A
A
A
|
| Inséré
le 30 septembre 2008 |
Parlez-moi
de la pluie…
Il
est des films que je vais voir sans même m'inquiéter
auparavant de leur contenu. Parce que les actrices/acteurs que
j'aime y tiennent un rôle ou parce que celle/celui qui dirige
fait partie de ceux qui me touchent infiniment dans leur art de
la mise en scène. Jean-Pierre Bacri fait partie des premiers
et Agnès Jaoui des seconds. En plus, à eux deux,
ils écrivent des choses extraordinaires. Donc, en allant
voir "Parlez-moi de la pluie", j'avais trois bonnes
raisons de m'y rendre… Cent minutes plus tard, j'avais assisté
à un excellent jeu d'acteur et à une belle mise
en scène. Mais, hélas, l'histoire n'est pas à
la hauteur et même les moments les plus graves sont exempts
de cette émotion que, pourtant, Madame Jaoui sait si bien
transmettre à l'écran. Quant à Jamel Debbouze,
le meilleurs acteur comique du moment, la gravité ne lui
sied guère et, dans ce rôle banal, il redevient un
acteur presque ordinaire. Dommage! Comme
il est dommage que la bande originale, si elle fait bien référence
à Brassens, le fasse avec "Les passantes" et
non pas avec "L'orage", pour moi la plus belle chanson
du grand Georges... Mais, pour finir sur une note plus optimiste,
je me dois de signaler la performance magnifique d'une jeune inconnue
répondant au nom de Florence Loiret-Caille, laquelle donne
dans un petit rôle joué à la perfection, tout
la plénitude de son talent. Cette frêle jeune fille
est à l'aube d'une carrière des plus prometteuses
et je brûle d'impatience de la voir dans son prochain film...
Inséré
le 29 septembre 2008 |
A
|
| Inséré
le 28 septembre 2008 |
Kelly
REILLY |
A |
Née
le 18 juillet 1977 |
 |
A |
doit
sans doute venir d'une autre planète! Il n'est pas possible
que cette "créature" soit une terrienne! Deux
humains ne peuvent avoir engendré pareille merveille…
Cet être divin, c'est la preuve irréfutable que la
perfection existe. Sa grâce, ses mimiques, sa voix, ses
expressions, son charme, sa féminité, ses taches
de rousseurs, ses yeux pers m'ont mis à terre lorsque que
j'ai vu "L'auberge espagnole". Avec "Les poupées
russes", "Wendy", la petite Anglaise, a définitivement
cloué mon coeur sur l'autel de l'adoration et de la dévotion... |
Inséré
le 27 septembre 2008 |
*** |
A
bout de souffle...
Où
trouver la force? Où? Dans quoi? La force d'avancer encore.
La force de ne point baisser les bras, les épaules. La
force de ne pas courber le dos… Il y a vingt ans, jour pour
jour, nous partions vers l'Amérique. Mon père, ma
mère et moi. Une moitié de famille sur les routes
du Nouveau Monde. La découverte, pour eux, d'une terre
de rêve; pour moi la confirmation des mêmes sentiments
après cinq voyages précédents dans les mêmes
régions. Mais quatre lustres plus tard, que reste-t-il
de ces délicieuses et mémorables pérégrinations?
Eux sont encore debout, malgré les mille maux de leur âge.
Dans quelques jours, nous allons fêter leur 80ème
anniversaire. Je serai de la fête, avec dans la tête
les réminiscences de ce voyage qui fut l'un des plus beaux
de ma vie toute entière. Oui, j'y serai. Mais sans la certitude
et ni même l'envie d'atteindre un jour cet âge qui
est aujourd'hui le leur… J'ai parfois l'impression, depuis
dix ans, d'avoir vieilli trois fois plus vite. Tout a changé
à une vitesse vertigineuse. Tout s'est emballé.
