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28 juin 2007

Roman de gare…

Comment va le cinéma? Bien, je vous remercie. En tous cas pour ce qui est de celui que j'aime… Il est des réalisateurs dont j'irai toujours voir les films sans la moindre hésitation. Quoi qu'en (mé)dise la critique, quoi qu'en disent les spectateurs. Mais ces cinéastes-là sont rares, aussi bien en France qu'ailleurs… Depuis qu'il tourne, Lelouch m'a rarement déçu. Je devrais même dire jamais. Sa façon de raconter ses histoires, de filmer et de mettre en scène font état d'une telle maîtrise et de si grande sincérité qu'on ne peut être que séduit par l'art de ce grand, grand homme. Au point que, avec lui parfois, de septième, cet art-là devient tout simplement premier… C'était le cas avec mes deux films préférés de lui: "La bonne année" et "L'aventure c'est l'aventure". Et de tous les autres (je les ai presque tous vus), j'ai toujours gardé quelque chose. Lelouch, pour moi, c'est une référence, je dirais même, la référence française dans le cinéma mondial… Dans son dernier film et après avoir essuyé les critiques acerbes et blessantes du précédent ("Les Parisiens"), il donne une leçon à tous ses détracteurs. "Roman de gare" s'annonce pour lui comme le 1er couronnement (je suis certain qu'il y en aura d'autres) d'une carrière vraiment exceptionnelle…

Voilà un film qui se révèle être le parfait exemple de ce que j'appellerais le "ciné-bonheur". Parce que pour moi, le cinéma, c'est ça. C'est ce sentiment précis qui vous prend dès le départ et qui ne vous quittera plus jusqu'à la dernière image, jusqu'au dernier mot. Un sentiment indéfinissable fait d'intérêt, de curiosité, mêlés de bien-être, de joie et d'une extraordinaire impression que le cinéaste, malgré les fausses pistes, vous emmène là où vous avez envie d'aller. Entrer dans une salle et ne plus vouloir en sortir, c'est ça la magie du cinéma, c'est ça l'intérêt d'une belle histoire et ce n'est rien d'autre que cela qui fait les grands metteurs en scène. Dans ce "Roman de gare", Lelouch touche au sommet de son art. Scénario magnifique, ambiance rurale ou guindée merveilleusement retranscrites, comédiens et comédiennes d'une parfaite justesse de ton (Dominique Pinon s'affirme enfin comme un acteur majeur et l'inconnue Audrey Dana est stupéfiante de vérité, de beauté et de talent), cadrage et réalisation à enseigner dans les écoles, font de ce film une réussite magistrale. A près de 70 ans, Lelouch donne une stupéfiante leçon dans l'art (difficile) de captiver le spectateur de bout en bout…

"Roman de gare", comme son nom ne l'indique pas, n'a rien de banal. Il est, avec "La Môme", le plus beau film français que j'aie vu cette année. Une déferlante d'images et de mots sans la moindre fausse note. Je suis entré dans la salle obscure un peu morose, j'en suis ressorti transcendé, heureux de mon choix et conforté dans l'idée que, décidément et en ce qui me concerne, les moments de bonheurs dans ma vie seront toujours bien présents tant que des magiciens tels que Claude Lelouch continueront à faire du cinéma. Avec des gens comme lui, jamais je ne me lasserai de hanter les salles obscures…

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