Texte
et/ou photo du jour - Page 54 -
du 27 février 2003 |
Isabelle Boulay sur scène... Ca commence gentiment, avec deux ou trois chansons de son répertoire. Elle est accompagnée, dans cette magnifique salle du boulevard des Capucines, par sa pianiste et un quatuor à cordes. L'ambiance est encore feutrée, les spectateurs encore calmes. Puis elle s'oriente vers quelques chansons du passé, des chansons que les plus grandes figures de cet art qu'elle pratique avec magnificence, ont interprété sur cette même scène mythique bien avant elle... Alors ses admirateurs, c'est à dire la salle entière et moi le premier, commencent à s'enflammer; "Le petit garçon (Reggiani),"La foule" (Piaf), Amsterdam" (Brel)"... Magnifique et poignant! Puis, c'est l'entracte. Le temps pour Isabelle de passer une superbe robe longue et noire avec des reflets et paillettes rouges et le temps aussi pour que les soixante musiciens du Live Symphony Ochestra prennent leur place sur la scène. Et elle revient. Sont alors évoqués, avec une maestria impressionnante, Ferré (Avec le temps), Bécaud (Et maintenant), Reggiani à nouveau (Ma fille), Aznavour (La mama), Piaf encore (Non, je ne regrette rien). Le public est en délire et l'applaudit à tout rompre! Et il a de quoi, croyez-moi... Car reprendre de tels succès, il fallait déjà oser! Mais nous les servir d'une façon aussi grandiose, au point de nous faire totalement oublier leurs interprètes originaux, ça c'est un tour de force phénoménal qu'elle seule pouvait réussir. Il faut avouer qu'elle est en cela grandement aidée par ce superbe orchestre symphonique qui l'accompagne admirablement... La démonstration atteint son paroxysme et la perfection absolue dans "La mama" et "Non, je ne regrette rien". L'émotion dans la salle est palpable! On sent littéralement ce courant de sympathie et d'amour réciproque entre elle et son public... Une émotion qu'aucun(e) autre artiste n'a jamais réussi à mettre en moi lors d'un tour de chant (si ce n'est peut-être Lynda Lemay)... Pour conclure, les deux doigts qui me servent à faire passer ce texte de ma tête à l'écran encore tremblants d'émotion, je n'hésite désormais plus à affirmer que ce "superbe petit bout de femme québécois à la crinière de feu" est aujourd'hui, la plus belle et la plus grande voix et l'une des interprètes les plus attachantes et les plus dispensatrices d'émotions de toute la chanson francophone! Ce moment exceptionnel, ce concert des émotions gigantesques, se passe à l'Olympia de Paris et nous sommes le 26 février 2003. Pendant plus de deux heures, envolés les bruits de bottes et de guerre, oublié le marasme économique ambiant, jetée de côté la grisaille des jours de cette fin d'hiver. Je ne veux plus qu'entendre le son de sa voix qui me rassure, je ne veux plus que goûter pleinement au bonheur qu'elle me procure... Alors, chante Isabelle, chante et chante encore! Chante de tout ton coeur, chante de toute ton âme et enveloppe ainsi tous mes organes vitaux et sensoriels dans ce baume si merveilleusement rempli d'attraits dont toi seule et ta voix unique, magique et réconfortante, connaissent le secret... |