Texte et/ou photo du jour - Page 22 - du 1er décembre 2002


La privation de ses enfants...

L'amour est à l'image de la vie. Il y a un début, un milieu et une fin. Très souvent le début c'est la joie, le bonheur, le bien-être, la passion. Le milieu devient alors la tendresse, la complicité, mais aussi parfois la tempête, l'incompréhension, la lassitude. Et la fin est souvent synonyme de paix, sérénité, douceur, mais peut également devenir habitude, désintérêt, ignorance de l'autre. Les couples qui se reconnaissent dans la première partie de ces définitions sont très rares et ceux qui se classent dans la deuxième ne vont en général pas jusqu'au bout. Ils divorcent bien avant!...

Ces quelques lignes vous sont destinées, messieurs qui êtes en instance de divorce ou qui songez sérieusement à ce dénouement. Le divorce d'un couple sans enfants n'est pas une chose grave en soi. Elle est regrettable mais pas plus que la séparation d'un couple non marié. Par contre, si des enfants sont nés de cette union, réfléchissez bien avant de prendre une décision dont vous ne mesurez certainement pas toutes les conséquences néfastes, lesquelles vont vous retomber dessus à très brève échéance...

Le divorce par consentement mutuel a été simplifié à l'extrême. Contact avec un avocat, deux passages devant le juge, six à douze mois d'attente, un coût relativement modeste et emballez, c'est pesé! Vous revoilà libre... Oui, libre, c'est génial! Mais vos enfants? Par ce consentement mutuel, vous acceptez de les laisser vivre avec leur mère; parce qu'on vous a toujours dit qu'ils avaient plus besoin d'elle que de vous et parce que vous avez fini par le croire... Mais avez-vous bien mesuré ce que cela signifie?

Désormais vous ne les verrez qu'un week-end sur deux (cinquante jours par an). Ajoutez à cela la moitié des vacances scolaires et vous arriverez à un total de moins de cent jours sur une année. Leur mère n'ayant pas forcément décidé de vivre sur le même palier que vous, vous allez peut-être être séparé d'eux par plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres. Quand ils seront malades et que vous tournerez en rond dans votre appartement comme un fauve en cage, pas question de débarquer à l'improviste chez leur mère pour être auprès d'eux. Lorsque vous rentrerez du travail, fini ce coup de charme ou ce câlin pour que vous les aidiez dans un devoir qu'ils ont de la peine à résoudre.

Vous allez pouvoir les emmener en vacances, certes, une semaine ou deux; ensemble vous allez passer des moments exceptionnels, ils vont rire, jouer, s'amuser, être heureux en votre compagnie; les jours vont passer à une vitesse supersonique, ce sera fabuleux, extraordinaire, génial... Mais il y aura le retour! Vous allez les ramener chez eux, les embrasser très fort et les serrer contre vous. Puis vous partirez, seul, remonterez dans votre voiture et reprendrez la route qui vous ramènera dans votre désert; au bout de cinq cents mètres vous vous arrêterez, simplement parce que vous ne verrez plus la route... (au diable la virilité dans ces moments-là!) Les jours suivants seront horribles, au point de vous demander si, privé de vos enfants, votre vie a encore un quelconque sens...(*)

Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle? Répondre non, c'est consentir à des concessions immenses vis-à-vis de leur mère, avec qui vous n'avez vraiment plus envie de vivre. Mais répondre oui, c'est des moments uniques et extraordinaires avec vos enfants qui vous échapperont à tout jamais. La question est toute simple mais la réponse demande, messieurs, une réflexion que je vous conseille longue, très longue et très profonde...

(*) Tout ceci n'est qu'une analyse de vos propres sentiments. Il va sans dire que le traumatisme des enfants peut être encore pire que le vôtre...