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| Page 964 | 29 août 2007 | Page précédente | Calendrier | |
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Fin d'été, fin de vie... L’été s’en est allé. Bien en avance sur le calendrier… Sans bruit, à pas feutrés, emportant avec lui l’âme d’un homme qui aimait la vie. La fin parfois brutale des saisons, avec le temps, a fini par nous rendre indifférents. La fin d’une vie, malgré l’inéluctable qui est la règle, ne fera jamais de nous des habitués… Partiale comme elle se complaît à l’être trop souvent, par une nuit d'orages et de pluie dans un août des plus maussades, la sournoise a encore frappé! Huit courts mois d’une retraite bien méritée, dont à peine la moitié à en profiter pleinement, sereinement, et voilà qu’il faut prendre un congé définitif de la vie, dire un adieu sans retour à celles et ceux qu’on aime, qu’on a tant aimés. Injuste! Tellement injuste… Dans cette autre vie qui sera la sienne, Günter saura s’amuser, j’en suis convaincu. En ce sens, sa disparition n’est pas triste. La mort, pour celui qui la rencontre, n’est que la fin d’une vie passée sur terre. Quoi qu’il advienne après, cela n’a aucune importance pour le disparu. Comme cela n’en avait aucune pour lui au moment de sa naissance. La peine de ses proches, de ses amis, le deuil que l’on fait ainsi de lui sont la seule tristesse (mais quelle tristesse pour une épouse et une fille si jeune!…) de ce passage vers l’au-delà dans lequel chacun s’engouffrera un jour… L'absence de l’être cher, ne plus l'avoir, ne plus le sentir physiquement auprès de soi peut s’avérer la plus douloureuse des blessures au cœur mais elle ne doit pas nous faire oublier que c’est la règle et, peut-être, la seule justice en ce monde… En m’annonçant sa retraite, à Noël dernier, Günter avait exprimé l’envie de se lancer dans l’aviation légère. Voler! Se saouler de l’ivresse des grands espaces, dans un ciel aux courants imprévisibles et encore plus intensément peut-être qu’il l’avait fait sur cette mer qu’il aimait tant. Et je m’étais associé à cette belle idée de pratiquer l’ULM. Lui l’aurait sans doute fait sans moi, moi certainement pas sans lui… Aujourd’hui, si triste de n’avoir pas, en sa compagnie, concrétisé ce rêve, je compte sur lui pour creuser l’idée. Trouver le terrain, défricher la terre et damer la piste, construire le hangar, mettre au point les machines, les tester et planter la manche à air pour que, à l’heure qui sera la mienne, je puisse le rejoindre et tout réapprendre de lui… Adieu Günter! Non, au revoir plutôt... Accroche-toi à ton rêve, mon cher beau-frère, sans relâche. Dévore cette autre vie à pleines dents! Gave-toi de cette nourriture qu’on ne connaît pas ici et qui sert à entretenir l’âme délestée du poids du corps. Vis ta nouvelle vie plus intensément encore que tu ne l’as fait sur cette terre. Tu viens d’entrer dans l’éternité de ceux qui, victimes de la fatalité ou de l’inéluctable, oublieront sans peine, dans leur nouvelle existence, le sens de ces deux mots. Des mots qui, oui j’en suis bien certain, n’existent pas dans le monde que tu viens de rejoindre bien malgré toi… Va! Vis! Vogue! Vole! Que les courants te soient favorables, Günter. Fais bon voyage. A bientôt dans cette autre vie à laquelle on a tous, sans exception, le droit le plus légitime… |
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