Geneva
Classics 08
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a
Inséré
le 31 octobre 2008 |
Geneva
Classics 08
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a
Inséré
le 30 octobre 2008 |
Geneva
Classics 08
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a
Inséré
le 29 octobre 2008 |
Geneva
Classics 08
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a
Inséré
le 28 octobre 2008 |
Geneva
Classics 08
 |
a
Inséré
le 27 octobre 2008 |
| 2.
"Le Petit Prince des Montagnes"
François-Xavier
Bagnoud est né le 11 septembre 1961. Suite au divorce de
ses parents Albina et Bruno, et comme c'est le cas dans toutes
les séparations, l'enfant est partagé entre son
père et sa mère. Il étudie aux Etats-Unis
et devient titulaire d'un diplôme en ingénierie spatiale
de l'Université du Michigan. La passion du vol, du sauvetage
et de la montagne l'emmène irrésistiblement sur
les traces et dans les pas de son père. Il obtient, dès
le plus jeune âge possible, toutes ses licences de vol (avion
et hélicoptère) et de sauvetage. Œuvrer pour
Air Glaciers (fondée en 1965 par son père, Hermann
Geiger et Fernand Martignoni) semble être sa voie et il
paraît avoir les épaules pour perpétuer la
tradition et la belle réputation de l'entreprise de secours
en montagne. Mais en 1986, engagé comme pilote de l'hélicoptère
couvrant le rallye Paris-Dakar, c'est le drame. Le 14 janvier,
dans le désert du Mali et lors d'une tempête de sable,
l'appareil percute une dune. Daniel Balavoine, Thierry Sabine,
Jean-Paul Le Fur (cameraman), Nathaly Odent (journaliste) et François-Xavier
Bagnoud, tous à bord de l'hélicoptère Ecureuil,
sont tués sur le coup... Dans le Valais tout entier, c'est
la consternation. Celui qu'on avait surnommé le "Petit
Prince des Montagnes", de par sa blondeur et sa ressemblance
avec le personnage le plus célèbre de Saint-Exupéry,
vient de disparaître dans le Sahara, à des milliers
de kilomètres des montagnes qui l'avaient vu naître.
Ses parents, sa famille, ses amis et le pays tout entier, ne peuvent
ni le croire ni l'accepter. Quelques jours plus tard dans le cimetière
du Châble, juste en dessous de Verbier, ils sont nombreux
ceux qui sont venus lui rendre un dernier hommage. Tous incrédules
et avec le cœur lourd dans le silence de la vallée,
dominée par les cimes en deuil, elles aussi presque conscientes
d'avoir vu, ce jour-là, le "Petit Prince" rejoindre
son étoile…
A |
| Inséré
le 26 octobre 2008 |
|
1.
"La Comtesse au Grand Coeur"
Lorsque
fortune matérielle et tragédie de la vie se rencontrent,
elles peuvent parfois donner naissance à de bien belles
histoires… Le 2 juillet 1941 à Paris, naît
Albina, fille du Comte Guy du Boisrouvray (cousin germain de Rainier
de Monaco) et de Lùz Mila Patino, héritière
de l'empire bolivien de l'étain. Enfance dorée et
bourgeoise, nombreux voyages, adolescence et prise de conscience
puis rébellion. Avant d'avoir atteint l'âge adulte,
la jeune fille quitte sa famille et s'installe en Valais. Là,
elle rencontre et tombe sous le charme de Bruno Bagnoud, fondateur
de Air Glaciers. Mariage et, alors qu'elle n'a que vingt ans,
naissance de son unique enfant, François-Xavier. La vie
s'écoule avec douceur. Puis c'est le divorce et un nouveau
mariage. La Comtesse devient alors productrice de cinéma
et finance quelques très belles œuvres, parmi lesquelles:
"L'important c'est d'aimer" (Zulawski), "Police
Python 357" et "Fort Sagane" (Corneau). Et puis
un jour, dans un horrible accident, son enfant meurt…
Albina
est effondrée. Elle met trois ans pour émerger,
pour commencer de quitter les affres douloureux de cette tragédie.
Elle rejoint alors Bernard Kouchner, fondateur de "Médecins
sans Frontières" puis, en 1989, elle met en vente
les trois quarts de son patrimoine familial, lequel s'avère
colossal. Nantie de cette fortune en espèce, elle fonde
à son tour "l'Association_François-Xavier_Bagnoud".
Son but: venir en aide aux enfants orphelins du SIDA. Dès
lors, Albina du Boisrouvray va sillonner le monde de part en part
et se mettre totalement au service des déshérités.
Elle œuvre sans cesse et sans repos, visite et met en place
des centres d'aide dans des dizaines de pays du tiers-monde. Toute
sa fortune y passe. Mais l'Association FXB a pris ampleur et notoriété
et dès lors, au nom et en sa qualité de présidente,
elle se lance à la recherche de fonds dans le monde entier.
En 2009, l'association va fêter ses 20 ans d'existence,
avec la satisfaction d'avoir pu aider et sauver des dizaines voire
des centaines de milliers d'enfants dons les parents sont morts,
décimés par cette terrible pandémie du SIDA…
Dans
ma précédente profession et dans les années
70-80, à l'aéroport de Genève, j'ai vu souvent
Albina du Boisrouvray. Très belle femme, très classe
et pleine de charme, avec un charisme et des yeux d'une profondeur
incroyable. Dernièrement, une émission de la TSR
a brossé son portrait. A 67 ans, le temps a accompli son
œuvre, la douleur peut-être encore davantage. Mais
elle demeure une très belle personne, lucide, sensible,
charmante et enthousiasmante, ayant toujours visible, dans le
fond de ses yeux noirs, l'éclat flamboyant de la passion.
Mieux encore: l'héritière de l'une des plus grandes
fortunes sud-américaines a largement prouvé que
ce qu'elle avait de plus cher au monde n'était pas le fruit
des mines d'étain de son grand-père Simon Patino,
mais bel et bien l'or resplendissant et infiniment précieux
dans lequel elle a forgé son cœur tout au long de
ces années. Là-haut, François-Xavier doit
se sentir très fier de sa petite maman…

