En
1974 enfin…
Leur
plus grand succès fut incontestablement "J'ai encore
rêvé d'elle", sorti en 1975. Pourtant, un an
auparavant, il y avait eu cette chanson qui demeure pour moi la
plus belle du groupe. Joëlle avait 21 ans et avec "C'était
l'année dernière", elle nous contait une histoire
d'amour qu'elle avait vécue quelques mois plus tôt.
"Il était une fois" avait été créé
pour nous parler d'amour, au travers de quelques ballades langoureuses,
de moments d'émotion d'une rare intensité, mais
avec un talent à nul autre pareil. Et puis le groupe avait
trouvé, dans le personnage de la très belle Joëlle,
l'interprète qui allait porter l'ensemble vers les sommets
de la variété française des mid soixante-dix.
Cette fille, dont je suis tombé spontanément amoureux
le jour où je l'ai rencontrée, tient dans mon coeur
une place vraiment à part...
A
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A
Inséré le 31 juillet 2009 |
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Etang
de Biguglia, 16 octobre 1984...
Les
brumes stagnent, presque immobiles, au-dessus de l’eau.
Nul souffle de vent, rien qu’un grand silence. Les rayons
encore timides du soleil, percent à grand peine l'impalpable
coton flottant langoureusement à la surface de l'étang.
Le jour se lève. Dans le lointain, un bruissement d’aile
évoque l’envol d’un canard, cependant qu’un
couple de cygnes passe majestueusement, silencieux et glissant
avec lenteur. Là-haut, le ciel divulgue un pan restreint
de son teint bleu pâle. Le cri plaintif d’un goéland
perce soudain le silence et s’éteint rapidement,
comme dans l’attente d’une réponse qui ne vient
pas… Assis sur la berge de l'étang, la Corse m'apparaît
dans toute sa splendeur. Le petit lac est un miroir gigantesque
que les rayons du soleil ont peine à réchauffer,
tant la brume est présente. Mais l’astre puissant,
bientôt transpercera ce voile fugace. Déjà,
les masses compactes d’humidité craquèlent
de toutes parts et se défont de leur douce unité.
La lumière envahit l’espace et la vie donne quelque
aperçu de son irrémédiable retour. Ca bouge,
ça s’anime, ça vole, ça s’envole
de toutes parts et la nuit n’est déjà plus
qu’un souvenir…
En
posant pour un instant mon appareil photo, j'aperçois,
émergeant du sol sablonneux, le goulot d'une minuscule
bouteille de verre blanc. Haute d'une dizaine de centimètres
et obturée par un bouchon de liège, elle contient
une feuille de papier, pliée et roulée à
l'intérieur. Intrigué, à l'aide de mon couteau
suisse, je fais sauter le bouchon sans grande difficulté
et accède ainsi au papier jauni. A peine lisibles, quelques
dizaines de lignes y ont été écrites. Incrédule,
j'entreprends de lire son contenu…
Dimanche 30 juillet.
Dès
les premiers rayons du soleil, je suis debout. Mon épaule
me fait souffrir et j'ai mal dormi. Après avoir avalé
mon café, je descends jusqu'à l'étang. Il
fait bon. La journée va être magnifique. Je marche
en silence, mes pensées se dispersent et si je suis l'étroit
sentier de cailloux, j'ignore quel sens donner encore à
mon existence. Le petit chemin va tout droit dans la garrigue,
mais ma vie est en panne, stoppée nette à l'orée
d'un carrefour… J'arrive à l'étang de Biguglia.
Nul souffle de vent. Pas la moindre ride, pas un seul pli à
la surface de ses eaux bleutées. Tout est calme. Nature
apaisée, silence à peine troublé par le bruissement
léger d'un grillon. Au loin, près des roseaux, deux
flamants procèdent à leur toilette. Sur l'eau, le
reflet rosé de leur plumage multiplie par deux les courbes
gracieuses de leur silhouette. La douceur de la vie est là.
Bien présente par la beauté de cet endroit et par
le calme de ces oiseaux qui ignorent que nous sommes en guerre…
De
quoi demain sera-t-il fait? Quelle sera l'issue de ma prochaine
mission? La guerre n'est pas finie, mon errance sur terre non
plus. Mais si la première semble devoir se terminer sans
moi, comment poursuivre la seconde?… Les deux flamants roses
s'envolent. D'une grande amplitude, leurs ailes battent le vent.
Très vite ils s'éloignent, mais sans prendre rapidement
de l'altitude. Pareils à mon Lightning… Au loin,
par-delà l'étang, la mer scintille de mille éclats.
Un bateau passe. Je pense à Louise. Il y plus de vingt
ans, elle et moi voguions dans l'ignorance de nos jeunes années.
Idyllique, le lac de Bienne resplendissait. Comme celui-ci! Mais
ses éclats, au travers des mots de Louise, m'avaient transpercé
le cœur. Aujourd'hui, même si les entailles se sont
refermées, les perspectives d'une vie future, dans ce monde
en folie, ont rouvert ma blessure, ravivé ma douleur…
Je
m'assois dans l'herbe, allume une cigarette et me laisse aller
en arrière. Le ciel est d'un bleu limpide et cristallin.
