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10 juillet 2007

Tiens bon, Günter!...

La vague des pluies d’un juillet pourri s’est lentement éloignée. Provisoirement... Quelques rayons de soleil percent les derniers gros cumulus parsemant encore le ciel redevenu presque bleu. Dans la chambre de la clinique, un rai de douce lumière, atténuant quelque peu la sobriété bien compréhensible des lieux, semble vouloir poser sur le visage de l’homme alité quelques parcelles d’une vie qui hésite entre fuite et demeure. Günter, me voyant entrer, sourit. Je lui trouve relativement bonne mine; il fait face et dans le reflet de ses yeux bleus accusant quand même la fatigue, je ne veux voir qu’une envie féroce de vivre…

Je lui ai apporté un petit cadeau qui devrait lui rappeler le projet qui lui est cher depuis qu’il a pris sa retraite, il y a à peine plus de six mois. Un projet auquel je lui avais fait la promesse de m’associer… J’y crois toujours, aujourd’hui plus qu’hier. Et je refuse de croire qu’il n’y croit plus… Les ravages de la maladie sont bien visibles sur son corps décharné, mais si forte et imparable que la sournoise ait pour réputation, elle ne le vaincra pas! Elle ne peut pas faire ça. L’injustice a ses limites… Sa femme, ma sœur, est là et comme moi lui tient des propos réconfortants. Point de tristesse visible, ce n’est pas le moment. Il a besoin de sourires pour pouvoir sourire encore, pour pouvoir s’accrocher à quelque chose et ne point sombrer…

Vous qui le connaissez, vous qui faites partie de sa famille ou de ses amis, rendez-lui visite. Allez le voir, le soutenir, même si sa pudeur lui fait peut-être exprimer le souhait de ne rencontrer personne. Portez vos pas au pied de son lit et soyez gais, soyez joyeux, trouvez les mots qu’il attend de vous. Faites un pied de nez à cette saleté de crabe qui s’incruste, progresse mais ne gagnera pas. Tournez le dos à la résignation! Sa guérison n’en sera que facilitée et peut-être qu’alors distinguerez-vous dans son regard d’azur, la détermination qui est la sienne dans son combat pour la vie…

Tiens bon, Günter! Tiens bon, beau-frère, mon ami…

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