Texte et/ou photo du jour - Page 23 - du 6 décembre 2002


Divine eau verre et tasse...

Le vin. Breuvage millénaire et universel, nul autre que lui n'a, à ce point, été l'objet de tant de soins et d'égards en recherche de la perfection absolue dans son élaboration. Mais, pour beaucoup d'entre-nous, l'accès à la magie unique d'un de ces nectars d'exception restera toujours un rêve dans le compartiment "goûts et sensations" de notre mémoire.

Il y a plusieurs années, j'ai eu la chance de goûter à l'une de ces bouteilles qu'on peut classer parmi les plus mémorables du 20ème siècle. Avant cela, le vin pour moi n'avait que peu d'attrait, tout simplement parce que je n'ai pas été habitué à en boire de vraiment bon. Après avoir trempé mes lèvres dans ce nectar, j'ai soudain saisi ce que signifiait "l'aboutissement" pour ces producteurs géniaux qui passent leur vie entière à essayer de prétendre à la perfection de leur art (car c'en est un)… Et dans ce cas précis, elle avait été divinement atteinte!

Moi qui tente toujours d'aligner les mots et les phrases pour exprimer le mieux ce que je pense et ressens, je reste ici totalement emprunté pour vous décrire cette bouteille d'anthologie et l'effet qu'elle a produit sur moi… Tout ce que je puis dire c'est qu'en la buvant religieusement j'ai eu l'impression, contrairement à ce que l'on prétend, que la perfection était bel et bien de ce monde. J'en ai eu ce jour-là, devant les yeux, sous le nez, sur et sous la langue, dans le palais et tout le long du gosier, la démonstration magistrale, éclatante et à jamais inoubliable!

A partir de ce jour-là, j'ai commencé à m'intéresser réellement au vin, à tel point qu'il est devenu aujourd'hui une vraie passion. J'ai également essayé de me constituer une cave digne de ce nom et j'y suis en partie parvenu. Mais le souvenir de cette monumentale bouteille n'a jamais et ne sera jamais supplanté dans ma mémoire olfactive et sensorielle et encore moins sur les étagères de mon modeste cellier...

Ah, j'oubliais: il s'agissait d'un côte-du-rhône de Guigal, une bouteille de Côte-Rôtie "La Mouline" 1976. J'ai appris, bien plus tard, que le célèbre critique américain (et controversé) Robert Parker donnait à ce flacon précis, la note de 100, sur un maximum de… 100 points. Monsieur Guigal, permettez qu'on vous considère, au même titre que Van Gogh, Verlaine ou Mozart dans leur art respectif, comme un pur génie de l'élaboration et de la magnificence de ce breuvage sublime qu'on appelle le Vin.

(*) Même en ce qui concerne un tel chef d'œuvre de vinification, n'oubliez jamais qu'il faut le consommer avec modération…