Les herbes sauvages me picotent le dos au travers de ma chemise.
Dans ma poche, je sens la petite bouteille de cognac vide, finie
hier soir… Je me sentirais presque bien si mon tourment
ne rendait mon cœur si pesant. Je suis dans un petit éden,
un jardin au cœur d'un champ de bataille dont je ne sortirai
probablement pas indemne. Demain matin, je prendrai l'air pour
une mission qui ne sera suivie d'aucune autre. Je le sais bien,
même si personne ne m'assène cette officielle vérité.
Le monde est en guerre contre un fléau qui le mine depuis
trop longtemps. Je participe au combat mais, plus encore, je lutte
contre l'idée que je me fais de la vie après la
victoire. Ma décision est prise. Demain, descendu ou pas,
je ne rentrerai pas et je ne regretterai absolument rien. La termitière
future m'épouvante et je hais leur vertu de robots. Moi,
j'étais fait pour être jardinier, pour planter des
graines, pour faire pousser des légumes et des fleurs..
Homme,
femme qui déterrera ce vestige, enfoui au soir de mon avant-dernier
jour, je te salue. Dis à ceux qui se sont inquiétés
de mon destin, que je suis parti sans haine, le cœur lourd
mais l'âme légère, l'esprit habillé
du souvenir de mes plus belles rencontres, riche du sourire des
hommes et heureux de m'être ouvert à la tendresse
des femmes...
Antoine
de Saint Exupéry
Borgo, 30 juillet 1944
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A
Inséré
le 30 juillet 2009 |
*** |
Lynda
LEMAY |
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Née
le 25 juillet 1966 |
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A |
m'a conquis dès le premier de ses récitals auxquels
j'ai assisté. C'était en juin 2002. Ce que cette
femme dégage sur scène est unique. Une complicité
confinant à la communion avec son public, une façon
unique de rallier chacune et chacun à sa cause, une présence,
presque charnelle, d'une sensualité qui passerait pour
indécente s'il ne s'agissait pas d'elle. Lynda LEMAY, qui
fête aujourd'hui son 43ème anniversaire, sur scène
et plus encore que dans tout ce qu'elle écrit, c'est un
émerveillement de l'initiale à l'ultime note de
sa musique, de la première à la dernière
de ses paroles. Et qui dure bien plus longtemps encore, après
que toutes les lumières se soient éteintes... |
Inséré
le 25 juillet 2009 |
*** |
En
1974 toujours…
Venu
du Québec (comme Marc Hamilton), un groupe nouvellement
formé se démarque des thèmes traditionnels
de la chanson francophone, en présentant une chanson qui
deviendra l'hymne de la défense des phocidés dans
beaucoup de pays. Beau Dommage, en créant cette ballade
triste, rallie des centaines de milliers de défenseurs
de la nature et du monde animal à son pavillon. "La
complainte du phoque en Alaska", bien avant Brigitte Bardot,
lance le premier cri d'alarme et la campagne de l'actrice française
doit peut-être beaucoup à cette complainte, même
si le massacre des bébés phoques est autrement plus
grave que l'utilisation de ces animaux dans les spectacles de
cirque… Beau Dommage et sa magnifique chanson firent un
succès considérable dans tous les pays francophones
et, en le réécoutant trente-cinq ans plus tard,
on s'aperçoit que ni le thème, ni la chanson, ni
ses interprètes n'ont pris le moindre coup de vieux. Cette
version de YouTube, même si le son et l'image sont décalés,
est sans doute la plus belle qui existe. Et d'entendre tout ce
public la chanter à l'unisson plus de vingt ans après,
prouve que ce titre est devenu culte. Et ça, l'un dans
l'autre, ça me réchauffe le cœur…
A
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A
Inséré le 23 juillet 2009 |
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Coup
de bambou!
Quelles
sont les raisons qui me donnent envie d'aller voir un film?
1. L'actrice principale.
2. L'histoire.
3. Le (la) metteur en scène.
4. L'acteur principal.
5. Le bouche à oreille.
J'aime
beaucoup Didier Bourdon, que je considère comme l'un des
grands acteurs comiques actuels. "Les trois frères"
et "7 ans de mariage", dans lesquels il excelle, donnent
en plus une bonne idée de son talent de metteur en scène.
En réalisant "Bambou", une comédie loufoque,
il met en exergue son cruel manque actuel d'inspiration, entrevu
plus tôt avec ses "Madame Irma" et "Madame
Edouard". "Bambou", c'est une daube pour mémère
à son toutou, une histoire débile entre un petit
employé de banque et une concertiste de piano (ou pianiste
de concert). Couple hautement improbable, qui se lézarde
sous prétexte que madame tombe amoureuse d'un cocker (Bambou)
et veuille donner priorité à sa carrière
musicale. S'en suit la déchéance de monsieur, son
errance ahurissante de connerie, le tout enveloppé, comme
il se doit, dans les gros cacas et pipis de la chienne tout au
long de ce navet qui nous poursuit, bien après la sortie
de salle, de ses odeurs nauséabondes… Consternant!
