Texte
et/ou photo du jour - Page 118 -
du 20 novembre 2003 |
| L'heure rouge et or... L'heure bleue et or a laissé la place à l'heure immaculée où l'astre frappe de toute la puissance de ses rayons sur des silhouettes mouvantes qui deviennent fantomatiques. Douze heures et boule incandescente à son zénith. Le blême fuselage des liners peu peints affole l'objectif qui, hagard, baisse son regard ébloui et renonce... Encore quatre tours peu pressés d'horloge et l'heure vire à l'orangé, au pourpre et ocre. Il pleut des paillettes d'or sous mon regard émerveillé et mon index tremble d'émotion comme la feuille sur l'arbre, balayée par le vent. Le liner s'aligne sur la piste ou touche de ses roues toutes encore engourdies, le bitume qui demeure froid malgré la douceur de ce tableau. Peu de minutes à profiter de cet enchantement car, très vite, le sommet grisâtre des montagnes aura mangé le cercle de feu… Râ frôle le Jura et met le cap sur les Amériques! Les blancs se fondent dans les roses, les bleus virent au mauve et tout ce qui, quelques heures plus tôt, semblait baigné d'un blanc laiteux, a repris vie sous le manteau léger des teintes au paroxysme de leur intensité. Heure merveilleuse du crépuscule, bouleversante plus encore que la plus belle des aurores… Magie furtive de la fin d’un jour éternellement recommencée. Emotion d'instants dont les plus blasés ne sauraient me faire l’affront de se lasser. C'est l'heure rouge et or! Comblant depuis toujours et pour longtemps encore, la plus infime parcelle de mon corps… |