|
a
Inséré le 25 octobre 2008 |
| Jo,
Seppi, mon ami...
Fribourg.
Petite ville suisse de trente-cinq mille habitants, à la
frontière des langues françaises et allemandes.
Le vendredi 29 octobre 1971, un convoi funéraire parcourt
avec lenteur les rues de la ville. Cinquante mille personnes se
sont massées ici pour assister aux funérailles et
rendre un dernier hommage à un homme que le pays tout entier
admirait profondément. Joseph Siffert rejoint ce jour-là
sa dernière demeure, le cimetière Saint-Léonard,
escorté par les pleurs et l'émotion de tout un peuple.
Ce vendredi-là, j'avais demandé à mon chef
s'il m'autorisait à prendre une demi-journée de
congé pour pouvoir me rendre aux funérailles de
Jo. Mais il avait refusé. Trop de travail ce jour-là,
prétendit-il… Et c'est devant les images de la télévision
montrant cette foule impressionnante, en ce 29 octobre, que j'ai
compris à quel point cet homme extraordinaire avait su
conquérir le coeur de ses compatriotes...
Seppi,
mon ami,
Il
s'est passé plus de temps, depuis le jour de ton fatal
accident, qu'entre ta naissance et cette tragédie... Tu
n'avais que trente-cinq ans et cela fait deux années de
plus que tu n'es plus qu'un souvenir. Mais pas n'importe lequel...
Si ta fougue, ton courage, tes gestes et mimiques expliquant un
quelconque incident de course, ne sont plus là pour me
faire vibrer, ton image est en moi vivante comme au 1er jour.
Le premier jour, ce devait être au milieu des années
soixante, lorsque j'ai, comme beaucoup de mes compatriotes, entendu
parler de toi. Pour moi qui ai passé toute
mon enfance et mon adolescence à me chercher des héros,
tu as tenu ce rôle dans mon coeur comme personne. Tu étais
l'homme vivant sa vie comme nul autre de ceux, souvent stupides,
toujours incompris, qui gravitaient autour de moi. A l'époque,
j'achetais "Sport Auto", la revue française du
sport automobile et je découpais les photos et posters
de Jo Siffert fêtant l'une de ses nombreuses victoires,
que ce soit en Formule 1, Formule 2 ou Sport Prototypes, pour
les afficher sur les murs de ma chambre ou ceux de mon vestiaire
du chantier sur lequel je travaillais.
En 1971, une année que je considère comme l'une
des plus importantes de ma vie, j'avais dix-sept ans. Le 15 août,
tu gagnais le Grand-Prix d'Autriche, sur cette magnifique BRM
P160 blanche aux couleurs des parfums Yardley. Joie immense et
confirmation que, sur une voiture au point, peu de pilotes parvenaient
à te suivre sur la piste. Après un Grand-Prix d'Italie
que tu menas, avant que la boîte de vitesses de ta voiture
ne fasse des siennes, après encore une deuxième
place aux Etats-Unis (derrière le regretté François
Cevert), il y eut cette épreuve de trop, cette course pour
rien, si ce n'est pour fêter le deuxième titre mondial
de Jackie Stewart. Ce jour-là, tu n'avais pas envie de
courir, sans doute en raison d'une saison trop remplie (40 courses).
Mais tu ne te dérobas pas. Parce que ce n'était
pas ton genre. Pole position, départ raté, remontée
exceptionnelle et ce maudit 16ème tour. A 14 heures 18,
ce dimanche 24 octobre 1971, ta BRM se mit à zigzaguer
sur la piste de Brands-Hatch, là-même où trois
ans plus tôt tu avais remporté ta plus belle victoire.
L'accident. Le feu. L'horreur absolue. Dans cette fournaise qu'aucun
commissaire de piste n'a pu maîtriser, tu es mort très
vite. Asphyxié et avec peu de brûlures graves, finalement...
L'histoire d'un des pilotes automobiles les plus attachants et
les plus méritants s'est achevée ainsi, brutalement
et très injustement. Mais la justice, et ça on le
sait depuis longtemps, n'est pas l'apanage du destin. De toi,
il me reste beaucoup de choses, et notamment cette image d'un
petit matin de juin 1971, alors que, sur ta superbe Porsche 917
L, capable de passer les 380 km/h sur la ligne droite des Hunaudières,
tu roulais pour une fois sans forcer, désirant plus que
jamais gagner ces 24 heures du Mans, la seule course d'endurance
manquant à ton palmarès. Je m'étais levé
tôt, après m'être couché très
tard, car cette année-là, j'étais très
confiant dans tes chances de remporter enfin cette épreuve.
Scotché au petit écran, je croisais les doigts...
Hélas, une fois encore, après une nuit où
les ennuis mécaniques s'étaient succédés
comme rarement, tu abandonnais en milieu de matinée. Je
m'étais alors dit: t'en fais pas, Seppi, tu gagneras l'an
prochain... Tu n'as pas gagné! Tu n'as jamais été
champion du monde de Formule 1. Mais ton palmarès est élogieux.
Mieux: tous ceux qui t'ont connu et suivi dans ces années
où l'Automobilisme portait encore très dignement
le nom de Sport, ne t'ont jamais oublié. Parce que tu étais
de la race des Seigneurs du Volant et que tu avais gravi tous
les échelons par ta seule volonté, par ton courage
et ton exemplaire force de caractère... Je ne t'ai pas
connu, Jo, mon ami. Mais j'ai suivi tes exploits et j'étais
ton plus fervent et fidèle supporter. A cet âge où
l'on apprend beaucoup des choses de l'existence, c'est toi, et
personne d'autre, qui m'a appris que dans la vie, il ne faut compter
que sur soi-même et que la chance, certains ne s'en servent
que pour compenser un éventuel manque de talent ou de détermination...
Inséré
le 24 octobre 2008 |
|
Patchwork d'automne...