Plus
consternant encore est le fait de trouver Anne Consigny se débattre
dans cette daube. Après "La première étoile",
film tout sauf exemplaire pour ce qui est de rehausser sa cote
au box-office, la voilà qui remet ça dans ce machin
sans nom qui risque de plomber son aura pour longtemps. Comment
l'actrice géniale de "Le scaphandre et le papillon"
ou de "Je ne suis pas là pour être aimé",
deux chefs-d'œuvre dont le second aurait dû lui rapporter
un César, a-t-elle pu se complaire dans cette ânerie?
C'est à n'y rien comprendre! Et cela me fait de la peine
pour elle, actrice surdouée dans son jeu, mais apparemment
pas dans ses choix. Dommage… En fin de compte, je suis allé
voir "Bambou" pour elle d'abord. Et puis pour Bourdon.
J'ai vu une histoire débile, une mise en scène quelconque,
deux bons acteurs à contre-emploi. Il ne faut donc pas
compter sur moi pour ce qui concerne le bouche à oreille…
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A
Inséré
le 22 juillet 2009 |
*** |
On
a (assez) marché sur la Lune!...
Tintin
est et a toujours été mon héros de bandes
dessinées favori. Et, parmi ses aventures, "Objectif
Lune" et "On a marché sur la Lune", font
partie de mes titres préférés. Le 21 juillet
1969, le rêve devient réalité. Et je suis
devant le poste de télé lorsque Armstrong prend
pied sur notre satellite. D'admiratif, que j'étais alors,
je suis passé à indifférent quarante ans
plus tard. Lorsque je vois ce que l'humain a fait de sa planète,
je fustige sans ménagement ceux qui veulent remettre
ça. Rien à foutre de la Lune et de Mars!
Si l'homme veut coloniser ces astres sous prétexte que
la Terre ne sera bientôt plus habitable, c'est une connerie
de plus à mettre à son passif! Des centaines de
milliards de dollars pour marcher sur Mars en 2050? Pourquoi
faire? Pour se rendre compte, vingt ans plus tard et cinq missions
habitées, que la planète rouge ne représente
pas plus d'intérêt que la Lune pour ce qui est
d'une éventuelle migration de l'humain vers ces "terres"…
Les missions alors suspendues pour un siècle, on remettra
ça en 2200, un illuminé ayant soudain découvert
que Vénus est en train de se refroidir…
Moi,
ce qui me refroidit, c'est la connerie humaine. Et plutôt
que de partir en voyage vers les planètes (mortes) de
notre système solaire, je préconise de travailler
sur la miniaturisation. Car le jour où on arrivera à
lancer un vaisseau dans les veines et les artères de
l'homme, et de remonter ainsi jusqu'au labyrinthe de son cerveau,
on n'a pas fini d'être effaré par le nombre de
connexions niquées, favorisant ainsi un potentiel ahurissant
d'imbécillité en stagnation dans ce magma ramolli…
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A
Inséré
le 21 juillet 2009 |
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Marc
Hamilton...
Deux
ans après Monia et Peter Holm, le tube d'un autre inconnu
bombarde assidûment les ondes radiophoniques. Un succès
qui demeurera unique dans la carrière de ce Québécois
de 26 ans. "Comme j'ai toujours envie d'aimer", par
ses paroles un peu évocatrices, ne plaît pas à
ma mère et si sa censure n'est pas appliquée, elle
hoche la tête avec dédain... Marc
Hamilton, de sa voix superbe, entraîne avec lui une grande
partie de l'Europe dans un slow langoureux qu'un
gars de seize ans comme moi, se doit d'expérimenter. Premiers
baisers, premiers flirts, premiers effets sur moi des formes harmonieuses
et suggestives d'un corps féminin lové contre le
mien. Et premières révélations que ces moments
délicieux où les corps se cherchent, se frôlent,
se trouvent et s'épousent, font et feront toujours partie
des plus belles quêtes de ma vie...
A A |
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A
Inséré le 17 juillet 2009 |
*** |
Ri-di-cule!…
14
juillet, date française par excellence. Chez moi c'est
le 1er août, ailleurs le 4 juillet. Peu importe. Le point
commun? C'est la fête nationale. Cette commémoration,
marquant souvent l'indépendance du pays en question, est
plus ou moins fêtée selon les mentalités.
