Texte
et/ou photo du jour - Page 91 -
du 5 juillet 2003 |
Comme un souvenir indélébile... Jeudi 5 juillet 2001. Le jour le plus triste de mon existence... Hier, nous sommes rentrés d'une excursion au Futuroscope de Poitiers. Quatre jours superbes! Autant par le temps radieux que par l'ambiance qui régna durant tout le voyage. Parc magnifique, plein d'attractions extraordinaires. Mes filles sont radieuses, moi aussi (ou du moins c'est ce que je leur laisse paraître). Leur insouciance m'aide à tenter de ne penser à rien d'autre et de profiter au maximum de ces quelques jours en leur compagnie, même si c'est bien loin d'être évident... Et puis, sur le chemin du retour, cette angoisse, cette boule à l'estomac contre lesquelles j'ai lutté durant trois jours, s'installent irrémédiablement en moi. Et plus je me rapproche de cette maison qu'elles ont égayée de leurs rires et de leurs cris joyeux durant trois ans, plus je ressens cette brûlure que je tente vainement d'éteindre dans mon ventre... Et c'est l'arrivée. C'est la fin de cette journée de mercredi chaude et ensoleillée. La pelouse a gardé la tiédeur emmagasinée tout au long du jour. Assis dessus, l'âme en proie au plus cruel tourment, je regarde mes filles s'amuser et courir dans la désinvolture qui leur sied si bien... Demain sera un autre jour! Et la nuit qui s'annonce risque de me priver d'un sommeil que six cents kilomètres de route auraient dû me faire tomber dessus comme l'aigle sur sa proie. Je ne dormirai pas... Au matin de ce 5 juillet, je profite de mes deux puces et tente de dédramatiser. La vie continuera et je puiserai en elles la force qui me maintiendra en vie... Et puis, je les verrai souvent, leur mère et moi tentant de tout faire pour réussir notre séparation, contrairement à notre mariage, il a été convenu que je pourrais leur rendre visite aussi souvent qu'il me plaira. Midi. Repas. Pas faim. La brûlure s'intensifie. La morsure me bouffe les tripes. Le désarroi devient total. Je refuse d'y croire... L'heure approche à pas de géant... Ca y est! Leur grand-mère est là... Je serre mes filles très fort contre moi, les embrasse tendrement en tentant et réussissant, je ne sais par quel miracle, à faire bonne figure... Mais déjà elles sont dans la voiture qui les emmène à cent trente kilomètres de moi. Je leur fais signe, produisant un effort surhumain pour essayer de sourire. La voiture démarre... Une dernière main agitée... L'auto a disparu. Elles sont parties... Définitivement! Je rentre en trombe dans le garage et ferme la porte derrière moi, cherchant un trou de souris dans lequel me blottir... Et je n'en trouve pas! Je reste là, perdu dans ce sous-sol. Et j'ai envie de mourir... |