Tout a été chamboulé. Et je me m'interroge
quant à savoir si je n'aurais pas rattrapé, voire
dépassé mes propres parents, eux qui ont pourtant
vingt-six ans de plus que moi… Au point que et à
dix jours de cet anniversaire majeur pour eux, je me demande s'il
ne serait pas bon, au moment d'éteindre leurs 160 bougies,
que je ne tente point de leur venir en aide. Mais je ne le ferai
pas. Persuadé que dans cet exercice et dans cette vie qu'il
parcourent côte à côte depuis cinquante-six
ans, ils ont encore tellement plus de souffle que moi…
Inséré
le 26 septembre 2008 |
Vous
qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez, si c'est un homme,
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez, si c'est une femme,
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous...
A
|
Primo
LEVI, dans "Si c'est un homme", n'aurait écrit
que cela qu'il aurait dit l'essentiel...
A |
| Inséré
le 25 septembre 2008 |
André
RAIMBOURG, dit "BOURVIL" |
A |
27 juillet 1917 - 23 septembre 1970 |
L'honnêteté
faite homme! La droiture, la gentillesse, l'image parfaite du
père de famille, amoureux de sa femme jusqu'au dernier
jour. L'HOMME tel que je le conçois. Il était tout
cela. Et, plus encore que ce prodigieux talent lui ayant permis
de devenir le plus grand acteur français de tous les temps,
c'est ce qui me plaisait en lui. Il est parti trop tôt,
beaucoup trop tôt... Mais André Bourvil n'est pas
vraiment mort. Il est là, dans le coeur de ceux qui ne
l'oublieront jamais, souriant avec tendresse de voir que son départ
prématuré pour les fleurs n'a fait que magnifier
une aura qui brille encore de mille feux, même 38 ans plus
tard... |
A |
|
Inséré
le 23 septembre 2008 |
*** |
Romy
SCHNEIDER |
A |
23
septembre 1938 - 29 mai 1982 |
 |
A |
parmi
tout ce que la vie lui a apporté, beaucoup lui a été
repris. Le destin peut offrir les plus beaux cadeaux pour, sans
raison, les reprendre un jour ou l'autre avec la plus grande cruauté.
Au centre d'un petit village, dans la campagne des Yvelines, Rosemarie,
aux côtés de son fils David et libérée
de son mal de vivre, se repose
depuis vingt-six ans. Sur le chemin tourmenté de sa vie,
elle a tout connu de ce qui peut rendre une femme heureuse. Mais
la gerbe de son bonheur était nouée d'un fil dérisoire,
d'un lien beaucoup trop fragile et son coeur n'a pas supporté
de devoir vivre sans son enfant... |
Inséré
le 23 septembre 2008 |
*** |
Les
moulins seront toujours les plus forts...
Depuis
sept ans, pour tenir, il a fallu se créer une carapace.
Entreprendre un travail sur soi, sur sa sensibilité, sur
ses sentiments. Se protéger des attaques sournoises menées
par les noirs émissaires de cette déchirure encore
incomprise. Il a fallu se protéger, s'envelopper le corps,
le cœur et l'âme dans une armure des plus hermétiques.
C'est ce que j'ai tenté de faire. Dresser un rempart entre
les peines, les douleurs, voire les émotions et mon être
qui recevait tout cela dans un déferlement, une vague meurtrière
qui, à la longue, m'aurait mené nulle par ailleurs
que dans un naufrage douloureux, voire définitif. Je me
suis interdit de couler. J'ai durci jusqu'à l'acier l'écorce
de mon corps. Parce que je voulais vivre…
Et
l'armature a tenu bon. A mon propre étonnement… Je
me suis fermé, refermé sur moi-même, j'ai
refusé, au prix d'un effort immense, de laisser entrer
quoi que ce soit qui puisse me faire choir dans cette détresse
consécutive à la privation de mes enfants. J'ai
mené un travail de désensibilisation long et douloureux,
parsemé d'embûches et d'obstacles (parce qu'à
50 ans il est bien ardu de travailler sur le fond), lesquels ont
été la cause de bien des rechutes. Mais je me suis
obstiné, au profit, certes, d'un manque (forcé)
de sincérité et d'authenticité. Mais c'était