Vignoble,
entre Sierre et Crans-Montana...
Inséré
le 23 octobre 2008 |
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Barrage, lac et glacier de Moiry...

Situé au fond du Val d'Anniviers (Valais), le lac de Moiry
offre à ses visiteurs incrédules, un panorama époustoufflant
de beauté. A 2300 mètres d'altitude, dans une atmosphère
pure et vivifiante, protégé des vents forts par
les montagnes qui l'entourent, le lac déroule son tapis
moitié soie et moitié velours, dans un silence impressionnant...

Au nord, c'est le barrage, haut de 148 mètres, au sud le
glacier qui l'alimente, plus loin la Dent-Blanche, culminant à
4357 mètres...

Inséré
le 22 octobre 2008 |
|
Château d'Oberhofen...

Propriété
des Habsbourg au XIVème siècle, il fut investi par
les Bernois après la Bataille
de Sempach, gagnée par les Confédérés.
Ce château, dont le donjon date du XIIème, est une
splendeur par la qualité esthétique de l'ensemble
et de tout ce qui lui a été ajouté après
coup et dans les siècles suivants. Il est situé
sur la rive nord du lac de Thoune, dans le canton de Berne.
Inséré
le 21 octobre 2008 |
|
Altdorf, chef-lieu du canton d'Uri...

Si
les batailles de Morgarten ou de Sempach sont bien réelles
et ont contribué à consolider les bases de la Confédération,
l'histoire de Guillaume Tell, elle, demeure une légende.
Et c'est peut-être mieux comme ça. Car il aurait
fallu être bien inconscient, voire complètement fou,
pour mettre ainsi en jeu la vie de son enfant... Le centre historique
du "Vieux Village" n'est pas que le home du tireur d'élite
suisse, il est aussi parsemé de divers boutiques et restaurants
aux enseignes suspendues plus belles les unes que les autres...

Inséré
le 20 octobre 2008 |
|
Morgarten...

Haut-lieu de l'histoire de la Suisse, cet endroit magnifique
se trouve dans le canton de Zoug, à proximité de
la pointe sud du lac d'Ägeri. C'est ici que s'est déroulée,
en novembre 1315, la "Bataille
de Morgarten" (Mémorial ci-dessous). Celle-ci
demeure le combat le plus important, entre Suisses et Autrichiens,
dans le processus de consolidation de l''indépendance de
la Confédération Helvétique, fondée
24 ans plus tôt...

