ringard que ce flic à la peau burinée?
Sans doute pour notre belle jeunesse! Mais pour qui le verbe vibrer
se conjugue aux temps passés, ces deux heures de bobines,
issues du début du règne de Mitterrand, ont constitué
une délicieuse cure de jouvence. Comme scénario,
on fait bien pire aujourd'hui. Comme actrices, j'ai l'impression
que certaines jeunes pimbêches n'ont jamais autant couché
qu'à ce jour pour se payer une ébauche de carrière
qui se terminera forcément dans la drogue ou chez le psy,
voire dans des séries Z tournées pour TF1…
Dans ce film de Delon (le seul qu'il ait réalisé
lui-même?) il y avait aussi la musique! Une B.O. magnifique
avec un Oscar Benton, sorti d'on sait où, pleurant son
Bensonhurst Blues à vous nouer les tripes et serrer la
gorge; et avec un Neil Diamond au sommet se sa gloire et de son
art (tiens, qu'est-il devenu, lui?)… Delon était
bon. Enfin pas trop mauvais, fidèle à lui même…
Et Michel Auclair se révélait parfait, comme il
l'a toujours été dans chacun de ses films. Quant
à la petite Anne Parillaud, son talent n'avait pas encore
vraiment éclaté, mais dans une scène où
l'autre, on pouvait déjà entrevoir ce qu'elle allait
donner (et ce qui fit pleurer son homme comme un gosse lors de
l'attribution du César de la meilleure actrice), quelques
années plus tard dans "Nikita". Voilà
une comédienne qui se fait bien rare sur les écrans.
Et je le déplore car ce petit bout de femme, frêle
comme une feuille au vent d'automne, possède le talent
des grandes interprètes, des grands rôles que certaines
s'approprient à sa place alors qu'elles n'ont en elle,
pas la moindre parcelle de talent. Pour vous convaincre de cette
dernière constatation, allez voir la vedette d'un film
qui vient de sortir et dans lequel, en parfaite poufe de service,
elle se pavane avec son petit "trésor" de toutou...
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8
Novembre 2009 |
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Joseph et sa petite fille...
Ce devait être en 1964... Sans doute après un pique-nique
en famille, mon grand-père était allé faire
la sieste dans notre voiture, une Ford Zephyr bleu ciel. Dans
ses bras, ma petite soeur Nanou, âgée d'un an environ.
Photo saisie sur le vif par je ne sais qui... Ce magnifique cliché,
même s'il peut paraître banal, me parle pourtant beaucoup.
Car Joseph, mon grand-père paternel, avait la réputation
d'avoir été très dur dans l'éducation
de ses enfants. Comme notre père avec les siens... Alors,
de voir cet instantané de tendresse familiale représente
pour moi quelque chose de très étonnant, voire même
d'insolite, de réconfortant...
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Novembre 2009 |
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Mon
oncle...
Il
était, paraît-il, plutôt dur avec ses enfants.
Etant du même âge qu'eux, je ne m'en suis jamais rendu
compte. Moi, j'avais l'impression qu'il m'aimait bien. Tout gosse,
j'étais parti en camion avec lui. Pour livrer de la paille,
ou du foin, dans une ferme isolée. Cherchant le bon chemin,
il avait abandonné son bahut, avec moi dedans, juste le
temps d'aller demander au fermier si c'était bien là
que nous étions attendus. La voie d'accès était
étroite et les roues d'un côté du camion empiétaient
fortement sur le talus. En revenant vers moi, il m'avait trouvé
en pleurs car, fortement incliné, je pensais que le camion
allait se renverser. Je devais avoir cinq ou six ans...
En 1967, c'est dans sa voiture que j'avais fait tout
le voyage vers l'Italie. Avec sa fille, ma cousine Michèle.
Dix jours de vacances que je n'ai jamais oubliées. Six
ans plus tard, nous travaillions ensemble. Comme lui, j'étais
devenu chauffeur de poids lourd. Et je ne saurais faire le compte
des soirées qu'on a passées ensemble, le vendredi,
après que la semaine de travail soit arrivée à
son terme. Dans le bistro de Thielle, tout près du chantier
de l'autoroute, il m'a appris à jouer aux cartes. Il y
avait là une sacrée équipe de "noceurs"
et j'étais émerveillé qu'ils m'acceptent
parmi eux. Pour le jeune homme timide que j'étais, ce fut
une période riche dans l'apprentissage de la vie... Et
puis, je suis parti à Genève. Et l'on s'est un peu
perdu de vue... Victime d'un problème de santé il
y a une dizaine d'années, il avait cessé toute absorption
d'alcool et de fumée. Les séquelles l'avaient rendu
doux comme un agneau et gai comme un pinson. Il vivait dés
lors dans son petit monde à lui, en contraste absolu et
étonnant avec sa vie d'antan. Oncle Gérard est parti
avant-hier matin vers d'autres contrées, sur d'autres chemins
que je le vois déjà arpenter de sa démarche
caractéristique, petite mais solide silhouette d'un homme
de ma famille que j'aimais beaucoup...
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