Texte et/ou photo du jour - Page 89 - du 29 juin 2003


Au coeur de la belle Provence...

Puisque aujourd'hui c'est la Saint-Paul, je vais donc vous parler de lui...

Ruelles en dévers aux sols de pavés ronds et polis, ombragées par l'étroitesse de l'espace entre les murs des bâtisses centenaires, aux pentes escarpées bordées d'échoppes et de galeries d'art, Saint-Paul-de-Vence à jeté l'ancre au coeur de la belle Provence. Sur le sable ocre bordant le Café de la Place, des hommes en chemises légères, transpirent en lançant les boules de fer, gesticulent et crient, fâchés parfois de n'avoir su si bien les placer... On pouvait y voir Montand, grand homme à l'allure altière, jouant ici au jeu traditionnel de ce pays de soleil, pendant que Simone l'attendait en se désaltérant peut-être d'un pastis bien glacé sur la terrasse de la Colombe d'Or. La Colombe d'Or... Endroit mythique s'il en est, qui a vu défiler dans son parc et hanter ses murs, les plus grands artistes de ce monde, lesquels aimaient tant s'y retrouver. Grands peintres, grands acteurs, grands auteurs, grands cinéastes, tous attirés par la magie de cet endroit dormant sous l'aile bienveillante de la Déesse des Divines Splendeurs...

Les années quarante, puis cinquante, époque d'un passé pas si lointain où la vie était faite d'insouciance, de joie et de nobles sentiments, furent royales concernant la sublime présence de tous ces gens qu'admiraient les anonymes montés jusqu'ici pour tenter de les apercevoir. Je n'y ai jamais vu le moindre d'entre-eux mais j'aime comme nulle part ailleurs venir m'imprégner de cette atmosphère si chaude et pleine de doux relents du temps jadis. Du haut de ses murailles de pierre, on peut plonger tout alentour dans une campagne faite de verdure et d'oliviers. On aperçoit, dans le lointain et dans l'incurvation naturelle d'un paysage tourmenté, la grande Bleue si magnifiquement chantée par Trénet. Au nord, les pitons rocheux parsemés d'arbres solidement ancrés, plus loin encore, la ligne bleutée et floue des Alpes dont les neiges éternelles se découpent majestueusement dans un ciel toujours d'azur...

J'aime cet endroit et l'apaisement qu'il m'apporte et me procure. Ici, la vie me berce de ses langueurs infinies, propres à ces contrées méridionales. Y venir, de temps à autre, bien trop rarement à mon goût, m'aide à refaire le carmin de mon sang. M'imprégner des effluves de la plus belle des provinces de France, faits de parfums d'huile d'olive, de senteurs florales embaumées et d'herbe coupée exhalant la fraîcheur, réjouit tous mes sens et me comble au-delà de toute espérance. Dans le ponant brumeux et rougeoyant d'un soir d'été, le soleil passe lentement derrière le flanc de la colline et semble préparer son lit, dans lequel il ne se couche jamais, pour la nuit qui s'approche dans un religieux silence. Les couleurs sont tièdes, chaudes, remplies de pourpre et d'or et mes émotions aussi. La vie me paraît belle et ce petit paradis n'est pas étranger au bien-être qui m'envahit et à la magie qui en découle...

Saint-Paul-de-Vence, village des émotions intenses, posé au coeur de la Provence, tu es l'endroit parfaitement propice à ce que les mots "paix, calme et volupté" prennent leur sens le plus doux et le flanc le plus merveilleux de leur signification...