Inséré
le 19 octobre 2008 |
Jean-Pierre
FERLAND |
A |
Né le 24 juin 1934 |
s'est
imposé en France en 1968. Un succès colossal avec
le titre ci-contre et on parlait déjà de "nouveau
BREL", lequel avait cessé le tour de chant un an auparavant...
De sa voix puissante et superbement posée, ce Québécois
est un grand de la chanson francophone d'outre-Atlantique. Je
me souviendrai toujours de son interprétation magistrale
de "Au même clou" (de Félix LECLERC), dans
"Vagabondages", une superbe émission de variétés
de Roger GICQUEL, diffusée sur FR3 en 1985. J'ai vu Jean-Pierre
FERLAND sur scène en 2002 et j'en garde un souvenir majeur... |
A |
|
Inséré
le 17 octobre 2008 |
*** |
Daniela
LUMBROSO |
A |
Née
le 18 août 1961 |
 |
A |
est
sans doute l'une des seules et dernières personnes encore
capables de me dissuader de jeter mon poste de télé-poubelle
par la fenêtre! Car de la voir animer une soirée
est un pur ravissement. Sosie presque parfait de Nicoletta Braschi,
l'épouse de Roberto Benigni, ses origines italiennes y
sont sans doute pour beaucoup; elle est belle, pleine de charme,
d'une féminité absolue et le son unique de sa voix
me fait boire ses paroles. Bref, toutes chaînes confondues,
Daniela LUMBROSO est bien la plus belle femme du paysage audiovisuel
français... |
Inséré
le 14 octobre 2008 |
*** |
The
answer, my girl, is blowin' in the wind, the answer is blowin'
in the wind...
Sur
les landes vertes d'Irlande, par delà les montagnes et
le continent, plus loin que le bout de la mer, tu vis ton amour
des chevaux. Au creux de cette terre inconnue, parcourue de
lacs et de rivières, arrive-t-il que mes mots parviennent
à ton oreille? Est-il possible que le courant les porte
jusqu'à toi qui me manque chaque jour un peu plus encore?
Si c'est le cas, peut-être comprendras-tu que ce vent
du sud est parti d'ici, de chez nous, de chez moi, de mon cœur
qui te souffle les mots d'amour d'un père à sa
fille. Je t'aime, Maeva, je t'aime et je me languis de toi…
|
Inséré
le 13 octobre 2008
|
LE
CYGNE
Dans
l'eau claire du port,
Il est passé,
Fier sur l'onde paisible,
Le cou plissé,
Puis a viré de bord,
M'a dépassé
Et d'un irrésistible
Envol, lancé
En un superbe effort,
Comme poussé
Par un vent invisible,
S'est effacé,
A pris son lourd essor,
Non sans laisser,
Sur l'eau claire et paisible
Du port, glisser
Un bien joli trésor…
|
| Inséré
le 10 octobre 2008 |
Trente
ans déjà…
Me voici donc, Jacques… J'ai traversé la planète
d'est en ouest et de part en part. Juste pour fouler un peu, dans
le silence et le respect, la terre de ta dernière escale;
pour pour m'assurer de la solidité de ton dernier ancrage;
pour goûter à ces alizés légendaires
qui t'ont porté jusqu'ici… Mais si je suis là,
au pied de ce rectangle de pierres parsemé d'herbes folles,
c'est aussi pour te dire merci. Pour te dire que tu me manques,
que ta vie et ton honnêteté m'inspirent, m'inspireront
toujours et qu'elles demeureront à jamais pour moi, le
plus beau des exemples… De tes rêves d'enfant, tu
es allé au bout. Tu as su puiser dans les années
de ton enfance, l'inspiration qui t'a mené jusqu'ici. Et
si tu es parti si vite, beaucoup trop tôt, tu l'as fait