Discours des élus, feux d'artifice pour les moins fervents
de la chose. Chez les autres, pour marquer le coup, on sort tout
bonnement l'artillerie lourde. Défilés militaires,
parades, troupes au pas, Armée de terre, de l'air, Marine,
fanfares, garde à vous, on célèbre d'abord
la puissance militaire de la nation. En France, c'est ainsi que
cela se passe et les hélicoptères "Tigre"
fendent le ciel au son de la Walkyrie. Pour une nation qui se
prétend être pour la paix et la pacification des
peuples, cette arrogance est tout bonnement insupportable…
Nous
ne sommes plus dans une guerre froide qui voyait, jadis, les chars
et les missiles nucléaires popov défiler devant
ces ramollis du cerveau qu'étaient Brejnev, Andropov ou
Tchernenko, dirigeants séniles se réchauffant en
se roulant des pelles sur la Place Rouge et sous les embruns glacés
de novembre. La place, alors, était devenue verte, camouflée
par cet exhibition ridicule d'une puissance qui s'est effondrée
comme un château de cartes il y a près de vingt ans.
Depuis, certains se sont assagis. Pas les Français. C'est
tellement beau, ces troupes qui défilent, bardées
de la cocarde bleu blanc rouge, les hommes si fiers dans leur
uniforme. Au chef de l'Etat, cela apporte (enfin) le sentiment
que sa France est une grande nation, puissante et respectée.
Au peuple lambda, peut-être la satisfaction que le temps
où les casques à boulons défilaient, au pas
de l'oie et au même endroit, est bien révolu…
Je
hais cet exhibitionnisme outrancier. Je hais le nationalisme et
la vénération du drapeau. Je déteste le chauvinisme,
l'esprit cocardier et les hymnes nationaux élevés
au rang de chant de tout un peuple. Cette Europe, dont les bases
ont été jetées par un Français, n'a
pas, n'a plus besoin de telles démonstrations démodées,
hautaines, ridicules. Je rêve d'un 14 juillet plus conforme
aux petits bals du soir et de jadis. Je rêve d'un temps
où les femmes et les hommes, réunis autour d'un
méchoui ou d'un cochon de lait en broche, passeraient leur
soirée à chanter, tous en chœur, quelques chansons
fraternelles et non plus un hymne qui met en exergue la soi-disant
bravoure (la cruauté, plutôt) d'un soldat et son
indifférence devant le sang qu'il fait couler au nom de
la liberté…
Et
comme si ça ne suffisait pas pour aujourd'hui, voilà-t-y
pas qu'une chaîne de télé nationale en rajoute
une couche… Une soirée entière au sein de
l'Armée de terre! Avec la Marseillaise éructée
par un ténor français à la tronche grosse
comme un Zeppelin... Des artistes participent et se discréditent
avec fierté. On nous montre et vante leur courage, ayant
tous accepté de se rendre, au péril de leur vie,
dans le cœur de l'action, au Tchad, en Afghanistan ou ailleurs,
là où les troupes sont actuellement en mission de
guerre. C'est ainsi qu'on verra un acteur en vogue apporter à
ces soldats privés de leurs familles, quelques messages
vidéo de ces dernières. Et qu'on l'entendra s'extasier
devant les réactions des hommes, touchés en plein
cœur par ces merveilleux cadeaux. Consternant! Le tout mené
de main de maître par le beauf de service sévissant
sur France 2. Après sa pitoyable interview (exclusive,
siouplaît!) de "son idole" Lance Armstrong, le
"gentil" Mimi prouve (si besoin est) qu'à 65
ans, il est amplement temps pour lui de prendre sa retraite!
Tout
cela pue et me dégoûte! D'autant plus pour un pays
que j'habite et qui, sous d'autres aspects, possède tant
de charme et de splendeurs. Franchement, c'est à n'y rien
comprendre et je désespère de voir un jour, enfin
tourner le vent…
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A
Inséré
le 15 juillet 2009 |
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Ne
te retourne pas sur le hérisson…
Monica
Bellucci et Sophie Marceau sont deux femmes absolument superbes!
L'éclat de leur plastique et de leur peau superbe, ressort
divinement sur un écran qu'elles occupent à tour
de rôle. Ainsi, "Ne te retourne pas" est un film
très agréable à regarder pour qui est très
sensible à la beauté féminine…
Josiane
Balasko, c'est autre chose... Avant d'aller voir "Le hérisson",
je me suis amusé à lire quelques critiques d'un
des plus grands succès de librairie (que, étant
peu friand de romans, je n'ai pas lu) sorti en 2006, "L'élégance
du hérisson", de Muriel Barbery. Et je suis tombé
sur quelques piques acerbes, pêchées dans des journaux
de droite comme de gauche. En gros, les premiers fustigent le
roman car dedans (je schématise) les pauvres sont les bons,
les riches les méchants: de l'autre côté,
le livre déplaît car il est une insulte envers les
véritables et vénérables concierges d'immeubles.
Avec près de 1'500'000 exemplaires vendus, le peuple (de
gauche et de droite) a tranché!