cela ou la chute. Et je ne suis pas tombé. J'ai réussi
à tenir. Et c'est pour ça que je suis encore en
vie…
Mais
aujourd'hui, je sens comme une faille dans le beau système
que j'avais mis en place. Que ce soit dans ma vie privée
ou professionnelle, beaucoup de choses partent de guingois. Je
ne me retrouve plus dans cette entreprise à laquelle je
suis fidèle depuis 20 ans, à ce lieu de travail
que je hante depuis plus d'un tiers de siècle. Mes patrons
ne prennent plus la moindre précaution pour me faire comprendre
que j'ai fait mon temps. Ma fille aînée embarque
aujourd'hui même pour un séjour de plusieurs mois
à l'étranger, loin de moi à qui elle a tant
manqué, loin d'un père à qui elle manque
tellement. Et même si l'expérience ne pourra que
lui être bénéfique, ce départ impromptu
me laisse en plein désarroi…
Elle
est belle mon armure! Magnifique! Elle luit même dans la
nuit mais ne sait désormais plus cacher à mes yeux
les nombreuses failles qui la sillonnent. La carapace se fend,
l'écorce commence à s'effriter, le rempart perd
de son efficacité face aux nouveaux moyens que la vie déploie
pour le faire plier… Mais je suis encore là. Je fais
(ou tente de faire) face. Tel un don Quijote usé d'avoir
combattu ses trop nombreux moulins. Un "Chevalier à
la triste figure" debout mais chancelant et dont les genoux
ploient sous la charge de ses illusions perdues. Bientôt
il va s'effondrer, des étoiles encore dans le regard mais
de la poussière plein les yeux en touchant le sol, dans
le grand fracas de son armure désormais impuissante à
le protéger de quoi que ce soit…
Inséré
le 21 septembre 2008 |
Connie
SMITH |
A |
Née
le 14 août 1941 |
 |
A |
possède
la voix féminine la plus extraordinaire de la Country Music.
Je l'ai vu cinq fois sur scène, au Grand Ole Opry de Nashville,
tout au long des années 80, et dès son premier récital,
je suis tombé totalement sous l'emprise de cette belle
femme au regard d'un bleu intense. Connie SMITH est une artiste
majeure dans le genre musical qui est le sien et qui fait toujours
recette de l'autre côté de l'Atlantique. Et je dois
bien avouer que c'est en grande partie grâce à elle
que je voue toujours à cette musique un culte qui ne s'éteindra
jamais... |
Inséré
le 20 septembre 2008 |
*** |
Le
pacha…
Il
s'en est allé, fort de son aura de pilote dans l'armée
de l'air, plus tard, et relation de cause à effet, de son
expérience de commandant de vaisseau dans la flotte amirale
du pays, bardé de ses quatre gallons dorés et scintillants
comme au premier jour. Il a fait carrière dans l'une des
plus cotées parmi les compagnies aériennes mondiales
de grand renom. Et même lorsqu'elle s'est effondrée,
les ailes lamentablement brisées, pleurée par tout
un peuple, l'homme a su rebondir. Renaissant de ses cendres et
amputée d'une partie de son nom, la compagnie a repris
son envol, le capitaine ses commandes de vol. Pour quelques mois
seulement… Car un jour il en a eu assez. Il a déposé
au placard sa casquette et sa belle veste qui, paraît-il,
font beaucoup rêver les dames et, dans une odeur pesante
de naphtaline, a refermé la porte. Le pacha avait définitivement
tourné la page…
Alors,
il est arrivé. Sans doute amputé d'un quart du salaire
qu'il touchait dans les cieux, au temps de la splendeur de son
airline, il a décidé de n'y plus penser et de repartir
d'un nouvel élan. Mais la terre n'est pas le ciel. Les
rampants n'ont sans doute pas pour lui l'aura de celles et ceux
qu'il dirigeait dans l'attique des couloirs aériens cerclant
la planète. Au sol, il était nouveau, un néophyte.
Sans expérience ou presque. Alors que ceux qui ne l'ont
jamais quitté, le sol, eux savaient. Et cette idée
lui fut insupportable. Il entreprit donc de faire le ménage.