l'âme en paix et la conscience tranquille. Tu n'as jamais
triché, Jacques. Tu as accompli ce que ton parcours initial
de vie te recommandait de faire. Tu as rempli, de la plus belle
et émouvante des façons, le contrat que l'existence
a conclu avec toi au moment de ta naissance...
Et,
pour ce qui me concerne, tu m'as fait comprendre ce que devrait
réellement être le passage d'un homme sur cette terre
qui te recouvre aujourd'hui pour l'éternité…
Sur cet îlot tropical, là où le soleil explose
en bouquets intenses de lumière, tu as jeté l'ancre
dans le dernier de tes nombreux ports d'attaches. Et si le cri
de ces foules qui te suppliaient de ne pas les abandonner, résonne
encore jusqu'ici, c'est peut-être pour te faire comprendre
que ces dernières ont perdu, en pleurant ton départ,
bien plus qu'un artiste de music-hall. Elles ont perdu un ami,
un grand frère, un confident. Un confident… C'est
ce que tu es devenu depuis ta disparition. Je te parle, à
toi qui avais l'âge de mon papa, je te demande conseil,
comme je ne saurais le faire auprès de mon propre père
et je m'interroge sur l'attitude qui serait la tienne dans les
problèmes que je traverse. J'ai parfois l'impression d'avoir
perdu de ma dignité en tentant de retenir cette femme qui
s'en est allée. Je lui ai dit: ne me quitte pas! Je l'ai
implorée, suppliée, j'ai pleuré à
ses genoux et me suis presque résigné à devenir
l'ombre de son berger allemand. Contrairement à toi, l'amitié,
la présence des copains ne me réconforteront pas…
Isolé, sur la terre des vivants, je fais face à
ma peine.
Et
je suis venu, aujourd'hui, sur cette Terre des Marquises, auprès
de mon seul ami, lequel ne me répondra pas de vive voix
mais dont la présence bien réelle me réconforte…
Cette visite que je te fais, Jacques, est peut-être destinée
à me convaincre que la vie vaut la peine d'être vécue.
Et lorsque je vois tout ce qui pousse autour de toi qui en es
réduit à l'immobilité éternelle du
corps, j'ai l'impression que seuls ton esprit et ton cœur
en sont à l'origine. La certitude aussi que cette haute
croix blanche marque, non seulement l'entrée de ta dernière
demeure, mais également l'ancrage d'un homme dont l'âme
resplendit sous la même couleur… Ces quelques bougainvillées,
en rose et blanc, déposées sur ta pierre tombale
et renouvelées tout au long de mon séjour, sont
le gage de mon amitié, de ma fraternité, de ma reconnaissance
pour m'avoir aidé à comprendre tellement des choses
de la vie et le signe tangible que je quitterai cette terre polynésienne,
la tienne, plus fort qu'en y débarquant, quinze jours plus
tôt, en proie au plus cruel tourment…
Hiva-Oa
est belle, Jacques, et elle te va bien! Je te le dis, comme j'aurais
aimé le confier à Maddly. Mais ta compagne n'est
pas là. Peut-être repartie, contrainte, pour quelques
jours vers les foules que tu fuyais… Oui, Hiva-Oa est belle
et son nom résonnera toujours en moi comme le chant plaintif
des gentils habitants de cette Terre des Marquises en laquelle
tu as trouvé cette sérénité qui est
la tienne et qui ne te quittera plus jamais. Merci Jacques, merci
du fond du cœur pour tout ce que tu as fait pour moi...