Le
film: Paloma (Garance le Guillermic) est une enfant de onze ans,
fille d'un père ministre et d'une mère en permanence
sous anxiolitiques et n'exprimant sa tendresse qu'au travers de
son amour pour ses plantes vertes. Paloma a une sœur, Colombe
(tiens, tiens, c'est original), son aînée de quelques
années, parfait reflet de ce qu'un tel couple est sensé
produire… La cadette, elle, est différente. Consternée
par le comportement ahurissant de ce petit monde gravitant autour
d'elle, elle refuse d'en faire partie et décide, le jour
de ses douze ans, de se donner la mort. En attendant, avec la
vieille caméra vidéo de son père, elle entreprend
de tourner un film sur son entourage…
Au
rez-de-chaussée, il y a la concierge. Renée (Josiane
Balasko) a 54 ans. Elle est veuve, grosse, mal fagotée
et acariâtre. Mais elle aime la littérature et le
cinéma japonais et ça, bien sûr, personne
ne s'en doute. Dans son immeuble du XVIème, dans lequel
ne vivent que des riches, personne ne s'intéresse à
elle. Jusqu'au jour où un distingué Japonais vient
s'installer au cinquième étage. Monsieur Ozu (Togo
Igawa) est un homme raffiné, sage et très intuitif.
Par une citation puisée dans un livre de Tolstoï,
Renée fait naître en lui un intérêt
insoupçonné. Le vieil homme désire la mieux
connaître... Le film a démaré et, au fil des
minutes, le bonheur et l'émotion s'installent. Je ne vous
raconte pas le dénouement mais vous rassure quand même
quant au destin funeste que Paloma s'était promis…
La
petite Garance Le Guillermic est épatante et donne au film
une fraîcheur que le huit-clos dans cet immeuble austère
aurait pu pénaliser. Togo Igawa, le fortuné Japonais
à l'appartement magnifique, tient son rôle à
la perfection et vivre la sagesse et la bonté de cet homme
est un ravissement permanent. Si ces deux comédiens constituent
pour moi une formidable découverte, je connais (et apprécie
beaucoup) Anne Brochet. Dans son rôle de mère à
côté de la plaque, elle est absolument parfaite.
Quant au "hérisson", au travers de cette sublime
prestation (parfait contre-emploi à ses éternels
rôles comiques), Josiane Balasko apporte la preuve, s'il
en manquait une, qu'elle fait bien partie des meilleures comédiennes
du cinéma français…
"Le
hérisson" est le premier long métrage de Mona
Achache, une jeune réalisatrice de 28 ans. Et pour un coup
d'essai, c'est bien plus qu'un coup de maître! Une mise
en scène magnifique, une sensibilité extraordinaire
dans les cadrages, les gros plans, la justesse du placement de
la caméra, son travail est ahurissant de beauté
et, plus remarquable encore que cela, car émanant d'une
femme si jeune réalisant son premier film. Pour moi, "Le
hérisson", et de loin, est le plus beau film de l'année!
Avec le temps qui passe et ce refus qui est le mien de toute violence,
même au cinéma, ce bijou de film aurait presque le
don de me réconcilier avec le genre humain. Mona Achache
marche sur les traces d'Agnès Jaoui. Et ce cinéma
de femmes me ravit, me bouleverse et me conforte dans l'idée
que, comme le chantait si justement Ferrat, la femme est bien
l'avenir de l'homme…
A
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A
Inséré
le 14 juillet 2009 |
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La
brèche...
Plus
encore que la patte, je traîne un cœur lourd de douleur,
de peine et de stigmates. De ce genou usé je constate,
médusé, que jaillissent peines et rancoeurs, échecs,
désillusions. Je boîte et claudique en raison de
cartilages élimés, d'arthrose et d'usure, mais je
sais que le vrai mal vient d'ailleurs, dissimulé dans un
corps qui crie au secours jour après jour… Je souffre
d'une jambe qui n'est que l'antichambre d'un cœur à
l'agonie. Ma peine, tel un passager aux abois, cherche une voie
par laquelle évacuer ce navire en train de sombrer, de
prendre l'eau de toutes parts. Le bateau coule par une simple
brèche creusée dans un genou. Cette jambe, jadis
la seule valide, tremble sur ses bases et sa sœur, minée
dès l'enfance, n'y est d'aucun secours. Il faut savoir
accepter la sentence. Là où je me trouve, la mer
est profonde et le gouffre engloutira mon être comme un
vulgaire radeau de balsa! Colmater la brèche? Avec quoi?
Le ciment de la vie n'a plus sa rigidité d'antan, et comme
ils sont loin mes dix-sept ans. Quand la fin sera proche, ô
dérision, je n'aurai même pas le loisir de tomber
à genoux...
Car le gauche est niqué, le droit détraqué
et moi complètement paniqué...
Que vienne la vague libératrice!
Inch Allah!…
A
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A
Inséré
le 13 juillet 2009 |
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Et
on remet ça…
A A
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A
Inséré le 12 juillet 2009 |
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Monia…
Dans
la série "Tube de l'année", voici une
chanson qui, en 1968, fit un raz-de-marée dans les discothèques.