A la tête de son nouvel empire et en l'espace de quatre
ans, il réussit à se débarrasser de tous
les cadres. Ouste les vieux, ceux qui ne s'en laissaient pas compter,
allez, du balai! Circulez, y'a plus rien à voir…
A leurs places? Des anciens de son ancienne compagnie. Jadis torses
bombés, eux aussi et jusqu'à l'arrogance, d'avoir
l'honneur d'être au service d'une telle splendeur…
Première
partie de sa mission à peine accomplie, il s'attaquait
déjà à la seconde. Il était bien sûr
intolérable pour lui que les employés puissent avoir
davantage d'expérience que les nouveaux cadres. Donc, là
aussi, un coup de balai s'imposait. Du sang neuf, on veut du sang
neuf! Certains y sont passés, d'autres attendaient leur
tour. Bientôt ce fut le mien. Le harcèlement moral
avait commencé. Et j'ignorais combien il allait être
douloureux. Après plus de trente années passés
dans l'entreprise, fidèle et ayant connu l'humanité
de beaucoup des cadres précédents, la dureté
et le manque ahurissant de considération se sont révélés
tels l'obstacle imprévu jaillissant au milieu de la route.
Et je me le suis pris en pleine poire! Et ça m'a fait très
mal. Et même que c'est pas fini…
Ainsi,
le pacha poursuit son œuvre. De la même trempe que
ceux qui ont coulé la compagnie de sa vie, hautain et prétentieux,
il est très vite redescendu d'une troposphère soi-disant
noble et flirtant avec les étoiles pour sévir désormais
dans des sphères moins romantiques et bien plus glauques.
Il est entré de plein pied et sans peine aucune dans le
monde des dirigeants modernes. Là-haut, il régnait
sur ses 260 passagers, tous dépendants de lui comme le
nouveau-né l'est du sein de sa mère. Désormais,
il couvre de sa suffisance quatre fois moins de personnes qui
ne savent plus à quel saint se vouer et qui toutes se demandent
dans quelle galère elles naviguent tous feux éteints…
Ecœurant! Désespérant! Traumatisant! Et tellement
injuste. A tel point que moi, l'athée convaincu, j'en viendrais
presque à tourner ma veste, ne serait-ce que pour appeler,
à supplier que la justice divine accomplisse son œuvre,
une bonne fois pour toutes…
Inséré
le 19 septembre 2008
|
Emile
WALDTEUFEL |
A |
9 décembre 1837 - 12 février 1915 |
dans
mon palais des maîtres de la valse viennoise, seule musique
classique capable de m'appaiser, trône à la place
de l'empereur... Paradoxal, lorsque l'on sait que ce grand musicien,
de son vrai nom Lévy, était en fait Alsacien. Mais
sa "Valse des Patineurs" est une telle perfection dans
la magie tournoyante des rythmes à trois temps, qu'on lui
pardonnera aisément de n'être pas Autrichien. "Les
Patineurs" resteront toujours pour moi, mais seulement dans
mes rêves, le morceau sur lequel je danse la valse à
la perfection... |
A |
|
Inséré
le 18 septembre 2008 |
*** |
France
DOUGNAC |
A |
Née
le 10 juin 1951 |
 |
A |
en
1972 tournait "La mer est grande", un feuilleton télévisé
qui, à l'époque, m'avait passionné. Elle
y avait pour partenaire, Yves-Marie MAURIN, le demi-frère
de Patrick DEWAERE. Cinq ans plus tard, elle rejoignait ce dernier
au générique de "Coup de tête",
de Jean-Jacques ANNAUD. Depuis, malheureusement plus grand chose
à son répertoire. Ce qui m'attriste beaucoup car
cette superbe jeune femme, pleine de talent et au regard des plus
troublants, avait pour moi quelque chose qui la rendait absolument
irrésistible devant une caméra... |
Inséré
le 17 septembre 2008 |
*** |
Docteur
Beat RICHNER |
A |
Né le 13 mars 1947 |
passe
sa vie à s'occuper des enfants malades du Cambodge. Depuis
la fin des Khmers Rouges, cinq hôpitaux ont été
construits dans le pays, grâce à des dons que le
médecin zürichois récolte en se dépensant
sans compter. "Beatocello" (pseudonyme attribué
en raison de sa passion pour le violoncelle) a ainsi pu sauver
d'une mort certaine des dizaines et des dizaines de milliers d'enfants
malades, dans un pays où le budget consacré à
la santé est l'un des plus dérisoires de la planète...
|
A |
|
Inséré
le 15 septembre 2008 |
*** |
Mamma
Mia!