Inséré
le 9 octobre 2008 |
Patrick
DEWAERE |
A |
26 janvier 1947 - 16 juillet 1982 |
a
tourné définitivement le dos à la vie alors
qu'il ne pouvait imaginer vivre sans sa fille. En 1982, je ne
comprenais pas très bien ce que cela voulait dire. Aujourd'hui,
je sais… Patrick DEWAERE était un immense acteur.
Sans doute le plus grand comédien de sa génération,
plus grand encore que son pote DEPARDIEU! Sa vie a été
parsemée d'amours déchues, de blessures dont on
ne guérit pas. Ultrasensible, il n'a pas supporté
la dernière. Il est parti, le coeur en ruines, à
l'âge de 35 ans, terrassé net par l'amour et ses
parfois terribles ravages…
|
A |
|
Inséré
le 7 octobre 2008 |
*** |
Stephen
GREY |
A |
Né en juin 1938 |
depuis
30 ans, collectionne les avions historiques. Cet Anglais passionné
s'est constitué la plus belle panoplie européenne
de chasseurs de la seconde guerre mondiale. Il les chevauche et
les fait voler tous, pour le plus grand plaisir des aficionados
du genre, dont je fais partie. Grâce à lui, le patrimoine
d'une période noire de l'histoire survit. Si vous passez
un jour près de Cambridge, arrêtez-vous à
Duxford, 12 kilomètres plus au sud. Peut-être l'apercevrez-vous
alors, aux commandes d'un Spitfire ou d'un Corsair, fendre le
ciel de part en part...
|
A |
|
Inséré
le 6 octobre 2008 |
*** |
Les
ailes plombées...
Les
avions sont là. Arrivés l'un après l'autre,
ceux-ci venus de terrains proches, ceux-là de bases plus
éloignées. Ces derniers, et plus spécialement
leurs pilotes, ont dû braver des conditions météorologiques
difficiles, mais ils ont rallié leur objectif, en bons
aviateurs qu'ils sont, heureux de venir présenter leurs
vieilles mais toujours belles machines à un public qui,
même s'il s'en défend, reste un peu nostalgique des
temps où elles représentaient la modernité…
Je me suis fait un point d'honneur, et même si ce n'était
pas mon rôle, d'aller saluer chaque équipage, de
lui souhaiter la bienvenue sur cette base que je hante depuis
presque 34 ans… Ce Geneva Classics 2008 représente
sans doute le dernier plaisir réel de ma vie dans l'aéronautique
active. Et j'en ai connu pas mal dans ce tiers de siècle.
J'ai rencontré aussi de grands hommes, de bons pilotes,
de grands Aviateurs. Aujourd'hui, si je côtoie encore beaucoup
des seconds, bien peu peuvent s'enorgueillir d'appartenir à
la troisième catégorie…
Hier
soir, dans une fin de journée resplendissante, tous les
avions étaient alignés sur la portion de tarmac
qu'on leur avait réservée. Rutilants et scintillants
sous le soleil, alignés dans un ordre parfait, exposés
aux regards caressants d'un public jeune ou vieux, féminin
ou masculin, mais que la chose aéronautique intéresse.
Ca m'a fait du bien de voir tous ces gens faire la queue pour
monter à bord du DC-2 ou du Lockheed Electra. Ca m'a réconforté
de voir hommes et femmes évaluer le meilleur angle pour
tirer le portrait de leur appareil préféré.
Ca m'a beaucoup ému de voir les machines se dévoiler
quelque peu en offrant à des inconnus une petite parcelle
de leur âme ancienne mais non altérée par
le temps. Mais ça m'a fait très mal de constater
que je vivais en cet instant précis, peut-être le
dernier moment exaltant d'une vie active presque entièrement
vouée à l'aviation…
...
"Et je méditai sur ma condition, perdu dans le désert
et menacé, nu entre le sable et les étoiles, éloigné
des pôles de ma vie par trop de silence"…
Saint-Exupéry - "Terre des Hommes"
A |
|