Quel adolescent de la fin des années soixante ne se souvient-il
pas de ce monument? Des paroles simplistes, répétitives,
ringardes! Mais une mélodie que personne n'a pu oublier,
tout simplement parce qu'elle était la partition idéale
pour favoriser le flirt dans des slows langoureux... Peter Holm,
jeune Suédois de 21 ans, réussit cette année-là
un coup unique mais un coup de maître! Quarante ans que
je n'avais pas entendu cela. C'est nul! Mais c'est aussi génial...
A |
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A
Inséré le 10 juillet 2009 |
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1974
encore…
Parmi
les succès de l'année, un barbu, style baba cool,
nous balance une ballade lente et rêveuse. Musique langoureuse,
paroles nouvelles, peu en rapport avec certaines banalités
exprimées à cette époque. Sur ce coup-là,
Gérard Manset nous pond un petit chef-d'œuvre. Il
n'y a rien à jeter dans ce pur bijou, écrit, composé
et interprété (de sa voix unique) par ce petit gars
discret de Saint-Cloud... La plupart du temps, lorsque j'adore
d'entrée une chanson, cela ne dure pas. Je m'en lasse assez
rapidement. Celle-ci fait partie des exceptions. Comme "Le
premier pas", "Le plat pays", "Non, je ne
regrette rien", "L'orage", "Il voyage
en solitaire" ne m'a jamais lassé. Ce titre
fait partie de mes dix chansons préférées,
toutes catégories confondues…
A
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A
Inséré le 9 juillet 2009 |
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1974
- Le premier pas, ou le regard des femmes…
En
1974, Claude-Michel Schönberg interprète le tube de
sa vie. L’histoire d’un homme timide qui n’ose
déclarer sa flamme à la femme qu’il aime en
secret. Cette année-là, "Le premier pas"
connaît un succès colossal et, moi qui donne neuf
mois de ma vie à l'armée, je voue un véritable
culte à cette magnifique chanson d'amour. Dans une troupe
de gars de vingt ans, il y a de tout, mais il y a surtout ceux
qui sont sûrs d'eux et ceux qui doutent. Je ne suis alors
qu'une recrue à peine adulte et ces neuf mois sont un apprentissage
de la vie en communauté. Dans ma section, parmi les forts
en gueule dont je ne fais pas partie, un jeune paysan vaudois
se la joue macho. Dans nos sorties, il passe son temps à
siffler les filles et à jouer les coqs devant elles. Pour
un coincé de mon genre, à qui on a appris que la
masturbation était un péché, ce gars-là
est un extra-terrestre. Un jour que "Le premier pas"
passe sur les ondes d'une radio de nos dortoirs, le voilà
qui pique la mouche:
- Mais comment un mec peut écrire et chanter un truc
pareil? Complètement débile, le gars! C'est l'homme
qui drague et court après les filles. Ce type n'est qu'une
tantouse…
Que répondre à ça? Rien! La timidité
est une chose (et pas la seule) qu'un gars comme lui ne pourra
jamais comprendre…
Cinq
ans plus tôt, sur les pentes abruptes de la Petite Scheidegg,
j'esquisse le premier geste de refus d'une timidité qui
me pourrit la vie depuis trop longtemps. Je viens en aide à
Marisa qui peine un peu dans l'escalade. Sa main se referme sur
la mienne et je deviens le roi du monde… C'est peut-être
depuis ce jour-là que le regard des femmes a une telle
importance pour moi. Elle a été la première
à ne pas me rejeter, à accepter ce que je lui proposais
avec la peur au ventre. Si elle m'avait repoussé, ma vie
n'aurait plus eu la moindre raison de se poursuivre. Plus tard
et jusqu'à ce jour, mon approche des femmes a toujours
suivi le même chemin. Le premier pas, en amour, c'est quelque
chose de fondamental et c'est toujours un instant exceptionnel...
Dans
"Les poupées russes", Klapisch nous offre un
des plus beaux moments de cinéma sur ce plan-là:
Xavier fait découvrir Paris à son amie Neus. Ils
sont sur le bord d'une avenue, côte à côte,
immobiles, attendant que le feu passe au vert pour traverser.
Au ralenti, de l'arrière, le metteur en scène filme
leurs mains. Neus remet de l'ordre dans sa jupe que le vent soulève.
Sa main frôle celle de Xavier puis s'éloigne. La
main de ce dernier revient en douceur, touche légèrement
celle de Neus, son petit doigt s'entrouvre et agrippe celui de
la demoiselle. Le contact se fait très lentement, très
sensuellement et, point essentiel, la caméra reste fixée
sur ces deux mains en train de se chercher et de se trouver. Nul
besoin d'un gros plan sur le visage de ces deux êtres entre
lesquels quelque chose est en train de naître! On voit,
on sent, on ressent que ce qui se passe-là est le premier
pas d'une histoire d'amour. C'est simple mais c'est d'une beauté
et d'une justesse incroyables…
Le
regard des femmes est une chose dont je suis complètement
dépendant et ceci depuis quarante ans. Je me fous totalement
de ce que n'importe quel homme pense de moi. Je n'ai aucun vrai
ami et cela ne me manque en aucun cas. Par contre, que ce soit
sur le plan professionnel, amical, amoureux ou autre, je suis
très sensible à la façon dont les femmes
jugent mon comportement. Me faire rejeter par l'une d'entre elles,
sur quelque plan que ce soit, m'est toujours extrêmement
douloureux. Si ma timidité s'est pas mal estompée,
mon approche d'elles demeure toujours très lente et circonspecte.