Premier
de mes trois films les plus attendus de septembre, la comédie
musicale portée sur grand écran s'est révélée
assez décevante. Histoire banale, scénario inexistant
et chorégraphie indigne de ce nom. Meryl Streep en fait
parfois des tonnes et ça colle pas. Le reste de la distribution
joue sur le même registre. Certes, la comédie est
avant tout destinée à faire connaître les
chansons du groupe mythique ABBA à un public de jeunes,
mais était-il nécessaire d'user de telles mièvreries
pour y parvenir. En tous cas, l'admirateur inconditionnel du groupe
que je suis n'y a pas trouvé son compte et je peine à
croire que ceux qui découvraient l'œuvre des géniaux
Scandinaves aient pu vraiment accrocher…
Mais
bon, mis à part cela, il reste les chansons elles-mêmes.
De ce côté-là, rien à redire ou presque.
Orchestrations nouvelles (supervisées par les deux mâles
du groupe) mais parfaitement dans le ton et interprétations
très correctes de la part, surtout, d'une Meryl Streep
qui m'avait déjà épaté par ses talents
de chanteuse Country dans le dernier film d'Altman "A Prairie
Home Companion". Un gros regret cependant: plusieurs des
grands succès du groupe sont à peine effleurés
(I have a dream, I do, I do, I do, I do, I do, etc…) alors
que d'autres sont carrément ignorés (Fernando, The
way old friends do).
Meilleur
moment du film: le solo de Mrs Streep dans "The winner takes
it all", divinement interprété et seul grand,
grand moment de cinéma. Et puis si vous y allez, surtout
restez jusqu'au bout du générique de fin car, là
aussi, on tombe sur de grands moments visuels et musicaux…
Inséré
le 12 septembre 2008 |
|
Journée
de repos (suite)…
Au
bord du lac, sur les enrochements délimitant le petit port
de pêche, je me suis assis. En face de moi, beaucoup de
goélands prenaient le soleil. Presque immobiles sur les
grosses pierres, comme assoupis mais l'œil toujours aux aguets.
Dans l'eau du port, des grèbes castagneux plongeaient sans
cesse, à la recherche d'un poisson pas trop sur ses gardes.
Et puis quelques colverts déambulaient sur la surface plane
de l'eau. Soudain, une femelle s'approcha de moi. Elle s'arrêta
au pied des rochers, cherchant une voie par où tenter de
les escalader. Je l'observai sans bruit et sans bouger. En deux
coups d'aile elle fut au sommet. Elle s'approcha lentement et
me contourna. Pas à pas, s'arrêtant souvent, elle
vint tout près de moi. Très doucement, je tendis
ma main. Elle ne bougea pas. J'avançai encore un peu mes
doigts et, prudemment, la cane tenta de les mordiller, sans me
faire mal. Elle était à mes pieds, calme et silencieuse
et sa présence m'a fait un bien fou. Elle donna quelques
coups de bec légers contre ma chaussure, tira plusieurs
fois sur mon lacet, puis s'arrêta et me dévisagea.
Il me sembla lire, dans son regard, une absence totale de crainte,
comme si elle me connaissait depuis longtemps. Et ça m'a
beaucoup troublé… Elle est restée là
un bon moment. Je n'avais malheureusement pas le moindre morceau
de pain à lui offrir et j'en étais désolé.
Alors, elle s'est éloignée, lentement, est allée
au bout du petit ponton, est revenue un peu en arrière,
m'a regardé, a regardé l'eau bleutée de la
crique et s'y est jetée… Pendant une fraction de
seconde, j'ai eu envie d'en faire autant, pour aller nager avec
elle...
A
|

Inséré
le 9 septembre 2008 |
| Journée
de repos…
…
loin du stress, des rumeurs et de l'hypocrisie. Loin de cette
triste caste qui gère ma vie professionnelle, se faisant
une joie, presque une jouissance, de me dominer du haut de son
échelle salariale n'ayant fait de ceux qui la composent
rien d'autre que des parvenus, des arrivistes de la pire espèce.