A
Octobre 1988, rive sud du Grand Canyon.
Vingt ans plus tard, ils sont toujours là et ces jours-ci,
ils fêtent leurs quatre-vingts ans.
Papa, maman, je vous aime...
A |

A
En 1975, Clay Regazzoni disputait le championnat
du monde de Formule 1 au volant de cette magnifique Ferrari 312T.
La même année, je débutais mon activité
aéroportuaire à l'endroit même où ce
bolide est aujourd'hui exposé. Trente-trois ans plus tard,
Clay n'est plus là. Son aura, sa mémoire et sa voiture
demeurent. Et moi je sens déjà le coup de vent final
qui m'emportera au loin, dégoûté par ce que
le monde moderne a fait de la chaleur humaine régnant ici
dans ces temps reculés...
A
|
LES
SAISONS DE MA VIE
Dans les prés arrosés
Par la rosée
Une fleur, à la vie
S'ouvre ravie;
Aujourd'hui toute forte
Et demain morte...
Le
temps, sur ma torpeur,
Passe et j'ai peur.
***
Dans la nuit tiède et claire,
Comme un éclair,
Tu es passée, trop vite
Et, par ta fuite,
Es devenue l'engrais
De mes regrets...
Le
temps, sur ma douleur,
Passe et je pleure.
***
Frémissant sur sa branche
La feuille flanche,
Par la rouille vaincue,
Elle a vécu!
Sa vie sera demain
Sans lendemain...
Le
temps me fait malheur,
Et sonne l'heure.
***
Sous le manteau glacé
Du temps passé,
Je sens en moi venir
Des souvenirs;
Ils ne surseoiront pas
A mon trépas...
Le
temps, soudain, demeure
Fixe et je meurs...
A |
| Inséré
le 1er octobre 2008 |
|