La conquête (je suis un bélier, malgré tout)
doit se faire en douceur. Et, à ce titre-là, le(s)
premier(s) pas est (sont) toujours essentiels(s). Même si
j'en use parfois dans mes plaisanteries, le machisme est une chose
que je hais fondamentalement. Si mes propos peuvent être
parfois durs, voire violents, à l'encontre du comportement
de certains hommes, je tente plutôt d'ignorer une femme
(il y en a) qui m'exaspère…
Sous
la direction de Truffaut, l'excellent Charles Denner fut un très
convaincant "Homme qui aimait les Femmes". J'espère
que c'est ce que l'on retiendra un jour de moi. En attendant,
cette dépendance du regard des femmes est omniprésente
dans ma vie. Et je souffre parfois de ne pas vraiment savoir ce
que les deux êtres qui me sont le plus cher au monde, femmes
tous les deux, pensent réellement de moi…
A
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A
Inséré le 7 juillet 2009 |
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Serge
Lama, parfait exemple du "has been"...
Je
l'ai vu sur scène au début des années 80.
Un récital parfait! Tous ses grands succès y figuraient.
Lama, en ce temps-là, c'était quelque chose... Mais
en le voyant et l'écoutant aujourd'hui, je me demande si
le talent n'aurait pas une durée de vie limitée.
En 1966, lorsque Brel cesse le tour de chant, il explique ses
raisons: "Ca fait quinze ans que je fais ce métier.
J'ai atteint une notoriété qui fait que sur scène,
le public serait capable d'accepter de moi, n'importe quoi. Alors
il faut que je m'arrête, que je fuie la tentation de l'habileté"...
Quelle lucidité! Il s'est arrêté et il n'est
plus jamais remonté sur scène. Serge Lama a suivi
le même chemin. En l'espace d'une quinzaine d'années
(1967-1981), il a écrit ses plus belles chansons. Pendant
quinze ans il a tourné au rythme de 250 concerts annuels.
Puis il s'est arrêté. Comme Brel avec "l'Homme
de la Mancha", il a monté sa comédie musicale
et "Napoléon" a connu un succès considérable.
Fin de la comparaison. Après cela et un temps d'arrêt,
Lama se remet à écrire des chansons. Mais le talent
se serait-il envolé? Lama n'est plus Lama! Ce qu'il écrit
n'a plus d'impact, c'est banal, presque futile. Lama a fait son
temps...
Si
Johnny dure depuis près de cinquante ans c'est parce qu'il
n'a jamais rien écrit. Il a su s'entourer des bonnes personnes
aux bons moments. Avec sa voix et son sens du spectacle, c'est
son unique talent. Lama est un auteur. Et comme tous les auteurs,
son inspiration a une durée de vie limitée. Ayant
passé l'âge de la retraite, je crois qu'il devrait
se mettre au vert. Sa carrière a été gigantesque.
Il a écrit quelques-unes des plus belles chansons françaises
et son nom est assuré de figurer, pour toujours, entre
ceux de Brassens, Ferré, Barbara, Ferrat, Aznavour ou Brel,
au panthéon des plus grands auteurs. Mais il s'obstine.
Comment lui faire comprendre que "le temps de la rengaine"
est terminé? Je peux comprendre que le besoin d'écrire
soit pour lui (et pour tant d'autres) vital. Alors qu'il se mette
à la littérature, qu'il écrive un livre,
des nouvelles, mais qu'il cesse de s'obstiner dans un art qui
n'a plus rein à lui donner. Qu'il arrête d'écrire
des chansons qui ne nous apportent plus rien! Je suis dur, je
sais, mais son obstination me fait mal. moi qui ai tant aimé
des chansons telles que "Les glycines", "L'enfant
d'un autre", La chanteuse a vingt ans", "Je suis
malade", "Les ports de l'Atlantique" et, parmi
mes préférées, celle-ci:
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A
Inséré
le 6 juillet 2009 |
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Donna
Fargo ...
Avec
ses airs de petite Sheila américaine, Donna Fargo a eu
son heure de gloire au début des année 70. En interprétant
"The Happiest Girl in the Whole USA", cette jolie jeune
fille de 27 ans s'attribuait l'un des plus grands succès
(Country) commerciaux de l'année 1972. Par la suite, restant
fidèle à ses racines et à son style, d'autres
succès sont venus et sa carrière fut assez prolifique,
ceci jusqu'à la fin des années 70. Tombant alors
gravement malade, sa carrière subit un violent coup d'arrêt
et, même si elle s'est remise de ses ennuis de santé,
plus rien n'a été comme avant par la suite. "Daddy",
qu'elle interprète ici, est pour moi la chanson de Donna
Fargo que je préfère...