Sauter dans ma voiture et partir. Rejoindre le bord des lacs du
plateau. Me poser, me reposer… Parcourir la nature qui,
déjà, commence à revêtir sa parure
d'automne. Traverser le petit bois et gagner les berges de la
rivière menant au lac, puis le champ encore imprégné
de la rosée du matin. Traquer l'oiseau avec, pour seule
arme, un appareil photo. Happer le volatile peu craintif, presque
coopératif, dans un boîtier inoffensif, rien qu'en
l'effleurant de l'objectif, en le respectant dans son habitat.
Engranger des images, mais aussi et surtout des émotions
liées à l'imprévisibilité de la nature
et des volatiles qui la peuplent. Me gorger de ces rayons de soleil
qui me frappent sans me faire mal. Me nourrir des cris et des
battements d'ailes des oiseaux frappant l'air sans lui faire de
mal. Y passer une journée entière en m'imprégnant
de la beauté des lieux, de la force que la nature tente
de remettre en moi. Y vivre pour quelques heures, loin de la bêtise
humaine. Y vivre pour me sentir vivant. Y VIVRE,
tout simplement…
Inséré
le 8 septembre 2008
|
A
chacun sa sensibilité...
Au
sein des cadres de l'entreprise, il a su se faire apprécier
au-delà de ses rêves les plus fous… Jeune
encore et sans grande expérience de quoi que ce soit,
son opportunisme inégalable a porté, a tapé
dans le mille. Touché en plein cœur, le patron!
Foudroyé par la jeunesse et l'allant d'un paltoquet à
la tchatche percutante. Mais s'il n'y avait que les paroles,
ce ne serait rien. Non. Il y avait autre chose. La lèche.
C'est ainsi qu'on l'appelle. Le tapis rouge déroulé
devant le bureau du patron, le jour de son anniversaire, son
bureau (dont il avait la clé) décoré pour
fêter son retour de vacances. Et puis tout le reste…
Le reste qui se résume en un seul mot: la frime. Alors,
quand le boss a souhaité prononcer quelques mots le jour
où le cancrelat (appelé à d'autres tâches
dans une autre entreprise) s'en est allé, sa voix s'est
faite chancelante et les trémolos en elle ont bien traduit
la pauvre émotion qui était la sienne. Ce petit
merdeux qui s'en allait, c'était une perle qui quittait
l'écrin qu'il lui avait confectionné. Et il était
triste le chef, d'une tristesse infinie…
A
chacun sa sensibilité… Dans la même entreprise,
ce qui me met des trémolos dans la voix, ce sont les mots
de réconfort destinés à deux femmes (dont
l'une est enceinte jusqu'aux dents) qui quittent le bureau de
leur supérieur, en larmes et en proie au plus cruel tourment.
La froideur des cadres, le manque de considération et de
respect, le mépris sont devenus leurs principales qualités
aux yeux de ceux qui leur ont appris à mener leur barque
avec une carapace autour du cœur et un bandeau sur les yeux
de leur sensibilité. Tout cela m'écœure profondément.
Cette perte du sens des valeurs au seul nom de la rentabilité
de l'entreprise est consternante, affligeante, à gerber.
L'enfance de ces gens-là n'est plus qu'un vieux souvenir
croupissant dans un coin en panne d'électricité
de leur mémoire. Ils sont devenus adultes. Ils sont devenus
"grands". Ils sont devenus respectables. Et ils en sont
fiers… Pauvres types! Pauvre entreprise! Pauvre monde moderne!…
Inséré
le 7 septembre 2008
|
Robert
F. KENNEDY |
A |
20 novembre 1925 - 6 juin 1968 |
ou
le rêve brisé de l'Amérique... Que seraient
devenus les Etats-Unis si cet homme avait été porté
à la Maison-Blanche en novembre 1968? Bobby incarnait l'espoir,
la paix et la justice de tout un peuple. Il a vécu longtemps
dans l'ombre de son frère John, mais je suis bien certain
qu'il serait devenu l'un des plus grands de tous les présidents
de cette Amérique aujourd'hui à la dérive.
