Texte
et/ou photo du jour - Page 111 -
du 4 octobre 2003 |
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Poliomyélite, pas facile à vivre et à écrire... L'un de mes plus anciens souvenirs date de 1957... Si je suis certain de l'année, je ne le suis pas vraiment du mois. Il me semble que c'était en septembre... J'avais donc trois ans et demi. Ce jour-là, ma mère m'emmène voir le médecin. Je me plains de douleurs à la nuque, sans que je n'aie subi ni le moindre choc, ni la moindre chute. Je me souviens parfaitement de cette visite. Nous étions assis côte à côte et le docteur avait tiré les persiennes de son cabinet pour essayer ainsi de contenir la chaleur sévissant au dehors. Je ne sais plus si c'était la première fois que nous consultions pour ce problème, mais ce que je revois clairement dans ma mémoire c'est qu'après avoir écouté le praticien, elle sortit de sa poche ou de son sac à main, ce petit mouchoir rose à liseré bleu et qu'elle le porta à son visage inondé de larmes. Sans que je ne me rende compte de la gravité de la situation, le médecin venait de lui annoncer sa crainte que je sois atteint de cette satanée polio… Ce mouchoir et ces larmes, je les revois encore comme si c'était hier... Suite à cette terrible nouvelle, je suis hospitalisé pendant une dizaine de jours. Les médecins ne font que surveiller l'évolution de cette maladie incurable. Psychologiquement, le séjour est terrible et j'en garde un souvenir affreux dans ma mémoire. Les infirmières en sont réduites à m'attacher sur mon lit lorsque ma mère et ma famille me quittent après m'avoir rendu visite... Horrible... Mais après dix jours, les médecins me laissent rentrer chez moi. Sans la moindre séquelle... Un vrai miracle! Aujourd'hui, quarante-six ans après, je marche toujours sur mes deux jambes, malgré le fait que la droite soit un peu plus courte que l'autre... Ma mère est très croyante et je sais que durant mon hospitalisation, elle passa tous ses jours et toutes ses nuits à prier pour que je m'en sorte sans trop de dégâts. Même si ma foi est bien loin de valoir la sienne, parfois je me dis que peut-être Dieu l'a entendue... Si tel est le cas, je les remercie sincèrement tous les deux!... Enfin, tous les trois, car mon père a dû prier aussi... Et en ce jour précis d'octobre où elle fête ses 75 ans, c'est peut-être l'occasion pour le lui dire... Merci et heureux anniversaire maman! |