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A
Inséré
le 4 juillet 2009 |
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Sous
le signe de 1971...
En
2009, ma fille cadette a atteint l'âge que j'avais en cette
année-là. Impossible de préjuger de ce que
sera sa vie dans les années à venir. Avoir 17 ans,
c'est insignifiant pour beaucoup. Ce qui est important c'est l'année
suivante, celle des 18... Pourtant, avec le recul et l'expérience,
je me rends compte que, personnellement, 1971 représente
l'une des années les plus importantes de ma vie. Cette
année-là, la beauté, la sensualité
des femmes m'éclataient à la face comme un kaki
trop mur sur le carrelage de la cuisine. Quelle baffe! Et quel
émoi, ce jour-là... S'en suivit une relation tumultueuse,
trop courte et la fin d'un beau rêve, aussitôt poursuivi
sous les traits d'une autre... Quelques semaines extraordinaires
au cours desquelles j'avais vraiment l'impression de vivre, n'ayant,
jusque alors que végété... Cet intermède
entre l'enfance et l'âge adulte me donnait des ailes. Sans
doute aidé par le regard des filles, les premiers êtres
vivants à ne pas me regarder comme un vulgaire asticot
perdu dans l'arrogance et la suffisance de ceux qui prétendaient
tout savoir...
1971,
c'est aussi ce premier voyage, ces quelques jours de vacances
en famille. La première et la dernière fois tous
ensemble... C'était en septembre et, à bord de notre
Volvo 144 rouge, bien avant les premières aurores, nous
nous mettions en route pour Paris. De Neuchâtel, il fallait
rejoindre Avallon par les nationales car l'autoroute menant à
la capitale française ne débutait que là.
Je me souviens que nous avions crevé un pneu, du côté
de Lons-le-Saunier, et que mon père avait procédé
au changement de roue alors qu'il faisait encore nuit... Un voyage
de quatre jours pour découvrir Paris et ses merveilles.
Nous logions dans un hôtel minable de Saint-Maurice, près
du Bois de Vincennes, et prenions le métro à "Charenton-Ecoles"
pour aller visiter la ville. Quatre jours extraordinaires, non
seulement par la découverte de cette splendeur que constitue
Paris, mais aussi pour les avoir passés tous les six, comme
une famille normale que nous n'étions pas...
1971,
c'était encore cette admiration profonde pour un homme
qui me semblait vivre comme il convenait qu'un adulte le fasse.
Je connaissais tout de lui, je savais que le chemin l'ayant porté
là où il se trouvait à ce moment-là,
avait été extrêmement pénible et que
lui avait été, durant tant d'années de vaches
maigres, un modèle de courage et de volonté. Bel
exemple pour moi et première révélation que
la vie n'est que rarement ce long fleuve tranquille que certains
prétendent. Malheureusement, par un dimanche d'octobre
de cette année-là, il s'en est allé, fauché
en pleine gloire par le plus cruel des destins... Et puis, le
Noël de cette année-là se fêtait avec
un goût de tristesse car, pour la première fois,
grand-maman n'était plus là et grand-papa avait
beaucoup de peine à dissimuler son profond désarroi...
1971,
Michèle, Francine, Paris, Jo Siffert, grand-père
et grand-mère. Mais aussi, en Suisse et enfin, le droit
de vote pour les femmes. En février, la disparition de
Fernandel et, quelques mois plus tard, ma première confrontation
à la mort en direct. Un camion qui, sur un passage à
niveaux sans barrières, se fait happer par un tramway à
pleine vitesse. Le chauffeur et son collègue sont éjectés
sous mes yeux. Le premier est tué sur le coup et gît
sur la route, les bras en croix. Le second passe sous les roues
du poids lourd et est grièvement blessé. Le cauchemar
absolu! Un gendarme qui arrive et, ayant constaté
le décès du chauffeur (scène gravée
en moi pour toujours), se met au garde à vous devant sa
dépouille. Quelques nuits sans sommeil ont suivi et ces
images, le bruit du choc, les cris du blessé qui sont toujours
là...
1971,
pour finir, c'est l'affirmation d'une passion pour le cinéma
qui ne s'est jamais démentie. Marlène Jobert avait
28 ans et me faisait craquer dans chacun de ses films. Cette année-là,
c'était avec "Les mariés de l'An II" (Rappeneau)
et "La poudre d'escampette" (de Broca). Aujourd'hui,
elle ne tourne plus, sa fille Eva a pris le relais, et j'aimerais
bien savoir ce qu'elle retient de ces années 70 au cours
desquelles elle s'est affirmée... Pour ma part, ce que
je retiens de 1971 ne fait que conforter mon désarroi dans
la traversée de cette époque-ci, laquelle est à
mille lieues de ce que je m'imaginais ou j'étais en droit
d'espérer lorsque j'avais dix-sept ans...
A
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A
Inséré
le 1er juillet 2009 |
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