L'assassinat de Bob KENNEDY, il y a quarante ans déjà,
demeure l'une des plus grandes tragédies politiques que
le XXème siècle ait connu...
|
A |
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Inséré
le 6 septembre 2008 |
*** |
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|
|
A
Septembre. Rentrée littéraire mais cinématographique
aussi. Avec trois films que j'attends impatiemment depuis quelques
temps déjà: "Mamma Mia!", de Phyllida
Lloyd (sortie le 10), d'après la comédie musicale
du même nom, elle même composée des chansons
du groupe mythique ABBA (lui qui se révélait au
monde entier à quelques jours de mes 20 ans); avec Meryl
Streep dans le rôle principal, ce devrait être un
vrai bonheur… "Faubourg 36" célébrera
(enfin) le deuxième film du "choriste" Christophe
Barratier (sortie le 24), toujours avec Jugnot et Kad Merad.
Enfin, le plus attendu des trois car oeuvre de celle que je
considère comme la plus émouvante des cinéastes
européennes, voire mondiales: Agnès Jaoui. "Parlez-moi
de la pluie" évoque Brassens par son titre et rien
que ce dernier me fait déjà rêver. Une histoire
écrite et jouée par elle et Bacri, avec comme
"guest star", Jamel Debbouze dans son premier rôle
dramatique. J'en ai vu quelques extraits, le film semble porteur
de grands moments d'émotion (sortie le 17)...
Trois
mois que je ne suis pas allé au cinéma. Les navets
de l'été sont passés, vive la rentrée
et l'augure de quelques moments de rêve que (presque)
seule la salle obscure parvient encore à me gratifier...
Inséré
le 5 septembre 2008
|
Etre
heureux, c'est...
C'est
vivre dans la sérénité. Loin des angoisses,
des tourments, des craintes, de toutes ces choses qui pourrissent
la vie. C'est pouvoir se retourner parfois et, mesurant le temps
et le chemin parcourus, constater que les traces sont là,
encore vivantes, illuminées par chaque point de l'existence
ayant constitué un petit bonheur. Traces semblables à
la chevelure d'une comète flottant dans l'encre du ciel
ou le filet scintillant d'une étoile filante dans le firmament.
Etre heureux, c'est entrevoir l'avenir avec sérénité,
enthousiasme, joie. C'est vivre dans un temps que l'on fait sien,
une époque à laquelle on parvient à s'adapter.
Etre heureux, c'est une main tendue, à saisir, à
tenir, à retenir, à serrer de la même force
qui nous animait lorsque, au pied de ces décennies écoulées
que l'on ne compte plus, la jeunesse nous rendait si fort, si
impétueux. Etre heureux, c'est faire confiance aux autres,
c'est avoir confiance en l'avenir, c'est avoir confiance en soi.
Etre heureux, c'est s'émerveiller de la vie, s'émouvoir
d'un sourire, se jouer de l'adversité, quelle qu'elle soit.
Etre heureux, c'est se sentir vivant dans un monde de vie, c'est
se sentir joyeux dans un monde de joie, c'est se sentir bien dans
une monde épatant...
Etre
heureux, c'est une notion qui s'efface de ma mémoire à
mesure que le temps passe...
Inséré le 4 septembre 2008 |
Un
an déjà que l'on t'a rendu un dernier hommage, Günter.
J'espère que tu fends le ciel à tire d'ailes et
que tu ne manques pas de faire un pied de nez à dieu lorsqu'il
fait semblant de se dresser sur ton chemin...
Inséré le 3 septembre 2008 |
Petula
CLARK |
A |
Née
le 15 novembre 1932 |
 |
A |
est
entrée dans ma vie en 1961. Par l'intermédiaire
d'un 45 tours qui, sur la platine usée de ma grand-mère,
a tourné des milliers et des milliers de rondes. Un titre,
un seul: MARIN. Je dois à cette femme très attachante
et à sa voix extraordinaire, les prémices de mon
amour pour la chanson. Je l'ai croisée plusieurs fois,
beaucoup plus tard, alors que j'étais devenu adulte. Elle
est une femme admirable, une immense artiste et elle tient dans
mon coeur une place tout à fait à part dans le monde
de la chanson... |
Inséré
le 2 septembre 2008 |
*** |
D'après
le superbe dessin de Maxime Ruiz figurant sur la pochette d'un
CD de Claude Nougaro intitulé "Embarquement immédiat"...
Inséré le 1er septembre 2008 |
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