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Tiens
bon, Günter!...
La vague
des pluies d’un juillet pourri s’est lentement éloignée.
Provisoirement... Quelques rayons de soleil percent les derniers gros
cumulus parsemant encore le ciel redevenu presque bleu. Dans la chambre
de la clinique, un rai de douce lumière, atténuant quelque
peu la sobriété bien compréhensible des lieux, semble
vouloir poser sur le visage de l’homme alité quelques parcelles
d’une vie qui hésite entre fuite et demeure. Günter,
me voyant entrer, sourit. Je lui trouve relativement bonne mine; il fait
face et dans le reflet de ses yeux bleus accusant quand même la
fatigue, je ne veux voir qu’une envie féroce de vivre…
Je lui ai apporté un petit cadeau qui devrait lui rappeler le projet
qui lui est cher depuis qu’il a pris sa retraite, il y a à
peine plus de six mois. Un projet auquel je lui avais fait la promesse
de m’associer… J’y crois toujours, aujourd’hui
plus qu’hier. Et je refuse de croire qu’il n’y croit
plus… Les ravages de la maladie sont bien visibles sur son corps
décharné, mais si forte et imparable que la sournoise ait
pour réputation, elle ne le vaincra pas! Elle ne peut pas faire
ça. L’injustice a ses limites… Sa femme, ma sœur,
est là et comme moi lui tient des propos réconfortants.
Point de tristesse visible, ce n’est pas le moment. Il a besoin
de sourires pour pouvoir sourire encore, pour pouvoir s’accrocher
à quelque chose et ne point sombrer…
Vous qui le connaissez, vous qui faites partie de sa famille ou de ses
amis, rendez-lui visite. Allez le voir, le soutenir, même si sa
pudeur lui fait peut-être exprimer le souhait de ne rencontrer personne.
Portez vos pas au pied de son lit et soyez gais, soyez joyeux, trouvez
les mots qu’il attend de vous. Faites un pied de nez à cette
saleté de crabe qui s’incruste, progresse mais ne gagnera
pas. Tournez le dos à la résignation! Sa guérison
n’en sera que facilitée et peut-être qu’alors
distinguerez-vous dans son regard d’azur, la détermination
qui est la sienne dans son combat pour la vie…
Tiens bon, Günter! Tiens bon, beau-frère, mon ami…
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